Alors que les incendies ravageurs de cet été ont détruit des centaines de maisons et carbonisé des dizaines de milliers d’hectares en France, une réalité s’impose aux sinistrés : les feux de forêt ne sont pas couverts par le régime des catastrophes naturelles. Une situation qui s’explique par l’origine majoritairement humaine de ces sinistres, comme le rapporte Franceinfo – Faits divers.

Ce qu'il faut retenir

  • Neuf feux de forêt sur dix en France métropolitaine sont d’origine humaine, selon les données disponibles.
  • Le régime « Cat Nat » – qui couvre les catastrophes naturelles – exclut les incendies de forêt, contrairement aux inondations ou aux tempêtes.
  • La franchise applicable en cas de feu de forêt est fixée librement par les assureurs, ce qui peut entraîner des coûts élevés pour les victimes.
  • Seule la foudre est reconnue comme cause naturelle pour déclencher un incendie de forêt.
  • Les assureurs indemnisent les dégâts matériels, mais certains préjudices (traces de fumée, portes endommagées) peuvent ne pas être couverts.

Un régime d’indemnisation incomplet pour les feux de forêt

En France, le système d’assurance habitation repose en partie sur le régime des catastrophes naturelles (« Cat Nat »), créé en 1982 pour indemniser les dommages causés par des événements exceptionnels d’origine naturelle. Pourtant, les feux de forêt en sont exclus, malgré l’ampleur des dégâts qu’ils occasionnent. « Ce régime couvre les inondations, les tempêtes, les séismes ou encore les glissements de terrain, mais pas les incendies, même lorsqu’ils sont d’origine accidentelle », explique Emmanuel Cugny, auteur de l’article pour Franceinfo – Faits divers.

Cette exclusion s’applique même lorsque les feux sont provoqués par des facteurs indirectement liés à la sécheresse ou aux conditions climatiques. Ainsi, les victimes de ces sinistres ne bénéficient pas du montant maximal de franchise fixé par l’État – soit 380 euros en 2026 – mais d’une franchise déterminée librement par leur assureur. Une nuance qui peut alourdir considérablement la charge financière pour les ménages déjà touchés.

Des origines majoritairement humaines, une exception : la foudre

Contrairement aux idées reçues, la grande majorité des feux de forêt en France métropolitaine trouvent leur source dans des activités humaines. D’après les statistiques citées par Franceinfo – Faits divers, 70 % des départs de feu sont liés à des activités quotidiennes : barbecues mal éteints, incendies de véhicules, brûlages de déchets, ou encore travaux agricoles à proximité de zones sèches. Les courts-circuits sur les réseaux électriques, la maintenance défaillante d’équipements ou les chantiers de BTP constituent également des causes fréquentes.

Les 30 % restants relèvent de malveillance, tandis que la foudre – seule cause naturelle reconnue – ne représente qu’une infime partie des départs de feu. « Ces chiffres montrent que la prévention passe avant tout par une meilleure gestion des risques liés aux activités humaines », souligne un expert cité par le média. Une prise de conscience d’autant plus urgente que les épisodes de sécheresse et les vagues de chaleur se multiplient avec le changement climatique.

Des garanties limitées pour les sinistrés

Si la reconstruction des maisons détruites est généralement prise en charge par les assurances habitation, les garanties offertes en cas de feu de forêt restent partielles. Outre la franchise librement fixée par l’assureur, certains préjudices secondaires peuvent ne pas être indemnisés. « Les traces de fumée sur les murs, les portes fracturées par les pompiers pour limiter la propagation des flammes, ou encore les dommages causés par l’intervention des secours ne sont pas toujours couverts », détaille Emmanuel Cugny. Une situation qui peut laisser des victimes avec des coûts supplémentaires imprévus.

Pour éviter ces mauvaises surprises, les spécialistes recommandent de vérifier attentivement les clauses de son contrat d’assurance habitation. « Il est essentiel de discuter avec son assureur des garanties complémentaires possibles, notamment pour les risques liés aux feux de forêt ou aux événements climatiques », conseille un courtier interrogé par Franceinfo – Faits divers. Une précaution d’autant plus utile que les épisodes d’incendies risquent de s’intensifier dans les années à venir.

Un débat sur l’évolution du régime « Cat Nat »

Face à l’augmentation des feux de forêt en Europe et en France, la question de leur intégration au régime des catastrophes naturelles revient régulièrement dans le débat public. Certains élus locaux et associations de sinistrés plaident pour une révision des critères, arguant que ces incendies, bien que souvent d’origine humaine, sont aggravés par les conditions climatiques extrêmes. « Avec la hausse des températures et la multiplication des épisodes de sécheresse, les feux de forêt deviennent un risque systémique, au même titre que les inondations », argue un élu régional cité par le média.

Pour l’heure, le gouvernement n’a pas annoncé de modification du dispositif. En attendant, les victimes doivent composer avec un système d’indemnisation fragmenté, où la franchise et les exclusions de garantie varient d’un assureur à l’autre. Une situation qui interroge sur l’équité du système actuel, alors que les aléas climatiques deviennent plus fréquents.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes pourraient émerger dans les mois à venir. D’abord, une possible harmonisation des franchises entre assureurs, sous l’impulsion des pouvoirs publics, afin de limiter les disparités entre contrats. Ensuite, une réflexion sur l’élargissement du régime « Cat Nat » aux feux de forêt pourrait être lancée, notamment si les projections climatiques confirment une aggravation du phénomène. Enfin, la prévention restera un axe majeur, avec le renforcement des campagnes de sensibilisation et des moyens de lutte contre les départs de feu. Une première réunion interministérielle sur le sujet est prévue pour le 15 septembre 2026, selon des sources proches du dossier.

Alors que l’été 2026 s’achève sur des paysages dévastés et des milliers de sinistrés, la question des feux de forêt dépasse le cadre assurantiel. Elle interroge notre capacité collective à anticiper les risques climatiques et à adapter nos dispositifs de protection. Pour les victimes, la route vers la reconstruction s’annonce longue – et coûteuse.

Contrairement aux catastrophes naturelles couvertes par le régime « Cat Nat » (380 euros en 2026), la franchise applicable en cas de feu de forêt est fixée librement par l’assureur. Elle peut donc être bien plus élevée, selon les conditions du contrat souscrit.

Oui, les incendies provoqués par la foudre sont considérés comme une cause naturelle et peuvent, sous conditions, bénéficier du régime des catastrophes naturelles. Ils représentent cependant une infime minorité des départs de feu en France.