Selon Numerama, le jeu Aphelion, développé par le studio français Don’t Nod en collaboration avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA), propose une expérience narrative ambitieuse mais bute sur des lacunes techniques en matière de gameplay. Entre paysages somptueux et histoire émouvante, le titre peine à convaincre sur le plan interactif.

Ce qu'il faut retenir

  • Un cadre spatial réaliste et immersif, grâce à un partenariat avec l’ESA qui apporte une authenticité scientifique au projet.
  • Une narration centrée sur deux astronautes, Ariane et Thomas, dont les émotions complexes structurent l’intrigue.
  • Un gameplay linéaire et rigide, avec des animations jugées saccadées et une interactivité limitée, freinant l’immersion.
  • Une durée de jeu courte, estimée entre 5 et 6 heures pour les onze chapitres, limitant l’exposition aux défauts de gameplay.
  • Des environnements contrastés mêlant étendues glacées et terres arides, offrant un spectacle visuel saisissant.

Une aventure spatiale ancrée dans le réalisme scientifique

Sorti en avril 2026, Aphelion plonge le joueur en 2060, à l’époque où une neuvième planète, Perséphone, est découverte aux confins du système solaire. L’ESA, convaincue de son potentiel pour accueillir la vie, dépêche deux astronautes, Ariane et Thomas, pour en explorer les ressources. Le duo, déjà lié par une relation personnelle, se retrouve rapidement séparé dans un environnement hostile, où chaque pas compte pour la survie de l’humanité. « On est face à une mission à la fois scientifique et humaine, où la survie personnelle se mêle à l’enjeu collectif », précise un porte-parole de Don’t Nod.

Le jeu mise sur un réalisme scientifique, validé par l’ESA qui apporte son expertise en authentifiant les décors et les phénomènes décrits. Selon Numerama, cette collaboration permet d’éviter les écueils d’un pur produit marketing, même si l’agence se limite à un rôle consultatif sans influencer la narration. Les paysages de Perséphone, tantôt glacés tantôt arides, créent un contraste visuel frappant, invitant à l’exploration malgré l’urgence de la mission.

Une histoire poignante, portée par des personnages profonds

Don’t Nod, connu pour ses récits centrés sur l’émotion, applique ici sa recette avec Ariane et Thomas, deux astronautes confrontés à leurs traumatismes tout en portant le poids de l’avenir de l’humanité. Le studio exploite une écriture intime, loin des standards du genre, en intégrant des séquences où les personnages dialoguent avec eux-mêmes ou s’enregistrent pour laisser une trace. « On a voulu montrer que, même dans l’immensité de l’espace, l’humain reste au cœur de l’histoire », explique un développeur interrogé par Numerama.

Le récit aborde des thèmes comme le réchauffement climatique ou la destruction de l’environnement, avec des clins d’œil à la science-fiction, notamment à 2001, l’Odyssée de l’espace ou Alien. Les mystères entourant Perséphone et les choix moraux des personnages ajoutent une dimension interactive, même si celle-ci reste limitée. Bref, l’histoire séduit par sa profondeur, mais peine à se départir d’un certain dirigisme narratif.

Une réalisation visuelle et sonore remarquable, mais un gameplay en demi-teinte

Côté technique, Aphelion impressionne par sa mise en scène cinématographique, avec des effets de dézoom soulignant la petitesse de l’homme face à l’immensité de Perséphone. Les textures et les effets de lumière, signés par le compositeur Amine Bouhafa (connu pour ses collaborations avec Olivier Derivière), renforcent cette ambiance mélancolique et contemplative. Numerama souligne que la bande-son « rappelle les grandes heures des jeux narratifs », avec des compositions qui épousent parfaitement l’atmosphère du titre.

En revanche, le gameplay révèle des faiblesses majeures. Les animations des personnages, jugées « rigides et saccadées », nuisent à l’immersion, d’autant que les interactions restent basiques. L’escalade, par exemple, se résume à appuyer sur une touche pour s’accrocher, tandis que les phases d’enquête se limitent à suivre un chemin balisé. « On aurait aimé plus de variété dans les interactions », regrette un testeur de Numerama, qui note que le jeu manque de mini-jeux ou de séquences dynamiques pour rompre la linéarité.

Un titre qui divise entre récit et interactivité

Malgré ses défauts, Aphelion ne dépasse pas 6 heures de jeu, une durée qui limite l’exposition aux frustrations du gameplay. Les deux derniers chapitres, plus dynamiques, apportent un souffle d’action, mais restent entachés par des problèmes d’animation. Numerama conclut que le jeu « sauve sa mise grâce à son histoire et ses personnages, mais échoue à transcender le cadre du récit contemplatif ».

Pourtant, le titre pourrait représenter une étape intéressante pour Don’t Nod, qui tente ici de marier narration et exploration spatiale. Le partenariat avec l’ESA, bien que discret, apporte une crédibilité scientifique rare dans les jeux vidéo. Reste à savoir si le studio parviendra, dans ses prochains projets, à concilier la profondeur de ses récits avec une interactivité plus aboutie.

Et maintenant ?

Don’t Nod n’a pas encore annoncé de suite à Aphelion, mais le studio pourrait capitaliser sur les retours des joueurs pour améliorer ses prochains titres narratifs. La collaboration avec l’ESA, bien que limitée pour ce projet, ouvre la voie à d’autres partenariats scientifiques, notamment dans le domaine de l’exploration spatiale ou de l’astronomie. Les joueurs intéressés par des expériences similaires pourront se tourner vers des titres comme Dispatch, cité par Numerama comme une référence en matière de narration interactive.

En attendant, Aphelion reste un titre à découvrir pour son histoire et son ambiance, mais à aborder avec des attentes mesurées quant à son gameplay. Le jeu confirme le talent de Don’t Nod pour les récits humains, mais rappelle aussi que l’équilibre entre narration et interactivité reste un défi complexe.

Selon Numerama, l’Agence Spatiale Européenne a joué un rôle de consultant scientifique, validant les décors et les phénomènes décrits dans le jeu, sans influencer directement l’intrigue ou le gameplay. L’ESA a fourni ses logos et une caution d’authenticité, mais son implication s’arrête là.

Non, d’après Numerama. Aphelion est un jeu dirigiste, avec une structure linéaire en onze chapitres. Il ne propose pas de choix majeurs impactant la fin, contrairement à des titres comme Life is Strange, où les décisions du joueur modifient le récit. Aphelion mise davantage sur l’immersion et la contemplation que sur l’interactivité.