Comme le rapporte Courrier International, la rentrée scolaire au Panama a débuté par une polémique, avec des allégations de discriminations à l’encontre d’élèves afro-descendants de la part de certains établissements scolaires. Lundi 2 mars, jour de lancement officiel de l’année scolaire, plusieurs organisations représentant la communauté afrodescendante ont alerté le ministère de l’Éducation (Meduca) sur ces actes présumés de discriminations, rapporte La Prensa.
Certaines écoles, notamment dans les provinces de Colón et de Panama, ont reçu des plaintes de parents affirmant que leurs enfants se sont vu refuser l’accès au premier jour de cours « s’ils ne procédaient pas à des modifications » de leurs cheveux – qu’ils soient naturels ou tressés. Certains groupes scolaires auraient également exigé la présentation d’un « certificat afro » afin de pouvoir accéder aux établissements, indique la même source.
Ce qu'il faut retenir
- Des élèves afrodescendants ont été confrontés à des discriminations dans certaines écoles au Panama.
- Ces discriminations incluent le refus d’accès aux écoles si les élèves n’ont pas de cheveux « conformes » ou si ils ne présentent pas un « certificat afro ».
- Le ministère de l’Éducation (Meduca) a été alerté sur ces actes présumés de discriminations.
- La ministre panaméenne de l’Éducation, Lucy Molinar, a démenti l’existence d’une telle exigence à l’entrée des écoles.
- 79,4 % de la population afrodescendante déclarait avoir déjà subi des actes de discrimination au cours de leur vie, selon une étude locale soutenue par les Nations unies en mars 2022.
Contexte et réactions
Ninna Ottey, membre des Filles d’Alkebulan (« Hijas de Alkebulan » en espagnol), une organisation engagée dans la défense des jeunes afropanaméennes, rappelle qu’aucun document de ce type n’existe : « Au Panama, il n’existe aucune démarche officielle ni aucun certificat qui valide ou non l’afrodescendance. On ne peut pas faire l’objet d’une procédure administrative pour un droit humain. »
La ministre panaméenne de l’Éducation, Lucy Molinar, a démenti l’existence d’une telle exigence à l’entrée des écoles, souligne le quotidien Crítica. Cette dernière a toutefois tenu à rappeler l’existence de « règles disciplinaires en vigueur » sur « la longueur des cheveux et le port de l’uniforme scolaire ».
Implications et conséquences
Ces cas de discriminations présumés ne semblent pas être une première dans l’isthme, à en croire une ancienne élève panaméenne interrogée par La Prensa. Sous couvert de l’anonymat, elle affirme que dans son ancienne école, située dans le district de San Miguelito, dans la province de Panama, un certificat similaire avait déjà été demandé, malgré l’inexistence officielle de ce document.
La population afrodescendante représente 32 % de la population panaméenne, selon le recensement national de 2023. Les discriminations envers cette communauté sont un problème persistant, comme le montre l’étude de mars 2022 qui révélait que 79,4 % de la population afrodescendante déclarait avoir déjà subi des actes de discrimination au cours de leur vie.
En conclusion, la situation des élèves afrodescendants au Panama est préoccupante, avec des allégations de discriminations dans certaines écoles. Il est essentiel que les autorités prennent des mesures pour prévenir ces discriminations et garantir l’égalité des chances pour tous les élèves, quels que soient leur origine ou leur apparence.
