La France présentera une délégation de 80 athlètes aux Championnats d’Europe 2026, qui se dérouleront du 10 au 16 août à Birmingham, en Angleterre. Selon Franceinfo - Sport, cette sélection marque une réduction notable par rapport aux éditions précédentes, avec 19 athlètes de moins qu’à Rome en 2024 et 21 de moins qu’à Munich en 2022. L’objectif affiché par la Fédération française d’athlétisme (FFA) est ambitieux : tous les athlètes retenus devront au minimum atteindre les finales en individuel, tandis que les relais 4x400 m (hommes, femmes et mixte) visent le Top 5.
Ce qu'il faut retenir
- 80 athlètes sélectionnés pour Birmingham, un effectif réduit de près de 20 % par rapport à Rome 2024.
- Objectif clair : finales en individuel pour tous, et Top 5 pour les relais 4x400 m.
- Sept athlètes retenus malgré l’absence des minima A ou B, grâce à leur classement européen ou leur forme actuelle.
- Absences notables : Cyréna Samba-Mayela (100 m haies) et Cassandre Beaugrand (triathlon), toutes deux touchées par des problèmes physiques.
- Renforcement attendu sur le demi-fond, les lancers et les sauts, avec des figures comme Jimmy Gressier et Mélina Robert-Michon en pointe.
- Un point de vigilance sur le sprint français, en difficulté depuis plusieurs saisons.
Une sélection marquée par des absences de taille
Parmi les forfaits qui ont pesé dans la balance, celui de Cyréna Samba-Mayela, vice-championne olympique du 100 m haies à Paris et championne d’Europe en titre, reste le plus symbolique. « Je fais face à des douleurs physiques », avait-elle expliqué dans un communiqué, confirmant son renoncement aux épreuves britanniques. D’autres cadres de l’athlétisme tricolore sont également absents, comme Yann Schrub, victime d’une blessure au bassin, ou Sarah Madeleine. Cassandre Beaugrand, championne olympique de triathlon, avait quant à elle choisi de se concentrer sur la piste après avoir établi un record de France sur 3 000 m à Monaco en juillet.
Ces désistements s’ajoutent à une saison déjà perturbée par les blessures pour plusieurs sprinteurs, un secteur où la France peine à retrouver sa compétitivité. « Cela n’a échappé à personne que le sprint français ne se porte pas bien en ce moment », a reconnu Jean Galfione, manager du programme Los Angeles 2028 pour l’athlétisme bleu. Dans un communiqué fédéral, il a pointé du doigt les difficultés rencontrées par les athlètes individuels, souvent freinés par des problèmes physiques tout au long de l’année. Une nouvelle stratégie est en cours d’élaboration pour relancer une dynamique sur 100 m et 200 m, deux épreuves où la délégation hexagonale ne comptera cette année qu’une seule représentante sur 200 m : Gemima Joseph.
Une équipe structurée autour des disciplines fortes
Malgré ces écueils, l’équipe de France mise sur ses points forts pour Birmingham. Le demi-fond et le fond sont les premiers concernés, avec des athlètes comme Jimmy Gressier (5 000 m et 10 000 m) ou Rénelle Lamote (800 m), sacrée championne de France à Albi fin juillet. Les lancers, avec Mélina Robert-Michon au disque ou Yann Chaussinand au marteau, ainsi que les sauts — perche, longueur et triple saut — constituent également des atouts majeurs. Les frères Collet (Mathieu et Thibaut) et Marie-Julie Bonnin représenteront la France à la perche, tandis qu’Hilary Kpatcha défendra les couleurs tricolores en longueur.
Côté marathon, la sélection est large avec quatre athlètes : Emmanuel Roudolff-Lévisse, Félix Bour, Hassan Chahdi et Valentin Gondouin. Les marcheurs ne sont pas en reste, avec notamment Aurélien Quinion et Martin Madeline-Degy pour le marathon marche. Les relais 4x400 m, hommes, femmes et mixte, bénéficieront de l’expérience de Samuel Vessat, Muhammad Abdallah Kounta ou encore Isabelle Black.
Des critères de sélection assouplis pour sept athlètes
Parmi les 80 athlètes sélectionnés, sept n’ont pas atteint les minima A ou B exigés par la FFA, ni les critères complémentaires. Il s’agit de Margot Chevrier (perche), Ilionis Guillaume (triple saut), Baptiste Guyon (10 000 m), Augustine Haquet (1 500 m), Stephen Mailagi (poids), Jonathan Seremes (triple saut) et Felise Vahai Sosaia (javelot). « Nous avons pris en compte leur place à la top list européenne, la date de réalisation de leur performance et leur état de forme actuel », a expliqué Jean Galfione. Une décision qui illustre la volonté de donner leur chance aux athlètes en progression constante, tout en maintenant un niveau compétitif.
Les Championnats de France, disputés fin juillet, ont servi de dernier filtre avant la confirmation des sélectionnés. Samuel Vessat a notamment marqué les esprits en battant le record de Leslie Djhone sur 400 m, tandis que Marie-Julie Bonnin s’est qualifiée pour Birmingham à la perche. Ces performances ont contribué à affiner la liste finale, même si certains cadres comme Cyréna Samba-Mayela ou Yann Schrub ont dû céder leur place en raison de contraintes physiques.
Un objectif réaliste mais exigeant
Jean Galfione a tenu à rappeler que l’ambition pour Birmingham ne se limite pas à une simple participation. « L’objectif est que tous les athlètes retenus soient au moins finalistes en individuel », a-t-il insisté. Pour les relais, la barre est encore plus haute : le Top 5 est visé sur les épreuves 4x400 m, une performance qui permettrait à la France de se replacer parmi les nations dominantes en Europe. Deux ans avant les Jeux de Los Angeles, ces Championnats d’Europe serviront de premier test grandeur nature pour les athlètes en lice pour la qualification olympique.
Le calendrier s’annonce dense pour les Tricolores, avec des épreuves réparties sur six jours. La compétition sera diffusée en direct sur France Télévisions, offrant une visibilité maximale à une délégation qui devra compenser ses absences par des performances individuelles de haut niveau.
Les Championnats d’Europe 2026 s’annoncent donc comme une compétition de transition, où la France devra prouver qu’elle peut encore rivaliser avec les meilleures nations, malgré un effectif réduit et des absences notables. L’enjeu ? Montrer que la génération actuelle est capable de performer au plus haut niveau, deux ans avant l’échéance olympique.
Parmi les athlètes français à suivre, on peut citer Jimmy Gressier sur 5 000 m et 10 000 m, Rénelle Lamote sur 800 m, Mélina Robert-Michon au disque, ainsi que les frères Collet et Marie-Julie Bonnin à la perche. Les relais 4x400 m, hommes, femmes et mixte, représenteront également un espoir de médaille.
La réduction du nombre d’athlètes sélectionnés s’explique par plusieurs facteurs, dont des absences de cadres blessés ou en reconversion, comme Cyréna Samba-Mayela ou Yann Schrub. La FFA a également fait le choix de privilégier la qualité à la quantité, en ciblant des athlètes capables de viser les finales ou le Top 5 sur leurs épreuves.