Le président argentin Javier Milei poursuit sa stratégie de libéralisation économique avec une nouvelle mesure visant à débloquer un secteur immobilier paralysé depuis des années. Selon Le Figaro - Immobilier, il a décidé de supprimer l’impôt sur les revenus locatifs, une décision annoncée dans le cadre d’un plan plus large pour stimuler l’investissement et la construction dans le pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Javier Milei supprime l’impôt sur les revenus locatifs en Argentine pour relancer le marché immobilier
  • Cette mesure s’inscrit dans une politique économique libérale initiée il y a près de trois ans
  • Le secteur immobilier argentin est considéré comme « cadenassé » par des réglementations strictes
  • L’objectif est d’encourager l’investissement privé et la construction de logements

Un marché immobilier asphyxié par la fiscalité

Depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2023, Javier Milei tente de redresser une économie argentine en crise chronique. Selon Le Figaro - Immobilier, le marché immobilier local est « totalement cadenassé » par un ensemble de mesures fiscales et réglementaires jugées étouffantes pour les propriétaires et les investisseurs. Parmi les principaux freins identifiés, l’impôt sur les revenus locatifs, considéré comme l’un des plus élevés d’Amérique latine, a longtemps découragé la mise en location de biens ou leur acquisition à des fins d’investissement.

Pour les défenseurs de cette suppression, cette taxe pesait directement sur l’offre de logements disponibles, alors que l’Argentine fait face à une pénurie structurelle de logements abordables. « Les propriétaires préféraient laisser leurs biens vacants ou les utiliser à d’autres fins plutôt que de supporter cette charge fiscale », explique un économiste interrogé par Le Figaro - Immobilier.

Une mesure phare d’un plan économique ambitieux

Cette suppression s’inscrit dans une série de réformes économiques libérales mises en œuvre par le gouvernement Milei depuis près de trois ans. Le président, connu pour ses positions ultralibérales, a déjà procédé à des réductions drastiques des dépenses publiques, à des privatisations partielles et à des ajustements monétaires pour tenter de stabiliser l’économie argentine, en proie à une inflation chronique et à une instabilité monétaire récurrente.

La suppression de l’impôt sur les revenus locatifs vise plusieurs objectifs. D’abord, inciter les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché locatif, ce qui devrait mécaniquement augmenter l’offre de logements. Ensuite, attirer les investisseurs étrangers ou nationaux, séduits par un cadre fiscal plus attractif. Enfin, relancer un secteur de la construction en berne depuis des années, essentiel pour créer des emplois et dynamiser l’économie locale.

Des réactions contrastées dans le pays

Si cette décision a été saluée par les milieux économiques et les promoteurs immobiliers, elle suscite également des critiques. Certains économistes craignent qu’elle ne profite principalement aux plus aisés, capables d’investir dans l’immobilier, tandis que les classes moyennes et populaires continueront de subir les effets de la crise du logement. D’autres s’interrogent sur la capacité des propriétaires à répercuter la suppression de cette taxe sur les loyers, ce qui pourrait, à terme, renchérir les prix du marché locatif.

Côté politique, l’opposition accuse le gouvernement Milei de favoriser une fois de plus les intérêts des élites au détriment des plus vulnérables. « Cette mesure ne résoudra pas la crise du logement en Argentine, elle la reportira simplement à plus tard », a déclaré un député de l’opposition à Le Figaro - Immobilier. Pour le gouvernement, en revanche, il s’agit d’un mal nécessaire pour sortir le pays d’une stagnation immobilière qui dure depuis plus d’une décennie.

Et maintenant ?

La suppression de l’impôt sur les revenus locatifs devrait entrer en vigueur d’ici la fin du mois de juin 2026, selon les annonces officielles. Les premiers effets sur le marché immobilier pourraient se faire sentir d’ici quelques mois, une fois les propriétaires et investisseurs évalué la nouvelle donne fiscale. Cependant, le succès de cette mesure dépendra largement de la capacité du gouvernement à rassurer les acteurs économiques sur la stabilité des règles à venir. D’autres réformes, notamment dans le domaine du crédit immobilier, pourraient être nécessaires pour donner un élan durable à ce secteur.

Cette initiative s’inscrit dans une logique plus large de transformation économique, mais son impact réel restera à mesurer dans un contexte où l’inflation et l’instabilité monétaire continuent de peser sur le pouvoir d’achat des Argentins. Pour l’heure, le gouvernement mise sur un effet domino : la relance de l’immobilier pourrait, selon lui, entraîner d’autres secteurs clés de l’économie argentine.

Cet impôt, l’un des plus élevés d’Amérique latine, réduisait fortement la rentabilité des investissements locatifs. De nombreux propriétaires préféraient garder leurs biens vacants ou les utiliser autrement plutôt que de payer cette taxe, ce qui réduisait l’offre de logements disponibles sur le marché.