La Chambre des députés argentine a adopté, ce mercredi 2 septembre 2026, une réforme ambitieuse de la Banque centrale du pays, portée par le président ultralibéral Javier Milei. Selon nos confrères du Monde, cette modification législative vise à encadrer strictement l’émission monétaire, dans l’objectif affiché de lutter contre une inflation galopante qui mine l’économie argentine depuis plusieurs années.
Ce texte, approuvé à une large majorité, doit désormais franchir l’étape du Sénat, où son avenir reste incertain. La réforme s’inscrit dans la continuité des mesures radicales engagées par le gouvernement Milei depuis son arrivée au pouvoir, en décembre 2023, marquée par une politique économique volontariste et des réformes structurelles controversées.
Ce qu'il faut retenir
- La Chambre des députés argentine a adopté, le 2 septembre 2026, une réforme de la Banque centrale visant à limiter l’émission monétaire.
- Cette réforme, soutenue par le président Javier Milei, a été approuvée à une large majorité.
- Le texte doit encore être validé par le Sénat, où son adoption n’est pas garantie.
- L’objectif affiché est de combattre une inflation persistante, parmi les plus élevées au monde.
- Cette réforme s’inscrit dans la stratégie économique ultralibérale du gouvernement Milei, en place depuis fin 2023.
Une réforme monétaire au cœur de la stratégie anti-inflation
La réforme adoptée par les députés argentins entend instaurer un cadre strict pour la Banque centrale, afin de réduire drastiquement la création monétaire. Selon le gouvernement, cette mesure est indispensable pour briser la spirale inflationniste qui touche le pays depuis des années. L’Argentine affiche en 2026 une inflation annuelle estimée à plus de 200 %, un niveau qui érode le pouvoir d’achat des ménages et fragilise l’économie.
« Nous devons mettre fin à la planche à billets qui a ruiné notre monnaie et notre économie », a déclaré Javier Milei lors d’un discours à Buenos Aires, cité par le Monde. Le président, connu pour ses positions ultralibérales, mise sur cette réforme pour rétablir la confiance dans le peso argentin et attirer les investissements étrangers. — L’Argentine traverse depuis des décennies des crises monétaires récurrentes, aggravées par des politiques de financement monétaire du déficit public.
Un texte controversé, mais adopté à une large majorité
Malgré les critiques de l’opposition, qui accuse le gouvernement de sacrifier la croissance au nom de la rigueur, la réforme a été votée par une majorité de députés. Sur les 257 sièges de la Chambre basse, 189 voix se sont prononcées en faveur du texte, contre 68 oppositions et 1 abstention. Ce soutien transpartisan s’explique en partie par l’urgence économique ressentie par une partie de la classe politique, lassée par des décennies de crises monétaires.
Cependant, l’adoption définitive du texte reste suspendue à son passage au Sénat, où la majorité libérale de Milei est moins assurée. « Le Sénat pourrait être un frein à cette réforme, tant les divisions politiques y sont profondes », explique un analyste économique interrogé par le Monde. — Certains sénateurs craignent que les mesures ne plongent le pays dans une récession encore plus marquée.
Un pari risqué pour l’économie argentine
Les économistes sont partagés sur les chances de succès de cette réforme. Si elle permet de réduire l’inflation à moyen terme, elle pourrait aussi aggraver les tensions sociales, déjà vives en raison des coupes budgétaires drastiques engagées par le gouvernement. Le Fonds monétaire international (FMI) a salué la volonté de réforme, tout en appelant à une « mise en œuvre prudente » pour éviter un choc social.
« Cette réforme est nécessaire, mais elle doit s’accompagner de mesures sociales pour protéger les plus vulnérables », a rappelé une économiste argentine sous couvert d’anonymat. — Le risque, selon elle, est de reproduire les erreurs du passé, où des plans d’austérité ont souvent été suivis de crises politiques.
Quoi qu’il en soit, cette réforme illustre la volonté du président argentin de rompre avec les politiques monétaires passées, quitte à prendre des risques majeurs pour une économie déjà fragilisée.
L’Argentine subit depuis des années une inflation parmi les plus élevées au monde, dépassant les 200 % en 2026. Selon les experts, une grande partie de cette inflation est alimentée par une création monétaire excessive, notamment pour financer le déficit public. La réforme vise donc à limiter cette émission de pesos, afin de restaurer la confiance dans la monnaie locale et de réduire la pression sur les prix.