Six candidats soutenus par Moscou ont été interpellés en Arménie à l’occasion des élections législatives anticipées qui se tenaient ce dimanche 7 juin 2026, rapporte France 24 depuis Erevan. Les autorités ont justifié ces arrestations par des soupçons d’ingérence étrangère et de financement illégal de campagnes. Ces élections, convoquées dans un contexte de tensions persistantes avec l’Azerbaïdjan et de pressions accrues de la Russie, devaient permettre de renouveler les 107 sièges du Parlement arménien.
Ce qu'il faut retenir
- 6 candidats aux positions pro-russes ont été arrêtés dimanche 7 juin 2026 en Arménie lors des élections législatives anticipées.
- Les arrestations ont été justifiées par des « soupçons d’ingérence étrangère » et de « financement illégal » de campagnes électorales.
- Les élections visaient à renouveler les 107 sièges du Parlement arménien, dans un contexte géopolitique tendu.
- Le Premier ministre sortant, Nikol Pachinian, briguait un nouveau mandat malgré les critiques sur sa gestion des relations avec la Russie.
Des élections sous haute tension géopolitique
Les législatives arméniennes de ce dimanche s’inscrivaient dans un contexte particulièrement délicat pour Erevan. Depuis des mois, le pays est tiraillé entre son partenariat stratégique avec la Russie — son allié traditionnel — et les pressions croissantes de l’Union européenne et des États-Unis pour diversifier ses alliances. Ces élections anticipées ont été convoquées après la démission du Premier ministre Nikol Pachinian en avril 2026, dans un climat de contestation sociale et politique.
Selon des observateurs locaux cités par France 24, ces arrestations surviennent alors que des rumeurs de financements russes en faveur de certains candidats pro-Kremlin circulaient depuis plusieurs semaines. Les autorités arméniennes n’ont pas encore communiqué la liste complète des candidats concernés, mais plusieurs figures politiques connues pour leur soutien à Moscou figurent parmi les interpellés.
Les motifs invoqués par les autorités
Les six candidats arrêtés ont été placés en garde à vue pour une durée initiale de 72 heures, le temps que les enquêtes soient menées. Les autorités ont évoqué des « preuves » de financement illégal provenant de l’étranger, sans préciser si ces fonds provenaient directement de Russie ou d’autres sources. « Des éléments concrets laissent penser à une tentative de manipulation des scrutins par des acteurs extérieurs », a déclaré un responsable du ministère arménien de l’Intérieur, cité par France 24.
Côté opposition, certains partis ont dénoncé une « instrumentalisation politique » de ces arrestations. « On instrumentalise la lutte contre l’ingérence étrangère pour écarter des concurrents gênants », a réagi le porte-parole d’un parti d’opposition modéré. De son côté, le Kremlin a nié toute implication, qualifiant ces accusations de « fantaisistes et infondées ».
« La Russie respecte le choix démocratique du peuple arménien. Toute tentative de lier Moscou à des manœuvres électorales relève de la désinformation pure. »
— Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin
Un Parlement renouvelé dans un pays fracturé
Ces élections étaient particulièrement attendues après des mois de crise politique. Le Premier ministre sortant, Nikol Pachinian, a mené une campagne axée sur la stabilité et la lutte contre la corruption, tout en promettant de réduire la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Son parti, le Contrat civil, espérait conserver une majorité relative, mais les sondages publiés avant le scrutin laissaient présager un parlement plus fragmenté.
Les observateurs internationaux, dont des représentants de l’OSCE, étaient présents pour superviser le déroulement du vote. Aucun incident majeur n’a été signalé dans les bureaux de vote, mais plusieurs organisations non gouvernementales ont pointé des « irrégularités mineures », comme des retards dans l’ouverture de certains bureaux ou des difficultés d’accès pour les électeurs en zone rurale.
Quant aux six candidats toujours en détention, leur sort judiciaire devrait être tranché d’ici la mi-juin. Leur défense a d’ores et déjà annoncé qu’elle contesterait la légalité de leur arrestation devant les tribunaux arméniens. La question de l’ingérence étrangère, elle, continuera de nourrir les débats politiques dans les semaines à venir.