Deux mois après les deux séismes qui ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026, les besoins humanitaires restent colossaux dans les régions les plus touchées, a rappelé RFI. Si la reconstruction physique des infrastructures et l’accès à l’eau potable, à la nourriture et à un abri décent s’avèrent prioritaires, les autorités locales et les ONG soulignent désormais l’urgence des soins psychologiques pour les populations sinistrées.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 24 juin 2026, deux séismes ont frappé le Venezuela, causant d’importants dégâts matériels et humains.
  • Les besoins immédiats concernent l’alimentation, un logement sûr, des vêtements et des soins médicaux.
  • Les besoins psychologiques des sinistrés sont également « immenses », selon les acteurs de terrain.
  • Les zones les plus affectées se situent dans les États de Mérida et de Trujillo.
  • Des équipes pluridisciplinaires (médecins, psychologues, travailleurs sociaux) interviennent pour répondre à l’urgence.

Un bilan humain et matériel toujours en cours d’évaluation

Le double tremblement de terre du 24 juin dernier a frappé le Venezuela avec une magnitude de 6,8 et 6,3 sur l’échelle de Richter, selon l’Institut vénézuélien de géophysique. Les régions de Mérida et Trujillo, situées dans l’ouest du pays, ont été les plus touchées. Les autorités locales ont recensé, à ce stade, 52 morts et plus de 1 200 blessés, dont certains dans un état critique.

Les dégâts matériels sont estimés à plus de 500 millions de dollars par le gouvernement vénézuélien, un montant qui pourrait encore augmenter avec les évaluations en cours. Des milliers de bâtiments, dont des écoles, des hôpitaux et des habitations, ont été endommagés ou détruits, privant des milliers de familles de tout logement décent.

Des besoins immédiats comblés, mais une crise psychologique à long terme

Dans l’immédiat, les secours ont permis de répondre aux besoins vitaux des populations : distribution de nourriture, de kits d’hygiène et de couvertures, ainsi que mise en place de camps de fortune pour les sans-abri. Pourtant, comme le souligne RFI, l’aide psychologique s’avère tout aussi cruciale. «

Les personnes touchées par ces catastrophes vivent un traumatisme profond. Beaucoup ont perdu des proches, leur maison, et se retrouvent dans une situation d’incertitude totale. On parle ici de stress post-traumatique, d’anxiété, de dépression, autant de troubles qui peuvent s’installer durablement si rien n’est fait
», a expliqué une psychologue de Médecins Sans Frontières en poste dans la région.

Les équipes médicales sur place rapportent une hausse des cas de troubles du sommeil, de crises de panique et de repli sur soi parmi les sinistrés, notamment chez les enfants. Les professionnels de santé insistent sur la nécessité d’intervenir rapidement pour éviter une crise sanitaire à long terme.

Des dispositifs d’urgence psychologique en cours de déploiement

Face à l’ampleur des besoins, plusieurs acteurs humanitaires, dont le Croissant-Rouge vénézuélien et des organisations internationales comme la Croix-Rouge, ont commencé à déployer des cellules psychologiques mobiles. Ces équipes, composées de psychiatres, de psychologues et d’assistants sociaux, sillonnent les zones affectées pour proposer des consultations individuelles ou collectives.

Selon un rapport de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), plus de 3 000 personnes ont déjà bénéficié de ces dispositifs depuis le début de l’intervention. Les séances portent notamment sur la gestion du stress, le soutien aux familles endeuillées et l’accompagnement des enfants.

« Les victimes ont besoin de se sentir écoutées et comprises. C’est une étape essentielle pour reconstruire leur vie », a indiqué un responsable de l’OPS en poste au Venezuela.

Et maintenant ?

D’ici la fin du mois d’août, les autorités vénézuéliennes, en collaboration avec les ONG, devraient finaliser un plan de reconstruction à moyen terme. Celui-ci inclurait, selon RFI, la réhabilitation des infrastructures et la mise en place de programmes pérennes de soutien psychologique. Une conférence internationale de donateurs est également prévue pour mobiliser des fonds supplémentaires.

Par ailleurs, les spécialistes estiment qu’il faudra au moins 12 à 18 mois avant que les populations ne retrouvent un équilibre psychologique. Un suivi à long terme des victimes sera donc nécessaire pour prévenir les séquelles durables.

Alors que les premiers secours ont permis d’éviter une crise humanitaire immédiate, la question de la résilience psychologique des sinistrés se pose désormais avec acuité. Comment ces populations, déjà fragilisées par des années de crise économique, parviendront-elles à surmonter ce nouveau traumatisme ? La réponse dépendra en grande partie de l’efficacité des dispositifs mis en place dans les semaines et les mois à venir.

Les victimes bénéficient de consultations individuelles ou collectives menées par des psychologues et psychiatres, dans le cadre de dispositifs mobiles déployés par des ONG comme la Croix-Rouge ou Médecins Sans Frontières. Ces séances portent sur la gestion du stress, le soutien aux familles endeuillées et l’accompagnement des enfants, avec un objectif de prévention des troubles à long terme.