Une enquête a été ouverte au Kenya concernant les lunettes connectées développées par Meta, la maison mère de Facebook. Selon Libération, des salariés d’un sous-traitant de l’entreprise auraient été confrontés à des enregistrements intrusifs, incluant des scènes de nature intime ainsi que des données bancaires confidentielles d’utilisateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Des salariés d’un sous-traitant de Meta au Kenya ont signalé avoir visionné des scènes de sexe et des informations bancaires privées.
  • Les enregistrements concerneraient les lunettes connectées de Meta, un appareil encore en développement.
  • Une enquête officielle a été ouverte pour faire la lumière sur ces pratiques.
  • Les données sensibles exposées incluent notamment des numéros de comptes bancaires d’utilisateurs.

Des enregistrements jugés intrusifs par des employés locaux

Au Kenya, des employés d’une entreprise sous-traitante pour Meta ont rapporté avoir été confrontés à des contenus sensibles lors de la manipulation de données issues des lunettes connectées. « Des scènes de sexe et des informations confidentielles, comme des numéros de comptes bancaires, ont été enregistrées et visionnées par des salariés », précise Libération. Ces révélations interviennent alors que Meta poursuit le développement de ses lunettes connectées, un projet encore confidentiel mais déjà source de controverses.

Les employés concernés, dont les noms n’ont pas été divulgués, ont exprimé leur inquiétude quant à la gestion de ces données. Selon eux, ces enregistrements n’auraient jamais dû être accessibles à des tiers, encore moins à des sous-traitants. L’affaire soulève des questions sur les protocoles de sécurité et de confidentialité mis en place par Meta pour protéger les informations des utilisateurs.

Une enquête pour comprendre l’origine des fuites

Face à ces signalements, une enquête a été ouverte par les autorités kenyanes afin de déterminer comment de telles données ont pu être enregistrées puis consultées par des employés non autorisés. Les investigations devraient notamment se concentrer sur les mécanismes de collecte et de stockage des images par les lunettes connectées de Meta. « Nous prenons ces allégations très au sérieux et collaborons pleinement avec les autorités locales », a indiqué un porte-parole de Meta, cité par Libération.

Cette affaire survient alors que les lunettes connectées de Meta suscitent déjà des débats sur la vie privée. Le dispositif, qui permet notamment d’enregistrer des vidéos ou des photos en temps réel, pose la question de la protection des données personnelles. En 2024, Meta avait déjà été critiqué pour ses pratiques en matière de collecte de données, notamment via ses applications sociales comme Facebook et Instagram.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de l’enquête devraient permettre de déterminer si ces enregistrements sont le fruit d’un dysfonctionnement technique ou d’un manque de sécurisation des données. Une audition des salariés concernés et une analyse approfondie des serveurs de Meta sont attendues dans les prochaines semaines. Si des manquements sont avérés, cela pourrait entraîner des sanctions à l’encontre de l’entreprise, déjà sous surveillance pour ses pratiques en matière de protection des données.

Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur la régulation des technologies de réalité augmentée, dont les lunettes connectées font partie. Les autorités kenyanes pourraient renforcer les contrôles sur les entreprises étrangères opérant dans le pays, en matière de protection des données personnelles.

Enfin, Meta devra probablement revoir ses protocoles internes pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent. La société, déjà en première ligne sur les questions de vie privée, pourrait être contrainte d’adopter des mesures plus strictes pour rassurer ses utilisateurs et les régulateurs.

Les lunettes connectées de Meta, encore en développement, permettent notamment d’enregistrer des vidéos et des photos en temps réel, d’afficher des notifications et de naviguer sur internet. Elles s’intègrent à l’écosystème Meta, incluant Facebook, Instagram et le metaverse.

En cas de manquement avéré, Meta pourrait faire l’objet de sanctions financières ou juridiques, notamment en vertu des lois kenyanes et européennes sur la protection des données. Une condamnation pourrait également nuire à sa réputation et ralentir le déploiement commercial de ses lunettes connectées.