Le ministre péruvien de l’Intérieur, le général César Astudillo, a annoncé samedi 30 août 2026 l’arrestation d’Ibelmery Adon Colina Maldonado, alias « R15 », présenté comme le chef du gang vénézuélien Tren de Aragua au Chili. Cette opération tripartite, menée avec la police chilienne et le FBI américain, s’est déroulée dans le district de San Martín de Porres, au nord de Lima, selon nos confrères du Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Ibelmery Adon Colina Maldonado, 48 ans, alias « R15 », a été interpellé samedi matin à Lima, capitale du Pérou, dans le cadre d’une opération conjointe impliquant la police chilienne et le FBI.
  • Il est recherché pour son implication présumée dans l’enlèvement et la séquestration d’un citoyen vénézuélien au Chili, et sera expulsé vers ce pays.
  • Le suspect voyageait avec de false documents d’identité, selon les autorités péruviennes.
  • Cette arrestation survient deux jours après l’interpellation, à Bogotá, d’un autre dirigeant présumé du Tren de Aragua, Luis Saúl Pérez Nieto, alias « Páez » ou « Nairobi ».
  • Le gang, considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, est actif dans huit pays d’Amérique du Sud depuis sa création en 2014.
  • Les autorités péruviennes et le FBI ont signé en mai 2026 un accord de coopération pour lutter contre le crime organisé transnational.

Une opération coordonnée entre trois pays

L’interpellation d’Ibelmery Adon Colina Maldonado a été réalisée grâce à une collaboration internationale, a détaillé le général Astudillo lors d’une conférence de presse. Le chef des investigations criminelles de la police péruvienne, le général Manuel Lozada, a précisé que l’entrée du suspect au Pérou depuis le Chili était « irrégulière ». « Il a été capturé grâce à l’intervention d’une équipe de la police, avec le soutien du FBI des États-Unis et de la PDI du Chili », a-t-il affirmé. Le ministre a confirmé que le délinquant serait expulsé vers le Chili dans les prochaines heures.

Le suspect, en possession de faux documents, a été arrêté dans une rue très fréquentée du district de San Martín de Porres, dans le nord de Lima. Selon les premières informations, il serait impliqué dans plusieurs affaires criminelles transfrontalières, dont des enlèvements et des séquestrations.

Un gang en expansion et sous surveillance internationale

Le Tren de Aragua, né en 2014 dans l’État vénézuélien du même nom, s’est étendu à huit pays d’Amérique du Sud, dont le Chili, le Pérou, la Colombie et l’Équateur. Le département du Trésor américain l’a classé comme une organisation terroriste en raison de ses activités présumées, qui incluent la traite d’êtres humains, les assassinats, les enlèvements, les vols, le trafic de drogue et l’extorsion.

Cette arrestation intervient seulement deux jours après une autre opération majeure menée par la police colombienne à Bogotá. Jeudi 28 août 2026, les autorités colombiennes ont interpellé Luis Saúl Pérez Nieto, alias « Páez » ou « Nairobi », présenté comme l’un des dirigeants présumés du Tren de Aragua au Pérou. Cette succession d’interpellations souligne l’intensification des efforts régionaux pour démanteler ce réseau criminel.

Un accord de coopération renforcée entre le Pérou et les États-Unis

Le FBI et la police péruvienne avaient signé en mai 2026 un accord de coopération visant à « faire face au crime organisé transnational grâce à la coopération et aux enquêtes spécialisées ». Cet arrangement s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre les réseaux criminels opérant à l’échelle continentale.

Selon les observateurs, cette coopération internationale pourrait s’intensifier dans les mois à venir, avec des échanges d’informations et des opérations conjointes ciblant les réseaux logistiques du Tren de Aragua. Le Pérou, en tant que pays de transit majeur, joue un rôle clé dans cette stratégie régionale.

Et maintenant ?

L’expulsion d’Ibelmery Adon Colina Maldonado vers le Chili devrait intervenir dans les prochaines 48 heures, selon les autorités péruviennes. Cette arrestation pourrait accélérer les enquêtes en cours sur les activités du Tren de Aragua dans la région, notamment au Pérou et en Colombie. Les prochaines semaines pourraient voir d’autres interpellations, dans le cadre de la coopération policière et judiciaire renforcée entre les pays d’Amérique du Sud et les États-Unis.

Le général Astudillo a indiqué que les investigations se poursuivaient pour identifier d’éventuels complices et démanteler les filières criminelles du réseau. Pour l’heure, aucune date précise n’a été communiquée concernant d’éventuelles autres arrestations.

Le département du Trésor américain classe le Tren de Aragua comme une organisation terroriste en raison de ses activités présumées, qui incluent des enlèvements, des assassinats, la traite d’êtres humains, le trafic de drogue et l’extorsion. Ces pratiques, associées à une structuration violente et à une expansion rapide à l’échelle régionale, justifient cette qualification selon les autorités américaines.