Le judoka français Axel Clerget, figure emblématique de l’équipe mixte championne olympique à Tokyo en 2021, se confie dans un documentaire diffusé ce mardi 2 juin 2026 sur France Info. Intitulé « Le 174e combat », ce film retrace sa carrière, marquée par des performances exceptionnelles et des défis personnels, tout en annonçant officiellement sa retraite sportive. Selon Franceinfo - Sport, l’athlète y évoque ses souvenirs, ses combats les plus marquants et les sacrifices liés à une carrière exigeante.
Ce qu'il faut retenir
- Le documentaire « Le 174e combat », diffusé le 2 juin 2026 sur France Info, retrace la carrière d’Axel Clerget, champion olympique de judo par équipe mixte en 2021 à Tokyo.
- Clerget y évoque son combat décisif contre le Japon, synonyme de médaille d’or, ainsi que les défis physiques et mentaux auxquels il a été confronté.
- Il aborde également les conséquences d’une commotion cérébrale subie avant les Jeux, qui a eu des répercussions durables sur sa santé.
- L’athlète, surnommé « La langouste » par son entraîneur, annonce sa retraite sportive dans ce documentaire.
- Il souligne l’importance de retrouver « l’esprit du jeu » après une carrière professionnelle où la rigueur prime sur la spontanéité.
Un parcours jalonné de succès et de défis
Le documentaire « Le 174e combat » plonge le spectateur dans l’univers d’Axel Clerget, judoka au palmarès impressionnant. Né en 1992, il a intégré l’équipe de France de judo dès ses 18 ans, avant de s’imposer comme l’un des piliers de la sélection masculine. Son surnom, « La langouste », lui a été attribué par son entraîneur pour son style de combat unique et sa combativité hors norme. Selon ses propres mots, ce surnom reflète une partie de son identité, mais aussi la rigueur et la technicité qui ont forgé sa réputation.
C’est en 2021, lors des Jeux olympiques de Tokyo, que Clerget entre dans la légende. Son combat contre le Japon, décisif pour la médaille d’or par équipe mixte, est souvent cité comme l’un des moments forts de sa carrière. « Ce combat représente bien ma carrière, déclare-t-il. Je galère, je vais jusqu’au golden score, je me retrouve avec un bandeau sur le front à cause d’un saignement, et l’ippon n’est pas des plus beaux. Mais il est efficace et il apporte à toute l’équipe. » Une victoire qui, selon lui, illustre parfaitement son approche du judo : pragmatique et tournée vers l’efficacité collective.
Les sacrifices d’une carrière d’athlète de haut niveau
Derrière les médailles et les titres, Axel Clerget évoque les sacrifices consentis pour atteindre l’excellence. Parmi les anecdotes les plus marquantes, celle de la perte de 2,8 kg en une heure avant une pesée, un rituel courant dans le judo pour respecter les catégories de poids. « Ces 2,8 kg, c’est la partie émergée de l’iceberg, précise-t-il. En réalité, cela implique des semaines de restrictions alimentaires et de contraintes physiques intenses. » Une fois la pesée passée, la reprise de poids est immédiate, souvent due à une perte hydrique rapide. « Je me pèse deux heures après et je les reprends instantanément », explique-t-il.
Le judoka, également kinésithérapeute de formation, connaît bien les limites du corps humain. Il souligne l’absurdité de ces méthodes, qui n’apportent aucun bénéfice réel en termes de performance. « Les restrictions, c’est surtout se priver d’une vie sociale, confie-t-il. À la fin, j’arrivais à garder cette vie sociale, mais je devais préparer des boîtes-repas gigantesques pour aller chez des amis. » Une réalité qui, aujourd’hui, lui semble bien loin, maintenant qu’il a raccroché les gants.
Une commotion cérébrale aux conséquences durables
Parmi les révélations les plus frappantes du documentaire figure le récit de la commotion cérébrale que Clerget a subie six mois avant les Jeux de Tokyo. Une chute anodine en bordure de tapis a suffi à le mettre hors combat pendant plusieurs heures. « J’ai pris des chocs beaucoup plus violents à la tête avant, mais là, c’était différent, explique-t-il. Je suis tombé comme un K.O. en boxe, incapable de me relever. » Les symptômes ont été immédiats et sévères : perte de mémoire, difficultés à articuler, irritabilité accrue et anxiété persistante pendant plusieurs mois.
Cette expérience l’a profondément marqué et l’a incité à alerter sur les risques des commotions cérébrales dans le sport de haut niveau. « Je pense qu’il y a beaucoup d’anciens athlètes qui sont dépressifs ou qui présentent des troubles inexpliqués, car on ne comprend pas toujours les causes de leurs symptômes, souligne-t-il. Quand j’en ai parlé, j’ai reçu des centaines de témoignages de familles en détresse, notamment sur les réseaux sociaux. » Un combat qu’il souhaite désormais mener pour sensibiliser les jeunes sportifs et les encadrants.
« Quand j’ai pris la parole sur ce sujet, j’ai eu énormément de témoignages sur les réseaux sociaux, de familles en détresse, des enfants qui étaient mis en hôpital psy parce qu’on ne comprenait pas leurs réactions. Ils avaient juste des symptômes tellement variés qu’on n’arrive pas à les identifier comme une cause de la commotion. »
La retraite sportive et la quête de l’équilibre
À 34 ans, Axel Clerget a choisi de mettre un terme à sa carrière sportive, une décision mûrement réfléchie. Dans le documentaire, il confie garder un plaisir intact pour le judo, qu’il continue à pratiquer en club « pour s’amuser ». « J’ai toujours un plaisir à combattre, ça m’amuse encore, affirme-t-il. Mais il y a un moment où c’est devenu très sérieux, et il a fallu mettre de côté une partie de cet esprit enfantin pour être professionnel. »
Cette transition vers la vie post-compétitive n’est pas toujours simple. Clerget reconnaît que le monde du sport de haut niveau exige une discipline de fer, où chaque détail compte. « Un athlète de haut niveau est très professionnel dans tous les domaines pour ne pas laisser de place au hasard, explique-t-il. Tu es obligé de mettre de côté un peu tes yeux d’enfant. Mais à la fin, il faut retrouver l’esprit du jeu. Ce n’est pas pour rien qu’on appelle ça les Jeux olympiques. » Une réflexion qui résonne comme un appel à retrouver l’essence même du sport : le plaisir de jouer.
Pour les amateurs de judo et les passionnés de sport, ce documentaire constitue une occasion rare de découvrir les coulisses d’une carrière exceptionnelle, entre exploits sportifs et défis personnels. Une chose est sûre : Axel Clerget, par son authenticité et sa franchise, laisse derrière lui une empreinte indélébile dans l’histoire du judo français.
Le surnom « La langouste » lui a été attribué par son entraîneur en raison de son style de combat unique et de sa combativité hors norme. Ce surnom reflète à la fois sa personnalité et sa technique sur le tatami.