Près de trois ans après l’adoption de la loi « bien vieillir », dont l’un des dispositifs phares était la création d’une conférence nationale dédiée à l’autonomie des personnes âgées, cette instance sera enfin réunie pour la première fois. Comme le rapporte Le Monde, l’événement, porté par la secrétaire d’État chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie, Camille Galliard-Minier, s’inscrit dans une démarche pragmatique pour éviter que cette promesse ne reste lettre morte.
Organisée dans la perspective de la prochaine élection présidentielle, cette conférence vise à rassembler l’ensemble des acteurs du secteur – institutions publiques, associations, professionnels de santé et représentants des seniors – afin de dresser un état des lieux précis des enjeux liés au vieillissement. Selon les informations du quotidien, l’objectif affiché est de « mettre à plat » les défis majeurs, qu’ils soient financiers, organisationnels ou humains, pour élaborer des solutions concrètes et pérennes.
Ce qu'il faut retenir
- Première édition de la conférence nationale de l’autonomie, prévue par la loi « bien vieillir » mais jamais convoquée jusqu’à présent.
- Réunira l’ensemble des acteurs clés du secteur : institutions, associations, soignants et seniors.
- Objectif : éviter que cette instance ne reste « une promesse sans lendemain », selon les termes de Camille Galliard-Minier.
- La rencontre s’inscrit dans un calendrier électoral, avec la présidentielle en ligne de mire pour 2027.
- Les débats devront aborder les questions financières, organisationnelles et humaines du vieillissement.
Une loi adoptée en 2023, mais une mise en œuvre tardive
La loi « bien vieillir » a été promulguée en janvier 2023, avec pour ambition de révolutionner la prise en charge des personnes âgées en France. Parmi ses mesures phares figuraient la création de cette conférence nationale, ainsi que le renforcement des moyens alloués à l’autonomie, notamment via le plan « MaPrimeAdapt’ ». Pourtant, malgré ces engagements, l’instance prévue pour piloter ces réformes n’a jamais été réunie, suscitant des critiques sur le manque de suivi politique.
C’est désormais chose faite avec cette première édition, qui devrait se tenir dans les prochaines semaines. Camille Galliard-Minier a souligné, lors d’un entretien accordé au Monde, que cette conférence devait marquer « un tournant » : « Nous ne pouvons plus nous contenter de rapports ou de promesses. Il est temps d’agir. » Une urgence d’autant plus grande que les projections démographiques prévoient une hausse de 30 % du nombre de seniors de plus de 75 ans d’ici à 2030.
Quels sujets seront au cœur des discussions ?
Les travaux de la conférence s’articuleront autour de plusieurs axes majeurs, identifiés par le gouvernement. Parmi eux, la question du financement des EHPAD, dont les tarifs et la qualité des prestations font régulièrement débat, sera au centre des échanges. Les participants devront également examiner les dispositifs d’aide à domicile, souvent pointés du doigt pour leur manque de moyens humains et matériels.
Autre enjeu crucial : la formation des aidants, dont le nombre – estimé à 1,3 million en France – ne cesse d’augmenter, mais dont les conditions de travail restent précaires. « Nous devons repenser l’accompagnement des seniors, que ce soit à domicile ou en établissement, pour qu’il soit à la fois humain et viable économiquement », a indiqué une source proche du dossier. Enfin, la question de la coordination entre les acteurs – médicosociaux, publics et privés – sera abordée, afin d’éviter les ruptures de parcours pour les personnes âgées.
Une initiative saluée, mais sous conditions
Si la tenue de cette conférence est globalement accueillie avec satisfaction par les associations, celles-ci rappellent que les engagements passés n’ont pas toujours été tenus. « Nous attendons des actes, pas des annonces », a réagi Jean-Pierre Riso, président de l’association Les Petits-Fils, contacté par Le Monde. « La loi de 2023 prévoyait des moyens supplémentaires pour les EHPAD et le maintien à domicile. Où en est-on aujourd’hui ? »
De son côté, Camille Galliard-Minier a promis que cette conférence déboucherait sur des « engagements fermes », notamment en matière de revalorisation des salaires des aidants et de création de places en hébergement. « Nous avons les outils juridiques, il nous faut maintenant la volonté politique », a-t-elle conclu.
Pour suivre l’actualité de cette conférence et ses retombées, news247.fr reviendra prochainement sur les mesures concrètes qui en découleront.
Les objectifs sont multiples : évaluer l’état d’avancement des réformes prévues par la loi « bien vieillir », identifier les blocages persistants, et élaborer un plan d’action pour les deux prochaines années, en vue de la présidentielle de 2027. Parmi les priorités figurent le financement des EHPAD, l’amélioration des conditions de travail des aidants, et la coordination entre les différents acteurs du secteur.