Les députés ont adopté, ce jeudi 11 juin 2026, une nouvelle résolution visant à nationaliser le site d'ArcelorMittal à Florange, en Moselle, selon BFM - Politique. Ce vote intervient après une première initiative similaire, rejetée en commission des finances début mai. La mesure, portée par le groupe La France Insoumise (LFI), a été approuvée par 192 voix contre 187, malgré l'opposition des bancs macronistes et de la droite.

Cette nationalisation, présentée comme « la seule solution sérieuse » par la députée Aurélie Trouvé (LFI), vise à sauver les 3 000 emplois menacés par la fermeture annoncée du site. Elle s'inscrit dans un contexte de tensions sociales et politiques autour de la gestion industrielle française. En parallèle, l'Assemblée a également débattu de la crise de confiance dans la justice, un thème récurrent depuis plusieurs semaines.

Ce qu'il faut retenir

  • Les députés ont adopté une résolution pour nationaliser le site d'ArcelorMittal à Florange, avec 192 voix pour et 187 contre, selon BFM - Politique.
  • Cette mesure, portée par La France Insoumise, vise à préserver 3 000 emplois menacés par la fermeture du site.
  • Le groupe ArcelorMittal, dirigé par la famille Mittal, s'oppose à cette nationalisation, jugée « inefficace » par la députée Marie Lebec (Renaissance).
  • La résolution a été adoptée malgré l'opposition des bancs macronistes et de la droite.
  • Ce vote intervient dans un contexte de crise sociale et politique autour de la gestion industrielle en France.

Une nationalisation défendue par LFI comme seule issue

Pour les partisans de la nationalisation, cette mesure est « la seule solution sérieuse » pour sauver les emplois du site de Florange. Aurélie Trouvé (LFI) a insisté sur la nécessité d'agir rapidement, déclarant : « Ça suffit le chantage de la famille Mittal ». Elle a souligné que l'État devait prendre ses responsabilités face à une décision industrielle perçue comme un « abandon ».

Les arguments avancés par LFI reposent sur la préservation de l'emploi et la souveraineté industrielle française. Le groupe ArcelorMittal, quant à lui, a toujours défendu sa gestion privée du site, estimant que la nationalisation ne « réglerait rien », selon les propos de la députée Marie Lebec (Renaissance).

L'État déjà « au côté d'ArcelorMittal » avant le vote

Marie Lebec a rappelé que l'État était déjà engagé aux côtés du groupe sidérurgique, notamment à travers des aides publiques et des dispositifs de soutien à l'emploi. Pour elle, la nationalisation ne résoudrait pas les problèmes structurels de compétitivité du site. Elle a ajouté : « L'État se tient déjà au côté d'ArcelorMittal », insistant sur le fait que cette solution n'était pas la bonne.

Le débat a également révélé les divisions au sein de la majorité présidentielle. Si certains députés Renaissance ont voté contre la nationalisation, d'autres ont exprimé des réserves sur la stratégie industrielle du gouvernement. La question de l'intervention de l'État dans l'économie reste un sujet clivant.

Contexte politique et social tendu

Ce vote s'inscrit dans une période de tensions sociales et politiques en France. Plusieurs affaires judiciaires récentes, comme celle de la mort de Lyhanna ou les révélations autour de figures politiques, ont alimenté un climat de défiance envers les institutions. Jordan Bardella (RN) a d'ailleurs critiqué la gestion de l'État dans l'affaire Lyhanna, estimant que « l'État a été très largement défaillant ».

Parallèlement, un sondage Elabe pour BFMTV révèle que 65 % des Français n'ont pas confiance en la justice, un chiffre qui reflète une crise de légitimité des institutions. Dans ce contexte, la nationalisation d'ArcelorMittal devient un symbole des attentes des citoyens envers l'État.

Et maintenant ?

Le texte adopté par l'Assemblée nationale devra désormais être examiné par le Sénat, où les débats s'annoncent tout aussi vifs. Une adoption définitive reste incertaine, d'autant que le gouvernement n'a pas encore pris position officiellement. Si le Sénat valide la proposition, le dossier pourrait être transmis au Conseil constitutionnel, qui devra se prononcer sur la conformité de la nationalisation avec le droit. Pour l'heure, ArcelorMittal n'a pas réagi publiquement, mais le groupe pourrait engager des recours juridiques pour contester la mesure.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour l'avenir du site de Florange. Si la nationalisation est confirmée, l'État devra définir les modalités de reprise et de gestion du site, avec des implications majeures pour les salariés et les sous-traitants locaux.