Au cœur du quartier des Sablons au Mans, dans la Sarthe, Christelle subit depuis plusieurs semaines des inondations répétées. L’origine du problème ? Les eaux usées de l’ensemble de l’immeuble de neuf étages remontent par ses toilettes, transformant son appartement en zone insalubre. Comme le rapporte Ouest France, cette situation, qui s’est aggravée au mois de mai 2026, la pousse à alerter sur l’absence de solutions durables.
Ce qu'il faut retenir
- Christelle vit au Manche, quartier des Sablons, au Mans (Sarthe) dans un immeuble de neuf étages.
- Depuis mai 2026, ses toilettes rejettent des eaux usées en provenance de tout l’immeuble.
- Ces inondations répétées rendent son logement insalubre et ingérable au quotidien.
- Christelle dénonce un sentiment d’abandon face à l’absence de solutions de la part des autorités ou du syndic.
Un logement devenu inhabitable en quelques semaines
L’appartement de Christelle, situé au Manche, dans le quartier des Sablons, n’est plus qu’un espace marqué par la saleté et l’humidité. Les remontées d’eaux usées, qui surviennent plusieurs fois par semaine, obligent la locataire à utiliser des bassines pour tenter de limiter les dégâts. « Je me sens abandonnée », confie-t-elle à Ouest France. Chaque intervention des égouts ou des services techniques ne fait que reporter le problème, sans apporter de solution définitive.
Selon elle, les canalisations de l’immeuble, vétustes et mal entretenues, ne peuvent plus absorber le volume d’eaux usées généré par les 81 logements de la résidence. Les habitants, souvent des familles, subissent des nuisances olfactives et des risques sanitaires croissants. « On dirait que plus personne ne se soucie de nous », ajoute-t-elle, soulignant l’absence de communication claire de la part du syndic ou de la mairie.
Des causes techniques et un manque de coordination
D’après les premiers diagnostics réalisés, le problème viendrait d’un dysfonctionnement du réseau d’assainissement collectif de l’immeuble. Les canalisations, posées il y a plus de trente ans, ne résisteraient plus à la pression des eaux pluviales et usées combinées. Un phénomène aggravé par les pluies récentes de mai 2026, selon les experts consultés par Ouest France.
La résidence, gérée par un syndic privé, n’a pas encore trouvé de solution pérenne. Les tentatives de curage des canalisations n’ont fait que masquer temporairement le problème. « On nous promet des travaux, mais rien ne vient », déplore Christelle. La mairie du Mans, contactée par le quotidien, n’a pas encore communiqué de plan d’action concret, se contentant d’indiquer que « des investigations étaient en cours » sans préciser de calendrier.
Une situation qui interroge la gestion des copropriétés vétustes
Ce cas au Mans illustre les difficultés rencontrées par de nombreux immeubles construits dans les années 1970-1980, aujourd’hui confrontés à l’usure des réseaux d’assainissement. Entre 15 et 20 % des immeubles en France seraient concernés par des problèmes similaires, selon les estimations des professionnels du secteur. Le manque de fonds dédiés aux rénovations et la complexité des décisions en copropriété freinent souvent les solutions.
Pour Christelle, la priorité est claire : « Il faut des travaux urgents, pas des promesses ». Elle a saisi la commission départementale de conciliation en matière de copropriété, une instance qui pourrait contraindre le syndic à agir sous 30 jours, si les preuves de négligence sont établies. En attendant, elle a dû faire appel à une entreprise privée pour pomper les eaux stagnantes, une solution coûteuse et temporaire.
Cette affaire soulève une question plus large : comment garantir un logement décent à des milliers de locataires ou copropriétaires lorsque les infrastructures vieillissent sans que les moyens de les entretenir suivent ?
Christelle a déjà saisi la commission départementale de conciliation en matière de copropriété. Si cette instance confirme la négligence du syndic, celui-ci pourrait être contraint à réaliser les travaux sous 30 jours. Elle peut également engager une action en justice pour obtenir réparation des préjudices subis, notamment sur le plan locatif ou sanitaire.