Une nouvelle forme d’escroquerie aux colis, reposant sur l’utilisation malveillante de l’intelligence artificielle, gagne en ampleur en France depuis plusieurs semaines. Selon Journal du Geek, cette méthode, qui cible aussi bien les particuliers que les professionnels, exploite des technologies de synthèse vocale et de génération de texte pour tromper ses victimes avec une efficacité redoutable.

Ce qu'il faut retenir

  • Une escroquerie aux colis utilisant l’IA sévit en France depuis plusieurs semaines
  • Les fraudeurs imitent des voix ou des messages de transporteurs pour tromper leurs victimes
  • Les pertes financières pourraient atteindre plusieurs milliers d’euros par victime
  • Les autorités appellent à la vigilance et à la vérification systématique des communications

Les victimes reçoivent généralement un appel ou un message vocal, parfois accompagné d’un SMS ou d’un email, les informant d’un problème avec un colis en livraison. Le message, souvent émis avec une voix synthétique imitant parfaitement celle d’un employé d’un transporteur connu, annonce un retard, un supplément de paiement ou une nécessité de se présenter en point de retrait. La pression est mise pour que la victime agisse rapidement, sans lui laisser le temps de vérifier l’authenticité du message.

D’après Journal du Geek, les fraudeurs utilisent des outils d’IA capables de reproduire des voix à partir d’échantillons audio disponibles en ligne, notamment sur les réseaux sociaux. « On a enregistré des cas où la voix imitée était si convaincante que même les proches de la victime n’auraient pu faire la différence », a expliqué un expert en cybersécurité interrogé par le média. Les messages écrits, générés par des algorithmes, sont également sophistiqués, avec des fautes d’orthographe ou de grammaire soigneusement évitées pour renforcer l’illusion de légitimité.

Les cibles privilégiées sont les personnes ayant récemment commandé en ligne, surtout celles qui attendent un colis important ou coûteux. Les montants réclamés varient, mais peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros. Dans certains cas, les escrocs demandent un virement bancaire immédiat, tandis que dans d’autres, ils orientent la victime vers un faux site de paiement en ligne pour récupérer ses coordonnées bancaires. « C’est une escroquerie en deux temps : d’abord la peur de perdre son colis, ensuite la récupération des données financières », a précisé un responsable de la gendarmerie nationale.

Les transporteurs légitimes, comme La Poste ou Chronopost, ont rapidement réagi pour alerter leurs clients. « Nous ne contactons jamais nos clients par téléphone ou SMS pour leur demander de l’argent ou des informations personnelles », a rappelé un porte-parole de La Poste. Pourtant, malgré ces mises en garde, le nombre de signalements reste en hausse, selon les chiffres de la plateforme Signal Spam, spécialisée dans la lutte contre les fraudes numériques.

Et maintenant ?

Les autorités et les transporteurs appellent à une vigilance accrue et à la vérification systématique des communications suspectes. Une campagne de sensibilisation est prévue pour la fin du mois de mai, avec la diffusion de tutoriels en ligne pour apprendre à repérer les arnaques. Les forces de l’ordre recommandent également de contacter directement le transporteur via ses canaux officiels avant toute action, et de signaler les tentatives d’escroquerie sur la plateforme Pharos, dédiée aux signalements de contenus illicites.

Cette méthode, bien que récente, s’inscrit dans une tendance plus large d’utilisation de l’IA à des fins malveillantes. Les experts s’attendent à une généralisation de ce type d’arnaques, notamment avec l’amélioration continue des outils de synthèse vocale et textuelle. Reste à voir si les dispositifs de lutte actuels parviendront à endiguer cette vague.

Il est conseillé de contacter directement le transporteur via ses canaux officiels (site web, application mobile ou numéro de téléphone vérifié) pour confirmer l’information. Ne cliquez pas sur les liens ou numéros de téléphone fournis dans le message suspect.