Alors que la Nasa doit annoncer aujourd’hui, mardi 9 juin 2026, les noms des astronautes désignés pour Artémis III, une mission prévue en 2027 pour le retour des États-Unis sur la Lune, l’agence spatiale américaine s’inspire directement d’un précédent historique. Apollo 9, une mission menée en mars 1969, avait en effet joué un rôle clé en tant que répétition générale avant l’alunissage d’Apollo 11, selon Numerama.
Ce qu'il faut retenir
- La Nasa annonce aujourd’hui, 9 juin 2026, les astronautes d’Artémis III, dont la mission lunaire est prévue en 2027.
- Apollo 9, en mars 1969, avait testé en orbite terrestre le vaisseau Apollo complet avec son module lunaire, une première cruciale avant le succès d’Apollo 11.
- L’équipage d’Apollo 9 avait effectué des tests techniques inédits, dont la séparation et la jonction des modules en vol, une manœuvre reproduite lors des missions lunaires.
- Les contraintes techniques d’Apollo 9, comme l’épaisseur des parois du module lunaire (un tiers de millimètre), rappellent les défis actuels du programme Artémis.
- Contrairement à Apollo 9, Artémis III passera directement à l’alunissage, sans répétition supplémentaire comme Apollo 10.
Prévue pour 2027, Artémis III doit marquer le retour des humains sur la Lune, plus de cinquante ans après Apollo 11. Pourtant, cette mission ne sera pas le premier vol habité du programme : elle s’appuiera sur les enseignements d’Artémis II, qui a réalisé un survol lunaire fin 2025. Comme le rapporte Numerama, Artémis III s’annonce comme une étape charnière, mais moins spectaculaire que les missions précédentes. Pourtant, son rôle reste essentiel pour valider les technologies avant un alunissage.
Cette configuration rappelle étrangement celle d’Apollo 9, une mission souvent éclipsée par Apollo 11, mais pourtant déterminante. En mars 1969, trois astronautes – James McDivitt, David Scott et Russell Schweickart – avaient testé en orbite terrestre le vaisseau Apollo complet, incluant pour la première fois le module lunaire. Une manœuvre nécessaire, car l’engin n’était pas encore prêt pour un voyage vers la Lune.
Apollo 9, une répétition technique avant la Lune
À l’époque, la Nasa faisait face à des défis techniques majeurs. Le module lunaire, conçu pour se poser sur la Lune, devait être léger : son poids à vide ne devait pas dépasser 5 tonnes, afin d’être compatible avec la fusée Saturn V. Pour y parvenir, les ingénieurs avaient réduit l’épaisseur des parois en aluminium à un tiers de millimètre, tandis que les pieds de l’engin, également en aluminium, devaient supporter son poids dans un environnement de faible gravité. Autant dire que la marge de sécurité était quasi inexistante.
Le module était conçu en deux parties : une première, le module de commande et de service, restait en orbite lunaire, tandis que la seconde, le module lunaire, devait descendre vers la surface avant de remonter pour un rendez-vous orbital. Un système complexe, qui imposait une rigueur absolue. « C’était un choix très décrié à l’époque », souligne le scientifique Charles Frankel dans son ouvrage L’Aventure Apollo, cité par Numerama. Résultat : le module lunaire ne fut pas envoyé directement vers la Lune, mais testé en orbite terrestre.
Des tests décisifs pour la suite des missions lunaires
Le 3 mars 1969, l’équipage d’Apollo 9 décollait avec quelques jours de retard, en raison d’un rhume contracté par l’un des astronautes. Deux heures et quarante-et-une minutes après le lancement, l’équipage séparait le module de service du reste de la fusée, puis s’amarrait au module lunaire situé à l’autre extrémité du lanceur. Les deux modules fusionnés s’éloignaient alors dans l’espace, marquant le début d’une série de tests techniques.
Parmi les manœuvres réalisées, les astronautes ont dû vérifier s’il était possible de piloter les deux engins imbriqués avec un seul moteur – une question cruciale pour les futures missions lunaires. Ils ont également testé la possibilité de passer dans le module lunaire sans danger, et même de poursuivre une mission en apesanteur après qu’un des membres d’équipage ait vomi dans l’espace. Russell Schweickart, victime de ce malaise spatial, a ensuite réalisé une sortie extravéhiculaire, immortalisée par des photos devenues emblématiques.
Une séparation et une jonction des modules testées pour la première fois
Cinq jours après le décollage, l’équipage réalisait un test inédit : la séparation des deux modules, avec deux astronautes à bord du module lunaire, un vaisseau incapable de les ramener seul sur Terre. La manœuvre s’est déroulée sans encombre, avant que les modules ne se rejoignent à nouveau, une procédure reproduite quelques mois plus tard lors d’Apollo 11. Le reste de la mission s’est déroulé sans incident majeur, les derniers jours étant consacrés à simuler la durée d’une mission lunaire.
Le 13 mars 1969, après dix jours en orbite, l’équipage amerissait au large des Bahamas, mettant un terme à une mission qui, malgré son manque de visibilité médiatique, avait posé les bases techniques du succès d’Apollo 11. Comme le rappelle Numerama, Apollo 9 a permis de valider des procédures essentielles, comme la séparation et la jonction des modules, une étape critique pour les futurs alunissages.
Alors que les noms des astronautes d’Artémis III seront révélés aujourd’hui, l’héritage d’Apollo 9 rappelle que les répétitions techniques, bien que discrètes, sont souvent le gage des plus grands succès. La différence majeure avec le programme actuel ? Si Apollo 9 avait ouvert la voie à Apollo 11, Artémis III devra réussir son pari du premier coup – ou presque.
Apollo 9 a permis de tester pour la première fois le vaisseau Apollo complet avec son module lunaire en orbite terrestre. Les manœuvres de séparation, d’amarrage et de jonction des modules étaient essentielles pour valider les procédures qui ont permis à Apollo 11 de se poser sur la Lune. Sans ces tests, le succès de la première mission lunaire aurait été bien moins certain, comme l’explique le scientifique Charles Frankel dans L’Aventure Apollo.