« Se retrouver à 252 000 miles de la maison, c’était la chose la plus majestueuse et la plus magnifique que des yeux humains puissent contempler. » Ces mots du commandant Reid Wiseman, prononcés après la mission Artemis II, résument l’émerveillement des quatre astronautes lors de leur voyage historique autour de la Lune, selon Euronews FR.

Ce qu'il faut retenir

  • Premier équipage lunaire depuis 50 ans : Wiseman, Koch, Glover et Hansen ont effectué un survol de la Lune à bord de la capsule Orion, baptisée Integrity.
  • Record de distance : Ils sont devenus les voyageurs les plus éloignés de l’histoire, battant le précédent record d’Apollo 13.
  • Retour en sécurité : La capsule a amerri dans le Pacifique après près de dix jours de mission, un succès qui place la NASA en meilleure position pour un alunissage habité d’ici 2026.
  • Défis techniques : Le bouclier thermique d’Orion a montré des signes d’usure, rappelant les problèmes rencontrés lors du vol non habité d’Artemis I en 2022.
  • Préparation pour Artemis III : La NASA poursuit ses préparatifs pour un retour sur la Lune, avec un alunissage prévu près du pôle sud en 2028.
  • Enjeux humains : Les astronautes soulignent l’importance de la confiance et de la gestion des risques dans les missions futures.

Une mission historique et ses enseignements

Revêtus de leurs combinaisons, les quatre membres d’Artemis II — Reid Wiseman, Christina Koch, Victor Glover et Jeremy Hansen — ont partagé leurs impressions lors d’une conférence de presse organisée au centre spatial Johnson de la NASA à Houston. À peine une semaine après leur retour, ils avouent ne pas être « tout à fait redescendus sur Terre mentalement », tant l’expérience a marqué leurs esprits.

Christina Koch, astronaute expérimentée, a confié que cette mission lui a rappelé que « l’inconnu est bien plus effrayant que ce que l’on connaît ». Malgré les défis, chaque étape s’est déroulée comme prévu, ce qui a soulagé l’équipage : « À chaque fois que nous remplissions un objectif d’essai de mission, nous nous regardions tous en nous disant : *“Finalement, ça s’est plutôt bien passé.”* »

Des émotions contrastées entre émerveillement et appréhension

Pour Reid Wiseman, la vue de la Lune depuis l’espace a été un spectacle « majestueux », mais la rentrée atmosphérique à 39 fois la vitesse du son a révélé une autre facette de la mission. « Foncer à travers l’atmosphère à cette vitesse, là, c’est effrayant et risqué », a-t-il expliqué à l’Associated Press. Il a également évoqué le mal du pays ressenti en milieu de vol : « On a juste envie de serrer ses enfants dans ses bras et de leur faire savoir qu’on est sain et sauf. »

Victor Glover, pilote de la mission, a décrit avec précision le moment où les parachutes se sont détachés avant l’amerrissage : « J’ai eu l’impression de tomber en chute libre, comme si je plongeais en arrière depuis le sommet d’un gratte-ciel. C’est ce que j’ai ressenti pendant cinq secondes. » Une fois la descente stabilisée, il a qualifié l’expérience de « grandiose ».

Un bouclier thermique sous surveillance

Lors de leur première inspection visuelle après l’amerrissage, Wiseman et Glover ont repéré une « petite perte de matière calcinée » sur le bouclier thermique d’Orion, précisément à la jonction entre celui-ci et la capsule. « Pour quatre humains se contentant de regarder le bouclier thermique, il nous a paru en excellent état. Il avait vraiment bonne allure, et cette rentrée était incroyable », a souligné Wiseman. Cependant, il a immédiatement précisé que des analyses approfondies restaient nécessaires : « Nous allons passer au peigne fin chaque… même pas chaque molécule, probablement chaque atome de ce bouclier thermique. »

Ce détail technique rappelle les problèmes rencontrés lors du premier vol d’Artemis I en 2022, où le bouclier thermique était revenu « criblé d’impacts et érodé ». Plutôt que de le reconstruire, la NASA avait opté pour une modification de la trajectoire de rentrée pour limiter l’échauffement. Les futures capsules adopteront, elles, une nouvelle conception.

Des astronautes en pleine forme, mais sous haute surveillance

Depuis leur retour, les quatre membres d’équipage subissent une série d’examens médicaux pour évaluer leur état de santé. Équilibre, vision, force musculaire, coordination… Rien n’est laissé au hasard. Ils ont même revêtu leurs combinaisons extravéhiculaires pour des exercices simulant la gravité lunaire, six fois plus faible que sur Terre. Ces tests visent à préparer les futurs marcheurs lunaires à leur arrivée sur la Lune.

Christina Koch a résumé l’état d’esprit de l’équipage en déclarant : « Depuis notre retour, nous nous sentons encore plus enthousiastes et prêts à relever ce défi en tant qu’agence. » Une détermination partagée par Jeremy Hansen, qui a rappelé l’importance de la confiance mutuelle : « Nous ne pourrons pas tout aplanir avant de partir. Nous allons devoir nous faire mutuellement confiance. Même si tout s’est bien passé pour nous, il était aussi très clair pour nous que les choses peuvent devenir très agitées, très vite. »

Et maintenant ?

La NASA poursuit activement la préparation d’Artemis III, dont le lancement est prévu pour 2027. La plateforme de lancement de la fusée est déjà de retour au Vehicle Assembly Building du centre spatial Kennedy, où elle sera préparée pour la mission. En attendant la désignation de son équipage, Artemis III restera en orbite terrestre pendant que les astronautes s’exerceront à l’amarrage de leur capsule Orion avec des modules lunaires développés par SpaceX et Blue Origin.

Artemis IV, prévue pour 2028, marquera un tournant avec un alunissage près du pôle sud lunaire, où la NASA ambitionne d’établir une présence durable. Contrairement aux missions Apollo, où les astronautes ne restaient que brièvement, cette fois-ci, l’objectif est de préparer le terrain pour une colonisation à long terme.

Un héritage et des défis pour l’avenir

Les missions Apollo, entre 1969 et 1972, ont permis à seulement douze astronautes de fouler le sol lunaire. Avec Artemis, la NASA vise une exploration plus ambitieuse, incluant la construction d’une base lunaire. Mais ce retour sur la Lune s’accompagne de défis techniques et humains majeurs. Les problèmes rencontrés avec les boucliers thermiques, la gestion des risques en temps réel ou encore la coordination entre les équipages sont autant d’éléments que l’agence doit maîtriser.

Comme le souligne Jeremy Hansen, « tout le monde devra accepter un risque supplémentaire pour parvenir à tout cela et avoir confiance dans la capacité à résoudre les problèmes en temps réel. » Une approche pragmatique, essentielle pour garantir le succès des missions futures.

Lors de la rentrée atmosphérique à haute vitesse, le bouclier thermique d’Orion a subi des contraintes thermiques importantes, entraînant une légère perte de matière calcinée. Ce phénomène, bien que limité, rappelle les problèmes rencontrés lors du vol non habité d’Artemis I en 2022, où le bouclier était revenu très endommagé. La NASA a depuis modifié la trajectoire de rentrée pour limiter l’échauffement, mais des analyses approfondies restent nécessaires pour valider la sécurité de la capsule.

La NASA prépare activement Artemis III, dont le lancement est prévu pour 2027. Cette mission consistera en un alunissage habité, marquant le premier retour d’astronautes sur la Lune depuis 1972. Artemis IV, prévue pour 2028, visera un alunissage près du pôle sud lunaire, avec l’objectif d’y établir une présence durable.