Marc, quinquagénaire franco-brésilien installé à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), a perdu 250 000 euros dans une arnaque pyramidale organisée par OmegaPro entre 2018 et 2022. « J’ai été escroqué de 250 000 euros », a-t-il déclaré, affichant des photos des quatre cofondateurs du groupe – Robert Velghe, Dilawar Singh, Andreas Szakacs et Mike Sims – dans l’entrée de sa maison mitoyenne transformée en cabinet de curiosités. Selon Le Figaro, ce montage frauduleux a touché des millions de personnes dans au moins 40 pays, avec des pertes estimées à 4 milliards de dollars.

Ce qu'il faut retenir

  • 4 milliards de dollars : montant total des pertes liées à OmegaPro, selon les estimations disponibles.
  • 40 pays : le réseau frauduleux a opéré à l’international entre 2018 et 2022.
  • 250 000 euros : perte déclarée par Marc, l’un des victimes françaises.
  • Quatre cofondateurs identifiés : Robert Velghe, Dilawar Singh, Andreas Szakacs et Mike Sims.
  • Un système pyramidal classique : les fonds des nouveaux investisseurs servaient à rémunérer les anciens.
  • Bagnolet (Seine-Saint-Denis) : domicile de Marc, où il a affiché les photos des escrocs.

Installé dans une maison aux allures de paradis végétal, Marc décrit son quotidien avant l’arnaque comme une vie paisible, entre son Indian Scout et sa Suzuki Intruder de 1994. « Nous avions un jardin aux passiflores, un vrai havre de paix », confie-t-il. Pourtant, ce cadre idyllique a servi de décor à une escroquerie d’ampleur industrielle. OmegaPro promettait des rendements mirobolants à ses investisseurs, avant de s’effondrer en 2022, laissant derrière elle une traînée de victimes.

Le montage reposait sur un principe simple : les nouveaux participants versaient des fonds qui servaient à payer les intérêts des anciens, créant l’illusion d’une activité rentable. « C’était une pyramide de Ponzi classique », explique un expert en criminalité financière interrogé par Le Figaro. Les autorités ont finalement classé l’affaire après avoir identifié les quatre principaux responsables, tous recherchés pour escroquerie en bande organisée.

Un réseau international démantelé progressivement

Les investigations ont révélé que OmegaPro opérait sous plusieurs entités, avec des filiales en Europe, en Asie et en Amérique latine. Les fonds étaient blanchis via des comptes offshore et des plateformes de trading fictives. « Les escrocs utilisaient des sociétés écrans et des noms d’emprunt pour brouiller les pistes », précise une source judiciaire proche du dossier. Les victimes, souvent des particuliers attirés par des promesses de gains rapides, n’ont jamais récupéré leur mise.

En France, l’enquête a été menée conjointement par la Brigade financière de Paris et Europol. Plusieurs perquisitions ont été réalisées, notamment en Île-de-France et dans le sud du pays, où des biens immobiliers acquis frauduleusement ont été saisis. « Les avoirs des escrocs ont été gelés, mais les fonds récupérables restent minimes au regard des pertes », indique un officier de police.

Les victimes, entre colère et résignation

Marc, comme des centaines d’autres Français, avait investi ses économies dans OmegaPro, convaincu par des témoignages en ligne et des présentations promotionnelles. « On nous promettait des rendements de 10 à 15 % par mois. Qui pourrait résister ? » s’interroge-t-il. Aujourd’hui, il affiche les photos des quatre hommes sur un tableau dans son entrée, une manière de « garder une trace » de ce qui lui est arrivé. « Je veux qu’ils sachent que je ne les oublierai pas. »

D’autres victimes, contactées par Le Figaro, décrivent des parcours similaires : des retraités ayant englouti leurs économies, des petits entrepreneurs ruinés, ou encore des familles endettées après avoir placé leurs économies dans le système. « Le pire, ce n’est pas seulement la perte financière, mais l’humiliation. On se sent stupide d’avoir cru à cette arnaque », confie une victime sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Les procédures judiciaires contre les quatre cofondateurs d’OmegaPro sont toujours en cours. Leur localisation reste inconnue à ce jour, bien que des rumeurs évoquent une fuite vers des pays sans accord d’extradition avec l’Union européenne. Les victimes, quant à elles, pourraient se tourner vers des recours collectifs pour tenter de récupérer une partie de leurs fonds. Une première audience est prévue en octobre 2026 devant le tribunal judiciaire de Paris, où sera examinée la recevabilité de leurs demandes.

Cette affaire soulève une nouvelle fois la question de la régulation des investissements en ligne, alors que les plateformes de trading et les cryptomonnaies attirent de plus en plus de particuliers. Les autorités françaises ont renforcé les contrôles depuis 2023, mais les escrocs continuent d’innover pour échapper aux radars.

Reste à savoir si Marc et les autres victimes obtiendront gain de cause. En attendant, ils devront composer avec les conséquences d’une arnaque qui a laissé des traces bien au-delà des comptes bancaires.

Une pyramide de Ponzi repose sur le versement des intérêts des anciens investisseurs grâce aux fonds des nouveaux. Les rendements promis sont anormalement élevés et stables, sans justification économique réelle. Les promoteurs insistent souvent sur la confidentialité et la rapidité des gains pour éviter les questions.

Les victimes peuvent se constituer partie civile pour demander réparation. Une audience en octobre 2026 au tribunal judiciaire de Paris examinera la recevabilité de leurs demandes. Les biens saisis en France seront vendus pour rembourser, en partie, les victimes.