L’Azerbaïdjan a rejeté avec la plus grande fermeté, ce vendredi 5 juin 2026, les allégations publiées dans plusieurs médias internationaux selon lesquelles son territoire aurait servi de base à des opérations militaires ou de renseignement israéliennes contre l’Iran. Selon Euronews FR, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a qualifié ces informations de « totalement infondées » et a réaffirmé, à travers son porte-parole Aytan Hajizada, que Bakou n’a « jamais mis son territoire à disposition pour des activités malveillantes visant un pays tiers ».
Ce qu'il faut retenir
- L’Azerbaïdjan dément catégoriquement les allégations d’utilisation de son territoire par Israël contre l’Iran, les qualifiant de « totalement infondées »
- Aytan Hajizada, porte-parole du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères, a réaffirmé que « l’Azerbaïdjan n’a jamais mis son territoire à disposition pour des activités malveillantes »
- Le pays partage une frontière terrestre de 700 kilomètres avec l’Iran, un voisin avec lequel les relations restent tendues depuis plusieurs mois
- Les tensions se sont aggravées en mars 2026 après une frappe de drones iraniens sur l’exclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan, faisant quatre blessés civils
- Aucune preuve indépendante n’a été rendue publique pour étayer les allégations rapportées par des sources anonymes
- Bakou entretient depuis les années 1990 des relations étroites, à la fois économiques et sécuritaires, avec Israël
Un démenti ferme face à des allégations non confirmées
Le porte-parole du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Aytan Hajizada, a vivement réagi aux informations relayées par plusieurs médias internationaux. Ces derniers affirmaient que des militaires et agents des services de renseignement israéliens auraient opéré depuis le territoire azerbaïdjanais pendant le conflit en cours en Iran. « Nous rejetons catégoriquement les affirmations particulières mentionnées dans cet article », a-t-il déclaré à Euronews FR. Selon lui, Bakou n’a « jamais mis son territoire à disposition pour des activités malveillantes visant un pays tiers, y compris l’Iran ».
Interrogé sur la possibilité d’une enquête interne pour vérifier ces allégations, Hajizada a répondu : « Si quelqu’un peut apporter la moindre preuve, nous pourrons aussi l’examiner. » Il a par ailleurs assuré que le territoire azerbaïdjanais « ne pourrait jamais être utilisé et ne sera jamais utilisé contre des tiers, y compris nos pays voisins et nos pays amis ».
Une politique étrangère équilibrée, entre Israël et l’Iran
Dans le même temps, le porte-parole a rappelé la position de son pays en matière de diplomatie régionale. « L’Azerbaïdjan a toujours mené une politique étrangère équilibrée, fondée sur de bonnes relations de voisinage », a-t-il précisé. Il a également souligné que les partenariats avec Israël, solides depuis les années 1990, ne s’opposent pas au maintien de relations avec l’Iran. « Nous avons développé de multiples domaines de coopération avec la partie iranienne, avec la partie israélienne et avec l’ensemble des pays de la région », a-t-il ajouté.
Cette position reflète une volonté de maintenir des équilibres délicats dans une région marquée par des tensions croissantes. L’Azerbaïdjan, qui partage 700 kilomètres de frontière terrestre avec l’Iran, a toujours affirmé ne pas tolérer l’utilisation de son territoire contre des États voisins. Pourtant, les relations entre Bakou et Téhéran restent fragiles, comme en témoignent les récents incidents.
Des tensions récurrentes entre Bakou et Téhéran
Les relations entre l’Azerbaïdjan et l’Iran se sont particulièrement dégradées le 5 mars 2026, lorsque des drones iraniens ont frappé l’exclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan. Ces frappes ont touché le terminal de l’aéroport international de Nakhitchevan ainsi qu’une zone résidentielle près du village de Shakarabad, faisant quatre blessés parmi les civils. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev avait alors qualifié cette attaque d’« acte terroriste » et exigé des excuses ainsi que des comptes de la part de Téhéran.
De son côté, l’Iran a nié toute responsabilité dans ces frappes, affirmant qu’il allait mener une enquête interne. En réponse à l’incident, Bakou avait retiré son personnel diplomatique d’Iran dès le lendemain de l’attaque, avant d’engager une normalisation progressive de ses relations avec Téhéran dans les semaines suivantes. Ces événements illustrent la volatilité des relations entre les deux pays, malgré les dénégations officielles de part et d’autre.
Des allégations sans preuve, un contexte géopolitique complexe
À ce jour, aucune preuve indépendante n’a été rendue publique pour étayer les allégations selon lesquelles l’Azerbaïdjan aurait servi de base à des opérations israéliennes contre l’Iran. Les deux pays concernés, l’Azerbaïdjan et Israël, n’ont pas réagi publiquement aux informations rapportées par des sources anonymes. Euronews FR a sollicité le gouvernement israélien pour qu’il réagisse à ces accusations, sans obtenir de réponse officielle à ce stade.
Ce silence contraste avec l’intensité des débats diplomatiques régionaux. L’Azerbaïdjan, bien que proche d’Israël sur les plans économique et sécuritaire, maintient un discours de neutralité et de non-alignement dans le conflit opposant Téhéran à Tel-Aviv. Pour autant, la simple émergence de ces allégations suffit à alimenter les spéculations sur les alliances implicites et les stratégies d’influence dans la région du Caucase et du Moyen-Orient.
Ces développements surviennent alors que le conflit en Iran entre dans une phase de grande intensité, impliquant plusieurs acteurs régionaux. La stabilité du Caucase, déjà fragilisée par des décennies de tensions ethniques et territoriales, pourrait être mise à l’épreuve si les suspicions d’implication azerbaïdjanaise dans le conflit venaient à persister. Autant dire que la prudence reste de mise pour Bakou, dont la position géopolitique équilibrée est devenue un enjeu majeur dans une région en ébullition.
L’Azerbaïdjan occupe une position géostratégique majeure au carrefour de l’Europe et de l’Asie, partageant une frontière terrestre de 700 kilomètres avec l’Iran. Pays majoritairement chiite comme son voisin, l’Azerbaïdjan entretient des relations complexes avec Téhéran, marquées par des tensions historiques mais aussi par des échanges économiques et sécuritaires. Depuis les années 1990, Bakou a développé des liens étroits avec Israël, notamment dans les domaines énergétique et militaire, ce qui en fait un acteur incontournable dans l’équation régionale.