Un escroc international d’envergure, recherché depuis des années par Interpol pour avoir fraudé des centaines, voire des milliers de personnes à travers le monde, a finalement été interpellé par les autorités marocaines début avril à Marrakech. Selon Courrier International, Avi Golan, 70 ans, citoyen israélien, aurait sévi principalement au sein de communautés juives, en se faisant passer pour un héritier fortuné afin de soutirer des sommes importantes à ses victimes. L’homme, surnommé « l’escroc aux mille visages » pour sa capacité à changer d’identité à volonté, a utilisé de faux passeports et des identités fictives pour échapper aux autorités internationales.
Ce qu'il faut retenir
- Avi Golan, 70 ans, citoyen israélien, a été arrêté à Marrakech début avril 2026 par la police marocaine.
- Il est soupçonné d’avoir escroqué des centaines, voire des milliers de personnes, majoritairement des membres de communautés juives à travers le monde.
- L’escroc utilisait de fausses identités et de faux passeports pour échapper à Interpol, se faisant passer pour un milliardaire juif brésilien, un homme d’affaires américain ou encore des héritiers du banquier brésilien Joseph Safra.
- Au Maroc, il agissait sous le nom de Yair Bibert, mais ses victimes le connaissaient sous d’autres identités comme « Shalom Ohayon » ou « Aharon Zada ».
- Il a été transféré à Rabat en attendant une possible extradition vers les pays concernés par les plaintes.
- Cette arrestation illustre la coopération entre les autorités marocaines et les instances internationales dans la lutte contre la criminalité transnationale.
Un profil d’escroc multiforme et insaisissable
Selon les informations rapportées par le site israélien Mako, cité par Courrier International, Avi Golan avait développé au fil des années un modus operandi particulièrement efficace. L’homme, qui a passé une grande partie de sa vie à se forger des identités fantaisistes, ciblait principalement des personnes issues de milieux aisés ou influents, souvent crédules face à son personnage de milliardaire généreux ou de personnalité influente.
« À chaque fois, il changeait de personnage – tantôt milliardaire juif brésilien, tantôt homme d’affaires américain… Il a volé l’argent de Juifs et d’Israéliens crédules pour financer un train de vie luxueux, causant un préjudice énorme à la communauté », a déclaré une source de la communauté juive au Maroc, interrogée par Mako. Son mode opératoire reposait sur une manipulation psychologique poussée, exploitant la confiance que lui accordaient ses victimes, souvent issues de cercles communautaires restreints.
Des victimes sur plusieurs continents et des méthodes sophistiquées
Les activités frauduleuses d’Avi Golan s’étendaient principalement en Amérique du Sud, où il se faisait passer pour l’un des héritiers du banquier brésilien Joseph Safra, décédé en 2020. Sous les noms d’Alberto Safra ou Jacky Safra, il a réussi à escroquer des Brésiliens, des Équatoriens et des Argentins, en leur faisant miroiter des investissements ou des prêts avantageux. Bref, autant dire qu’il a exploité la réputation de l’une des familles les plus en vue du monde financier brésilien pour commettre ses forfaits.
Au Maroc, où il s’était installé ces dernières années, Golan a adopté une nouvelle identité publique : Yair Bibert. Pourtant, pour ses victimes, il restait « Shalom Ohayon » ou « Aharon Zada ». Une unité d’élite de la police marocaine l’a appréhendé de nuit dans une villa luxueuse de Marrakech, comme le rapporte Le Desk, un média marocain qui le décrit comme « l’un des fraudeurs transfrontaliers les plus insaisissables de sa génération ».
Une arrestation qui illustre la coopération internationale
Transféré à Rabat dès son interpellation, Avi Golan est désormais en attente d’une éventuelle extradition vers les pays ayant porté plainte contre lui. Selon H24 info, cité par Courrier International, cette arrestation « illustre la coopération entre les autorités marocaines et les instances internationales dans la lutte contre la criminalité transnationale ». Une coopération qui s’avère cruciale pour traquer des criminels comme Golan, capables de se déplacer rapidement et de brouiller les pistes à l’échelle mondiale.
L’affaire soulève également des questions sur l’efficacité des systèmes de surveillance des mouvements transfrontaliers, notamment pour les individus utilisant de multiples identités. Les autorités marocaines, souvent saluées pour leur réactivité dans les affaires de criminalité organisée, ont démontré ici leur capacité à démanteler des réseaux complexes, malgré la sophistication des méthodes employées par l’accusé.
Un dossier qui rappelle les dérives des escroqueries à l’héritage
Cette affaire n’est pas sans rappeler les grandes affaires d’escroqueries à l’héritage qui ont défrayé la chronique ces dernières années, notamment celles impliquant des personnages se faisant passer pour des héritiers de fortunes connues. En 2023, plusieurs pays européens avaient été touchés par des réseaux organisés utilisant des identités fictives pour soutirer des millions d’euros à des victimes souvent isolées ou peu méfiantes. La capacité d’Avi Golan à exploiter la réputation de familles fortunées comme celle des Safra montre à quel point les escrocs ciblent des profils spécifiques pour maximiser leur impact.
Les communautés juives, souvent unies par des réseaux sociaux et communautaires solides, sont régulièrement la cible de ce type de fraudes. Les associations de lutte contre la fraude recommandent une vigilance accrue, notamment face à des propositions trop belles pour être vraies, et insistent sur l’importance de vérifier systématiquement les identités des interlocuteurs avant tout engagement financier.
Les prochaines étapes : enquête et récupération des fonds
L’enquête sur les activités d’Avi Golan devrait maintenant s’étendre à l’échelle internationale, avec la collaboration des services de police des pays concernés. Les enquêteurs tenteront notamment de retracer le parcours des fonds détournés, souvent blanchis via des comptes offshore ou des investissements fictifs. La récupération des avoirs pourrait s’avérer complexe, compte tenu des montages financiers sophistiqués utilisés par l’accusé pour dissimuler ses activités.
Pour les victimes, la procédure judiciaire risque d’être longue et semée d’embûches. Les associations de défense des victimes d’escroqueries, comme l’Association française des victimes d’escroqueries financières (AFVEF), devraient jouer un rôle clé dans l’accompagnement des plaignants et la sensibilisation du public. Dans l’immédiat, les autorités marocaines et israéliennes devraient publier un communiqué officiel concernant les suites données à cette affaire, notamment sur les éventuelles charges retenues contre Golan et les prochaines étapes judiciaires.
Après son transfert à Rabat, Avi Golan devrait faire l’objet d’une procédure d’extradition vers les pays ayant émis des plaintes. Les premières audiences pourraient avoir lieu dans les deux à trois mois, selon les accords bilatéraux entre le Maroc et les États concernés. Les autorités marocaines pourraient également transmettre des éléments à Interpol pour approfondir l’enquête sur d’éventuels complices.
Les victimes d’Avi Golan sont invitées à se manifester auprès des services de police de leur pays de résidence, en fournissant toutes les preuves disponibles (échanges écrits, virements, faux documents, etc.). Des associations spécialisées, comme l’AFVEF en France, peuvent également les accompagner dans leurs démarches et les orienter vers les autorités compétentes.