Depuis plusieurs années, la Chine s’impose comme un partenaire économique majeur pour le Bénin, notamment à travers des projets d’envergure touchant le port de Cotonou et les axes routiers du Nord du pays. Selon RFI, cette présence chinoise devrait se renforcer avec l’arrivée au pouvoir du nouveau président béninois Romuald Wadagni, élu en 2021, qui mise sur des partenariats internationaux pour accélérer la modernisation des infrastructures nationales.
Ce qu'il faut retenir
- Le port de Cotonou concentre une part majeure des investissements chinois au Bénin, avec des travaux de modernisation et d’extension en cours ou prévus à court terme.
- Les routes du Nord du Bénin, notamment celles reliant des villes comme Parakou ou Kandi, bénéficient de financements et d’expertise chinoise pour améliorer leur qualité et leur connectivité.
- Le président Romuald Wadagni, ancien ministre de l’Économie et des Finances, entretient des liens étroits avec Pékin et mise sur cette coopération pour dynamiser l’économie béninoise.
- Ces projets s’inscrivent dans une stratégie plus large de développement des corridors logistiques en Afrique de l’Ouest, où la Chine étend son influence via des prêts et des contrats publics.
Un partenariat économique historique entre le Bénin et la Chine
La relation entre le Bénin et la Chine remonte à plusieurs décennies, mais elle a pris une nouvelle dimension ces dernières années avec l’intensification des échanges commerciaux et des investissements directs. D’après RFI, Pékin est devenu l’un des principaux bailleurs de fonds du pays, intervenant aussi bien dans des secteurs clés comme les transports que dans l’agriculture ou l’énergie. Les chantiers chinois au Bénin ne se limitent plus à des réalisations ponctuelles : ils s’inscrivent désormais dans une vision d’intégration régionale, visant à renforcer les liens économiques entre l’Afrique de l’Ouest et l’Asie.
Le port de Cotonou, principal poumon économique du pays, concentre une partie importante de ces investissements. Les autorités béninoises et leurs partenaires chinois ont lancé plusieurs phases de modernisation, incluant l’extension des quais, l’acquisition de nouveaux équipements portuaires et l’amélioration des infrastructures logistiques. Autant dire que ce hub maritime, déjà le plus important de la sous-région, devrait gagner en compétitivité dans les années à venir.
Les routes du Nord, nouveau terrain d’expansion pour les entreprises chinoises
Au-delà du port, c’est l’ensemble du réseau routier béninois qui attire l’attention des investisseurs chinois. Les axes reliant le sud industrialisé au nord agricole, comme la route nationale 2 (RN2) ou la route de l’Unité, font l’objet de travaux de réhabilitation ou de construction. Selon RFI, ces projets répondent à un double objectif : désenclaver des zones rurales productrices de coton et de noix de cajou, tout en facilitant les échanges commerciaux avec les pays voisins comme le Burkina Faso ou le Niger.
Les entreprises chinoises, souvent soutenues par des prêts avantageux de la Banque chinoise de développement, remportent une grande partie des appels d’offres. Ces contrats incluent non seulement la construction, mais aussi la maintenance sur le long terme, une approche qui séduit les autorités béninoises soucieuses de pérenniser les infrastructures. « La qualité des réalisations chinoises est reconnue, et leur rapidité d’exécution est un atout majeur pour notre développement », a indiqué un haut responsable du ministère des Infrastructures, cité par RFI.
Romuald Wadagni, un président tourné vers Pékin
L’élection de Romuald Wadagni à la présidence en avril 2021 a marqué un tournant dans la stratégie économique du Bénin. Ancien ministre des Finances sous le gouvernement de Patrice Talon, Wadagni a toujours prôné une ouverture accrue vers les partenaires asiatiques, la Chine en tête. Son mandat coïncide avec une période où Pékin renforce son engagement en Afrique, notamment via sa stratégie des « Nouvelles routes de la soie », dont le Bénin est un maillon essentiel.
Parmi les projets phares soutenus par son administration, on compte la construction d’un nouveau terminal conteneur au port de Cotonou, ainsi que la rénovation complète de la route reliant Cotonou à Parakou. Ces initiatives s’accompagnent d’accords de coopération technique et de transferts de savoir-faire, avec la formation de centaines d’ingénieurs et techniciens béninois par des experts chinois. « Notre objectif est de faire du Bénin une plateforme logistique incontournable en Afrique de l’Ouest, et la Chine est un allié stratégique pour y parvenir », a souligné Wadagni lors d’une visite d’État à Pékin en 2025, comme le rapporte RFI.
Si la Chine consolide ainsi sa position au Bénin, d’autres acteurs internationaux surveillent de près cette dynamique. L’Union européenne, par exemple, a récemment annoncé un plan d’investissement de 600 millions d’euros pour moderniser les infrastructures portuaires et routières en Afrique de l’Ouest, une initiative qui pourrait, à terme, rééquilibrer les partenariats économiques sur le continent.
Parmi les projets en cours, on compte la modernisation du port de Cotonou avec l’extension de ses quais et l’acquisition de nouveaux équipements, ainsi que la réhabilitation de plusieurs axes routiers majeurs comme la route nationale 2 (RN2) reliant Cotonou à Parakou. D’autres initiatives incluent la construction d’un nouveau terminal conteneur et des investissements dans le secteur énergétique, notamment des centrales solaires.