Depuis quelques années, les Portugais disposent d’une solution méconnue pour pallier les nuits blanches liées à l’éducation des jeunes enfants : le recours à des infirmières de nuit. Si les nounous de nuit existent dans le pays depuis plusieurs années, ces professionnelles de santé, formées pour gérer les besoins médicaux et émotionnels des bébés, voient leur demande croître régulièrement. Courrier International, qui relaie une enquête publiée par le quotidien Expresso, révèle cette tendance alors que les parents, souvent au bout du rouleau, cherchent des alternatives pour retrouver un sommeil réparateur.
Ce qu'il faut retenir
- Inês Cordeiro, 32 ans, et son mari ont fait appel à une infirmière de nuit après des mois de nuits hachées par les réveils répétés de leurs enfants, âgés de 2 à 5 ans.
- La privation de sommeil a affecté leur équilibre personnel, leur relation de couple et leur patience avec leurs enfants.
- Le psychologue Hugo Santos souligne que le manque de sommeil aggrave l’anxiété et réduit la capacité des parents à fonctionner normalement au quotidien.
- Le recours à une infirmière de nuit coûte entre 20 et 30 euros de l’heure, un investissement que de plus en plus de familles portugaises jugent nécessaire.
- Le quotidien Expresso, l’un des titres les plus lus du Portugal, a publié un reportage sur cette pratique en août 2018, soulignant son essor.
Des nuits blanches aux conséquences multiples
Inês Cordeiro et son conjoint ont traversé une période particulièrement éprouvante après la naissance de leur troisième fils. Si les défis liés à l’allaitement, aux coliques ou à la poussée dentaire leur étaient familiers, le comportement imprévisible de leur enfant du milieu, alors âgé de 2 ans, a tout changé. « On se retrouvait face à l’imprévisibilité d’un bébé qui se réveille plusieurs fois par nuit et à la régression de son frère », confie-t-elle. Les nuits, autrefois longues, sont devenues un enchaînement de réveils, de pleurs et de tentatives pour rendormir les enfants.
Rapidement, les conséquences du manque de sommeil se sont faites sentir. « On ne dormait plus par tranches de plusieurs heures, et la fatigue accumulée a commencé à peser sur notre disponibilité, notre productivité et même nos relations », explique Inês Cordeiro. Le couple a vu son énergie s’effriter, tandis que les tensions au sein du foyer se multipliaient. Les enfants, moins patients, exigeaient davantage d’attention, créant un cercle vicieux difficile à briser. Bref, une situation qui, sans intervention extérieure, aurait pu mener à l’épuisement total des parents.
Le rôle méconnu des infirmières de nuit
Face à ce fléau qu’est le manque de sommeil, certaines familles portugaises se tournent vers des solutions alternatives. Parmi elles, le recours à une infirmière de nuit, une professionnelle capable d’apaiser les bébés et de gérer leurs besoins médicaux. Contrairement aux nounous traditionnelles, ces infirmières sont formées pour intervenir dans des situations complexes, comme les réveils nocturnes prolongés ou les problèmes de santé mineurs.
Selon les informations rapportées par Expresso et reprises par Courrier International, cette pratique reste encore peu répandue, mais son coût – généralement compris entre 20 et 30 euros de l’heure – en limite l’accès à une partie de la population. Pourtant, pour des parents au bout du rouleau, cet investissement peut s’avérer salutaire. « Le sommeil est une nécessité absolue pour les parents », souligne le psychologue Hugo Santos. « Sans un repos de qualité, ils deviennent plus sensibles, plus réactifs et moins patients, ce qui affecte directement leur vie familiale et professionnelle ».
Un phénomène en progression malgré des obstacles financiers
Le recours aux infirmières de nuit n’est pas une solution nouvelle au Portugal, mais son essor récent reflète une prise de conscience collective : le manque de sommeil parental est un problème de santé publique. Les nuits blanches répétées, surtout en présence de plusieurs jeunes enfants, peuvent mener à des situations de crise, où les parents perdent pied. « L’arrivée d’un nouveau-né apporte déjà son lot de défis, mais les nuits blanches compliquent tout », rappelle Hugo Santos. « L’inquiétude et les pensées négatives deviennent plus intrusives, et sans repos, il est impossible de fonctionner normalement ».
Pourtant, malgré ces constats, le recours à une infirmière de nuit reste un luxe pour beaucoup. Les tarifs pratiqués, bien que variables selon les régions, peuvent atteindre 30 euros de l’heure, un budget que toutes les familles ne peuvent se permettre. Certains optent alors pour des solutions moins onéreuses, comme des échanges de services entre parents ou l’aide ponctuelle de proches. D’autres, désespérés, se tournent vers des groupes de soutien en ligne, où ils échangent conseils et encouragements. « On est parfois tellement désespérés qu’on est prêts à tout essayer », confie une mère anonyme dans les colonnes d’Expresso.
Un besoin qui dépasse le cadre familial
Les répercussions du manque de sommeil parental ne se limitent pas au foyer. Les parents épuisés sont moins productifs au travail, plus sujets aux erreurs et aux oublis, et leur santé mentale peut se dégrader. Les employeurs commencent d’ailleurs à prendre conscience de ce problème, certains proposant des aménagements horaires ou des pauses pour les parents en difficulté. « Un parent qui dort mal est un parent moins efficace, et cela a un coût pour la société », estime Hugo Santos.
Dans ce contexte, le recours à une infirmière de nuit pourrait être perçu comme une solution individuelle, mais il s’inscrit en réalité dans une réflexion plus large sur le soutien à la parentalité. Des associations et des professionnels de santé plaident pour une meilleure information des parents sur les ressources disponibles, qu’il s’agisse de groupes de parole, de consultations psychologiques ou de services d’aide à domicile. « Il ne s’agit pas seulement de dormir, mais de retrouver un équilibre », explique un pédiatre cité par Expresso.
La question reste entière : jusqu’où la société est-elle prête à aller pour soutenir les parents épuisés ? Une chose est sûre, le manque de sommeil n’est pas une fatalité, et des solutions existent. À condition que les moyens suivent.
Plusieurs options existent : groupes de soutien en ligne, échanges de services entre parents, consultations avec des pédiatres ou des psychologues, ou encore l’aide ponctuelle de proches. Certaines communes portugaises proposent également des services d’accompagnement à domicile, mais leur accessibilité reste inégale.
Selon les informations rapportées par Expresso et reprises par Courrier International, le tarif horaire varie généralement entre 20 et 30 euros. Certains professionnels proposent des forfaits pour plusieurs nuits, ce qui peut réduire le coût global.