Un cessez-le-feu de deux semaines a été conclu dans la nuit de mardi à mercredi entre les États-Unis et l’Iran, évitant de justesse une escalade militaire majeure au Moyen-Orient, selon Le Figaro. Cet accord, négocié sous l’égide du Pakistan, prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transit du pétrole et du gaz mondial. Peu avant l’expiration de l’ultimatum lancé par le président américain Donald Trump, Téhéran s’est engagé à suspendre ses attaques en échange d’une levée partielle des sanctions et de la reprise des échanges commerciaux. Washington, de son côté, a suspendu ses frappes aériennes pendant deux semaines, une décision saluée par plusieurs dirigeants régionaux et internationaux.

Ce qu’il faut retenir

  • Un cessez-le-feu de deux semaines a été annoncé dans la nuit du 7 au 8 avril 2026, après des négociations menées par le Pakistan, évitant une attaque américaine annoncée contre l’Iran.
  • Le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, doit être réouvert immédiatement, sous supervision iranienne.
  • Israël a accepté le cessez-le-feu mais affirme qu’il ne s’applique pas au Liban, où ses forces continuent d’opérer contre le Hezbollah, allié de Téhéran.
  • Les prix du pétrole ont chuté de plus de 15 % à l’ouverture des marchés asiatiques, tandis que le dollar a perdu plus de 1 % face à la livre sterling et à l’euro.
  • Le Premier ministre britannique Keir Starmer se rendra prochainement au Moyen-Orient pour discuter de la stabilité régionale et de la réouverture du détroit d’Ormuz avec les dirigeants du Golfe.

Un accord de dernière minute pour éviter une guerre ouverte

Moins d’une heure avant l’expiration de l’ultimatum américain, les États-Unis et l’Iran sont parvenus à un accord de trêve grâce à la médiation du Pakistan, selon les informations confirmées par Le Figaro. Donald Trump avait menacé, mardi soir, d’« anéantir une civilisation entière » si Téhéran ne débloquait pas le détroit d’Ormuz, une déclaration qui avait suscité l’inquiétude sur la possible utilisation d’armes non conventionnelles. Le président américain a finalement accepté de suspendre les frappes militaires pendant deux semaines, une décision justifiée par l’atteinte, selon lui, de « tous les objectifs militaires » des États-Unis. « Une victoire totale et complète. 100 %. Il n’y a aucun doute là-dessus », a-t-il déclaré à l’AFP dès l’annonce de l’accord.

De son côté, l’Iran a revendiqué une « victoire écrasante » face à « un ennemi qui a subi une défaite indéniable », selon le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien. Téhéran a accepté de rouvrir le détroit d’Ormuz sous condition que les attaques israélo-américaines cessent immédiatement. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a précisé que cette réouverture serait « immédiate, totale et sécurisée », en coordination avec les forces armées iraniennes. Un plan en dix points, incluant la levée des sanctions et la poursuite du programme d’enrichissement d’uranium, a été soumis à Washington pour servir de base aux négociations futures.

Des réactions contrastées en Israël et dans la région

Israël, qui avait lancé une offensive terrestre et aérienne contre le Hezbollah au Liban, a accepté le cessez-le-feu mais a immédiatement précisé qu’il ne concernait pas le Liban. Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a confirmé dans un communiqué que « le cessez-le-feu de deux semaines n’inclut pas le Liban », une position contestée par le Pakistan, qui affirme que la trêve s’applique « partout, y compris au Liban et ailleurs ». Cette divergence a conduit l’armée israélienne à ordonner l’évacuation immédiate de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, où des frappes ciblées sont attendues.

En Israël, le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a qualifié l’accord de « désastre politique », accusant Netanyahu d’avoir échoué à atteindre les objectifs de la guerre. « Jamais dans toute notre histoire nous n’avons connu un tel désastre politique. Israël n’a même pas été consulté quand des décisions concernant le fondement de notre sécurité nationale ont été prises », a-t-il écrit sur X. Cette critique reflète les tensions internes en Israël, où certains estiment que le cessez-le-feu avec l’Iran affaiblit la position de l’État hébreu dans la région. Pourtant, le gouvernement Netanyahu a réaffirmé son soutien à la décision américaine, tout en insistant sur la nécessité de « mettre fin à toutes les attaques contre Israël et ses alliés » de la part de Téhéran.

