Dans la nuit du 1er au 2 avril 2026, la fusée Space Launch System (SLS) a décollé de Floride pour lancer la mission habitée Artémis II, marquant le retour de l’humanité vers la Lune après plus de cinquante ans d’absence. Selon Numerama, c’est depuis l’orbite géostationnaire, à près de 36 000 km d’altitude, que le satellite météorologique GOES-19 a capturé une image inédite de ce départ historique.
Ce qu’il faut retenir
- Un décollage historique : la fusée SLS a quitté son pas de tir en Floride dans la nuit du 1er au 2 avril 2026, lançant la mission Artémis II vers la Lune.
- Une capture unique : le satellite GOES-19, positionné à 35 786 km d’altitude, a enregistré la traînée de vapeur d’eau laissée par les moteurs RS-25 de la fusée.
- Une technologie adaptée : GOES-19 utilise un mode de balayage rapide, offrant une image toutes les 30 à 60 secondes pour suivre des événements ponctuels comme les décollages.
- Une signature chimique visible : la combustion hydrogène-oxygène des moteurs RS-25 génère de la vapeur d’eau, traçant un panache blanc détectable depuis l’espace.
- Une observation depuis l’ISS : l’équipage de la Station spatiale internationale n’a pu filmer le décollage en direct, mais a aperçu plus tard les vestiges de la traînée dans l’atmosphère.
Un point de vue inédit sur un événement historique
Alors que les photographes au sol immortalisaient sous tous les angles la fusée SLS sur son pas de tir, puis son envol, c’est depuis l’espace que le public a découvert une perspective radicalement différente. Comme le rapporte Numerama, le satellite GOES-19, situé à 35 786 km d’altitude sur une orbite géostationnaire, a capturé une séquence montrant le panache blanc laissé par la fusée.
Ce cliché n’est pas une simple photo, mais le résultat d’un balayage progressif de la surface terrestre par l’instrument Advanced Baseline Imager du satellite. Celui-ci ne prend pas des images instantanées, mais construit une vue complète en quelques minutes, ce qui explique la cadence ralentie de la séquence. Pour suivre des phénomènes rapides comme les ouragans ou, donc, les décollages de fusées, GOES-19 peut réduire sa zone d’observation à un carré de 1 000 km de côté, permettant d’obtenir une image toutes les 30 secondes.
La chimie des moteurs RS-25 trahie par la vapeur d’eau
Le carburant utilisé par les quatre moteurs RS-25 de l’étage principal du SLS repose sur une réaction entre l’hydrogène et l’oxygène liquides. En brûlant, cette combinaison produit principalement de l’eau sous forme de vapeur surchauffée, rejetée dans l’atmosphère. Selon Numerama, c’est cette signature chimique qui apparaît clairement sur les images de GOES-19, formant un long panache blanc visible même à des dizaines de milliers de kilomètres de distance.
Ce phénomène a également été mis en évidence par le National Weather Service (NWS) de Seattle, qui a partagé une animation en fausses couleurs mettant en lumière la présence de vapeur d’eau. Le NWS Seattle a commenté sur le réseau social X : « Ne clignez pas des yeux. » La chaîne a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un éclair, mais bien de la trace laissée par Artémis II dans le ciel.
Des images depuis l’espace, mais pas depuis l’ISS
Contrairement à ce que certains pourraient attendre, l’équipage de la Station spatiale internationale (ISS) n’a pas pu filmer le décollage en direct. Comme l’a expliqué Christopher Williams, photographe à bord de l’ISS : « À l’heure du décollage, nous étions au-dessus de l’océan Pacifique Nord. Impossible donc de voir ça en direct — mais l’équipage avait allumé la télévision. »
Cependant, une demi-heure plus tard, alors que l’ISS survolait à nouveau la Floride, les astronautes ont pu observer les vestiges de la traînée de la fusée traversant l’atmosphère. Williams a ajouté : « Vous pouvez voir l’effet du vent à différentes altitudes. » Une observation rare, mais qui rappelle que l’espace offre parfois des perspectives inattendues sur les événements terrestres.
Une technologie conçue pour des missions météo, détournée pour l’espace
GOES-19, initialement conçu pour surveiller les phénomènes météorologiques en temps réel, s’est révélé être un outil précieux pour documenter le décollage d’Artémis II. Selon Numerama, le satellite est capable de balayer la Terre en 10 à 15 minutes en mode standard, et en seulement 5 minutes pour les États-Unis. Mais pour les événements ponctuels et rapides, comme une fusée en ascension, il peut concentrer ses observations sur une zone réduite, offrant ainsi une cadence d’images bien plus élevée.
Cette flexibilité a permis de capturer quelques instants clés du décollage, même si la rapidité de la fusée SLS a limité le nombre d’images exploitables. Malgré tout, les clichés obtenus forment une séquence hachée mais spectaculaire, offrant une vision unique de cette mission emblématique.
La réussite d’Artémis II ouvrira la voie à des missions encore plus ambitieuses, tandis que les satellites comme GOES-19 continueront de jouer un rôle inattendu, mais crucial, dans le suivi des activités spatiales depuis l’orbite.
GOES-19 n’utilise pas un système de prise de vue classique, mais un balayage progressif de la Terre grâce à son instrument Advanced Baseline Imager. Pour suivre des événements rapides comme un décollage, il peut réduire sa zone d’observation à un carré de 1 000 km de côté, permettant d’obtenir une image toutes les 30 à 60 secondes. Cette technologie, conçue à l’origine pour surveiller les phénomènes météorologiques extrêmes, s’est avérée adaptée à la capture d’images de lancements spatiaux.
