La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a critiqué ce dimanche 14 juin 2026 les propositions avancées par certains cadres du gouvernement et de la droite concernant la lutte contre les crimes envers les mineurs. Selon Le Monde - Politique, elle a estimé que des mesures comme la perpétuité réelle, l’imprescriptibilité des crimes ou le rétablissement de la peine de mort ne permettraient pas de protéger efficacement les enfants.
Invitée de l’émission Questions politiques sur France Inter, Yaël Braun-Pivet a ainsi balayé les réponses envisagées par une partie de la majorité présidentielle et de l’opposition. Elle a rappelé que ces dispositifs, bien que symboliquement forts, ne garantissaient pas une réduction des violences faites aux mineurs.
Ce qu'il faut retenir
- Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a rejeté publiquement les propositions de peine de mort, d’imprescriptibilité et de perpétuité réelle pour lutter contre les crimes envers les mineurs.
- Ces déclarations ont été formulées lors de son passage dans l’émission Questions politiques sur France Inter, ce 14 juin 2026.
- Elle a souligné que ces mesures ne constituaient pas des solutions concrètes pour protéger les enfants.
- Ses propos interviennent dans un contexte de forte émotion après l’assassinat de la jeune Lyhanna, 8 ans, dont le corps a été retrouvé le 2 juin 2026 en Seine-Saint-Denis.
Un débat relancé par l’affaire Lyhanna
L’assassinat de Lyhanna, une fillette de 8 ans dont le corps a été découvert le 2 juin 2026 dans un bois de Seine-Saint-Denis, a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique. L’émotion suscitée par cette affaire a conduit plusieurs responsables politiques à proposer des mesures radicales pour renforcer la protection des mineurs.
Parmi les pistes évoquées figurent le rétablissement de la peine de mort, l’instauration de l’imprescriptibilité pour les crimes les plus graves ou encore l’application systématique de la perpétuité réelle. Ces propositions, portées notamment par des cadres de la droite et certains membres du gouvernement, visent à répondre à une demande croissante de fermeté de la part des citoyens.
Yaël Braun-Pivet prône des solutions « pragmatiques »
Yaël Braun-Pivet a estimé que ces mesures, bien que populaires sur le moment, ne constituaient pas des réponses adaptées. « La perpétuité réelle, l’imprescriptibilité ou le retour de la peine de mort, ce n’est pas ça qui va protéger nos enfants », a-t-elle déclaré lors de son intervention. Pour elle, la priorité doit résider dans une meilleure application de la justice et un renforcement des moyens policiers et judiciaires.
La présidente de l’Assemblée nationale a également insisté sur la nécessité de prévenir les violences plutôt que de se contenter de mesures symboliques. Elle a rappelé que la protection des mineurs passait avant tout par un travail en amont, notamment dans les domaines social et éducatif.
Des divergences au sein de la majorité présidentielle
Ses prises de position révèlent des tensions au sein de la majorité présidentielle, où certains élus défendent des mesures plus fermes. Des sources internes au Palais-Bourbon confirment que des discussions sont en cours pour trouver un équilibre entre fermeté et efficacité.
Yaël Braun-Pivet, figure modérée du camp présidentiel, s’inscrit en faux contre cette tendance. Elle a appelé à éviter les « réponses simplistes » et à privilégier des solutions « concrètes et durables » pour lutter contre les violences faites aux mineurs.
Par ailleurs, le parquet de Bobigny a annoncé qu’il examinerait toutes les pistes pour élucider l’assassinat de Lyhanna, dont l’enquête se poursuit activement. Les résultats des investigations pourraient influencer le débat public et les décisions politiques à venir.
Yaël Braun-Pivet n’a pas détaillé de mesures précises lors de son intervention, mais elle a insisté sur la nécessité de renforcer les moyens policiers et judiciaires, ainsi que sur la prévention sociale et éducative. Elle a également souligné l’importance d’une meilleure application de la justice existante.