Des conséquences économiques immédiates

L’annonce du cessez-le-feu a provoqué un soulagement sur les marchés financiers et énergétiques. Le prix du pétrole a plongé de plus de 15 % dès l’ouverture des Bourses asiatiques, le baril de Brent passant sous la barre symbolique des 100 dollars pour s’établir à 92,85 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) tombait à 95,55 dollars. Le contrat à terme du TTF néerlandais, référence pour le gaz en Europe, a reculé de 19,24 % à 43 euros, une baisse liée à la perspective d’une réouverture du détroit d’Ormuz et à la diminution des tensions géopolitiques.

Le dollar a également été affecté, perdant plus de 1 % face à la livre sterling et à l’euro. « La forte baisse du pétrole et l’apaisement des tensions au Moyen-Orient ont provoqué une dépréciation de la devise américaine, les investisseurs se tournant vers des actifs moins risqués », a expliqué un analyste de la banque ING cité par Le Figaro. Cette volatilité des marchés illustre l’impact global de la crise iranienne sur l’économie mondiale, alors que les prix de l’énergie avaient déjà bondi de près de 70 % depuis le début du conflit, le 28 février 2026.

Keir Starmer en route pour le Golfe : une mission de stabilisation

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé qu’il se rendrait prochainement au Moyen-Orient pour discuter avec les dirigeants du Golfe de la réouverture du détroit d’Ormuz et de la stabilité régionale. Dans un communiqué, Downing Street a précisé que l’objectif de cette visite serait de « garantir la stabilité et le caractère durable de cette réouverture stratégique ». Starmer a salué l’accord de cessez-le-feu, estimant qu’il « apportera un moment de répit à la région et au monde » dans un contexte de tensions accrues.

Cette mission s’inscrit dans une volonté européenne de renforcer la coordination avec les pays du Golfe pour éviter une nouvelle escalade. Le sultanat d’Oman, qui a joué un rôle de médiateur, a appelé à « intensifier les efforts en vue d’un arrêt durable de l’état de guerre » et à trouver des solutions pour mettre fin à la crise à sa source. De son côté, l’Ukraine a salué le cessez-le-feu, son ministre des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, appelant Washington à faire preuve d’une « détermination similaire » pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

Et maintenant ?

Les deux semaines de trêve annoncées par les États-Unis et l’Iran serviront de période de négociation pour un accord plus large, incluant la levée des sanctions et la sécurisation du détroit d’Ormuz. Des discussions doivent s’ouvrir dès vendredi à Islamabad, mais leur succès dépendra de la capacité des deux parties à faire des concessions. Israël, dont la position reste ambiguë, pourrait relancer des opérations au Liban si la trêve n’est pas respectée dans cette zone. Sur le plan économique, la baisse des prix de l’énergie devrait se poursuivre dans les prochains jours, mais une stabilisation durable dépendra de la mise en œuvre effective de l’accord. Enfin, la visite de Keir Starmer au Golfe pourrait relancer les initiatives diplomatiques européennes pour une désescalade plus large au Moyen-Orient.

Plusieurs questions restent en suspens : l’Iran respectera-t-il pleinement ses engagements, notamment sur la réouverture du détroit d’Ormuz ? Israël maintiendra-t-il sa pression militaire au Liban malgré le cessez-le-feu ? Et dans quelle mesure les États-Unis et leurs alliés parviendront-ils à transformer cette trêve temporaire en un accord de paix durable ? Les prochains jours seront décisifs pour répondre à ces interrogations.

Le détroit d’Ormuz est une voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Sa fermeture, même temporaire, pourrait provoquer une crise énergétique mondiale et une flambée des prix. Pour l’Iran, le contrôle de ce passage est un enjeu de souveraineté et de pression sur les pays occidentaux. Pour les États-Unis et leurs alliés, sa réouverture est une condition sine qua non pour éviter une escalade militaire et relancer les échanges commerciaux.

Des négociations doivent s’ouvrir dès vendredi 11 avril à Islamabad, au Pakistan, pour une durée initiale de deux semaines. Ces discussions porteront sur la levée des sanctions contre l’Iran, la sécurité du détroit d’Ormuz et la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban. Si ces pourparlers aboutissent, un accord de paix plus large pourrait être signé, mais son succès dépendra de la volonté des deux parties à faire des concessions. En parallèle, les pays du Golfe et l’Europe pourraient renforcer leur coordination pour stabiliser la région.