La Chambre des députés argentine a adopté, jeudi 12 février 2026, un projet de loi visant à abaisser l'âge de responsabilité pénale de 16 à 14 ans. Ce texte, porté par le président Javier Milei, doit désormais être examiné par le Sénat. La décision a été prise à l'issue d'un vote serré, avec 149 voix pour et 100 contre.
Un système en vigueur depuis 1980
Ce projet de loi propose de modifier un système en place depuis 1980. Actuellement, l'Argentine est le pays d'Amérique du Sud avec l'âge de responsabilité pénale le plus élevé. La plupart des pays du sous-continent fixent cet âge à 14 ans, tandis qu'il est de 12 ans au Brésil et en Équateur.
L'âge de responsabilité pénale désigne le seuil en dessous duquel un mineur ne peut être tenu pénalement responsable de ses actes et ne peut donc pas être jugé.
Contexte de faits divers sordides
Ce débat parlementaire intervient après une série de faits divers impliquant des adolescents. Le plus récent remonte à décembre 2025 dans la province de Santa Fe, où deux adolescents de 14 et 15 ans ont torturé et tué à coups de couteau un autre jeune de 15 ans.
Opposition et critiques
L'opposition a dénoncé un passage en force, soulignant que lors de l'examen en commission, la majorité des experts, dont des défenseurs de l'enfance, se sont prononcés contre la réforme. Elle pointe également les délais d'adaptation insuffisants des établissements pénitentiaires avant l'entrée en vigueur de la nouvelle norme, ainsi que le budget alloué, jugé insuffisant.
« Le politique devrait œuvrer pour que cela ne se produise que dans des cas exceptionnels », a affirmé la députée d'opposition péroniste Victoria Tolosa Paz lors du débat. Elle a ajouté que « c'est la prison qui est proposée pour répondre à des problèmes d'enfants et d'adolescents pauvres qui n'ont pas trouvé un Etat apte à leur fournir le nécessaire ».
Campagne médiatique de la majorité
La majorité autour du président Milei a mené une vaste campagne dans les médias, promue par la sénatrice et ex-ministre de la sécurité Patricia Bullrich, sous le slogan « délit d'adulte, peine d'adulte ».
« Si une personne se retrouve face à une autre qui a pris la décision de la blesser, de lui faire du mal ou de la tuer, à 14 ans elle comprend que cela est mal et doit avoir des conséquences. Cela s’appelle un délit », a déclaré le député de la majorité Ramiro Gutiérrez en défense du projet de loi.
Comparaison avec la France
En France, un mineur peut être reconnu responsable de l'infraction commise à partir de 13 ans et peut donc être poursuivi devant le juge des enfants ou le tribunal pour enfants.
Perspectives et éléments à suivre
Le projet de loi doit désormais être examiné par le Sénat. Les prochaines étapes seront cruciales pour déterminer si cette réforme sera finalement adoptée. Les débats devraient se poursuivre, avec une attention particulière portée aux arguments des deux camps.
L'âge de responsabilité pénale est le seuil en dessous duquel un mineur ne peut être tenu pénalement responsable de ses actes et ne peut donc pas être jugé.
L'opposition dénonce un passage en force, soulignant que la majorité des experts se sont prononcés contre la réforme. Elle pointe également les délais d'adaptation insuffisants des établissements pénitentiaires et le budget alloué, jugé insuffisant.
La majorité autour du président Milei a mené une vaste campagne médiatique sous le slogan « délit d'adulte, peine d'adulte ». Ils estiment que les adolescents de 14 ans comprennent la gravité de leurs actes et doivent en subir les conséquences.