L’ASVEL, club de basket-ball lyonnais dirigé par Tony Parker, traverse une période de fortes turbulences, marquée par un budget drastiquement réduit et le départ surprise de plusieurs joueurs clés. Les supporters, regroupés au sein du groupe King Gones, ont choisi de s’exprimer publiquement pour alerter sur la situation et réclamer davantage de considération de la part des dirigeants. Selon RMC Sport, ces derniers dénoncent un manque de communication de la part du club, alors que l’avenir du projet sportif est plus que jamais incertain.
Ce qu'il faut retenir
- Le groupe de supporters King Gones exprime publiquement ses inquiétudes quant à la gestion du club par Tony Parker, soulignant un manque de transparence.
- Le départ de Sylvain Francisco, recruté en juin 2026 avant de rejoindre le Panathinaïkos sans jouer, illustre les difficultés financières du club.
- Le budget initial de 59 millions d’euros, un record pour le championnat français, a été revu à la baisse à 24 millions d’euros par la DNCCG, le gendarme financier du basket hexagonal.
- Plusieurs joueurs recrutés dans le cadre du projet ambitieux de Tony Parker, comme Nick Weiler-Babb, Daniel Theis ou Armoni Brooks, pourraient quitter le club avant même le début de la saison.
- Tony Parker a reconnu un « point d’étape difficile », tout en affirmant que le projet sportif reste intact malgré ce contretemps.
Un contexte sportif et financier particulièrement tendu
L’été 2026 s’annonce compliqué pour l’ASVEL, club phare du basket français, dont le projet sportif ambitieux semble compromis par des contraintes financières majeures. Selon RMC Sport, le budget présenté à la DNCCG (Délégation nationale au contrôle de gestion) s’élève désormais à 24 millions d’euros, contre les 59 millions d’euros initialement prévus. Cette révision brutale intervient alors que le club, présidé et entraîné par Tony Parker, avait lancé un recrutement XXL pour se positionner comme un acteur majeur en Europe.
Parmi les joueurs recrutés, Sylvain Francisco, meneur de l’équipe de France et deuxième au classement du MVP de l’Euroligue la saison précédente, avait été présenté comme l’homme fort du nouveau projet. Son départ précipité pour le Panathinaïkos athénien, sans qu’il n’ait disputé la moindre minute sous les couleurs de l’ASVEL, symbolise les difficultés rencontrées. « Je ne peux pas rester dans un club où je ne suis pas en mesure de jouer au basket à mon niveau », avait-il justifié, selon des propos rapportés par la presse grecque.
Les supporters montent au créneau pour dénoncer le silence des dirigeants
Face à cette situation, les King Gones, l’un des deux principaux groupes de supporters de l’ASVEL, ont publié un communiqué pour exprimer leur « inquiétude » et leur « colère ». Dans ce texte, ils soulignent que leur engagement envers le club les oblige à réagir lorsque l’avenir de celui-ci est menacé. « Notre passion nous oblige à exprimer nos inquiétudes lorsque nous estimons que l’avenir du club est en jeu », écrivent-ils, avant d’ajouter : « Depuis plusieurs semaines, le manque de communication autour de la situation du club nourrit l’incompréhension, la frustration et la colère des abonnés et des supporters. »
Les King Gones reconnaissent que certaines décisions ne peuvent être rendues publiques immédiatement, mais insistent sur le fait que « le silence ne peut devenir un mode de fonctionnement ». Ils réclament notamment « du respect, de la considération et une communication à la hauteur de l’engagement des supporters », qu’ils soient historiques ou récents. Leur message est clair : les dirigeants doivent tenir compte de la base, qui soutient le club dans les bons comme dans les mauvais moments.
Tony Parker assume les difficultés tout en défendant le projet
Interrogé sur la situation, Tony Parker a publié un communiqué jeudi pour expliquer les retards dans la finalisation du budget 2026-2027. « Nous avons eu des discussions très avancées nous permettant d’espérer une construction de budget à la hauteur de nos ambitions. Malheureusement, les discussions et accords prennent plus de temps que prévu à se consolider, et ceci aura un impact immédiat sur notre masse salariale en ce début de saison », a-t-il indiqué. L’ancien joueur des Spurs de San Antonio a cependant tenu à rassurer : « C’est un point d’étape difficile que nous vivons, mais je tiens à rappeler nos perspectives nationales et européennes. Ce retard ne remet donc pas en cause notre projet, il en est une étape supplémentaire ».
Cette déclaration intervient alors que plusieurs autres joueurs recrutés dans le cadre du projet ambitieux de l’ASVEL pourraient suivre l’exemple de Francisco. Nick Weiler-Babb, élu meilleur défenseur d’Euroligue en 2024-2025, Daniel Theis, ancien pivot de NBA et de Monaco, ainsi que Armoni Brooks, scoreur référencé en Europe, sont cités parmi les joueurs susceptibles de quitter le club avant le début de la saison. Même Vincent Collet, recruté pour occuper le poste de coordinateur offensif, pourrait être concerné par cette vague de départs.
Un projet sportif mis à mal par les réalités économiques
L’ASVEL a longtemps incarné l’ambition du basket français, avec une stratégie visant à attirer les meilleurs talents européens et à rivaliser avec les grands clubs du continent. Pourtant, la réalité économique du club semble avoir rattrapé ce rêve. Le budget revu à la baisse de 24 millions d’euros place l’ASVEL loin derrière les budgets des clubs dominants en Euroligue, comme le Real Madrid (120 millions) ou le FC Barcelone (90 millions). Cette situation explique en partie les départs en cascade et les difficultés à conserver les joueurs recrutés dans l’urgence.
Pourtant, Tony Parker reste optimiste quant à l’avenir. Dans son communiqué, il évoque « nos perspectives nationales et européennes », suggérant que le projet sportif reste intact malgré les retards administratifs. Reste à savoir si le club parviendra à conserver les joueurs clés ou à en recruter de nouveaux dans un marché déjà très concurrentiel. Les prochaines semaines s’annoncent décisives, à la fois sur le plan sportif et financier.
Pour les supporters, la priorité reste la transparence. Tant que les dirigeants ne communiqueront pas de manière plus claire sur la situation réelle du club, les critiques ne devraient pas faiblir. L’ASVEL, qui a longtemps symbolisé l’espoir du basket français, se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. Son avenir dépendra autant de sa capacité à gérer ses finances que de sa capacité à rassurer une base de supporters de plus en plus méfiante.
Le budget initial de 59 millions d’euros, présenté comme un record pour le championnat français, n’a pas été validé par la DNCCG (Délégation nationale au contrôle de gestion), le gendarme financier du basket hexagonal. Les discussions pour finaliser un budget conforme aux règles ont pris plus de temps que prévu, entraînant une réduction drastique des enveloppes allouées, selon RMC Sport.
Plusieurs recrues de l’été 2026, comme Sylvain Francisco (déjà parti au Panathinaïkos), Nick Weiler-Babb, Daniel Theis, Armoni Brooks ou encore Vincent Collet, pourraient quitter le club en raison des contraintes salariales imposées par le nouveau budget. Aucun départ n’a encore été officialisé, mais les négociations sont en cours.