À seulement 25 ans, Hykeem Jamaal Carter Jr., connu sous le nom de Baby Keem, s'affirme comme l'un des rappeurs les plus prometteurs des États-Unis. Soutenu par son cousin, le légendaire Kendrick Lamar, il vient de publier son deuxième album, « Casino », salué par la critique américaine et qui s'est classé à la quatrième place des ventes d'albums aux États-Unis dès sa sortie en février 2026. Une performance qui confirme son ascension, selon Courrier International.
Ce qu'il faut retenir
- Baby Keem a publié son deuxième album, « Casino », en février 2026, atteignant la 4e place des ventes d'albums aux États-Unis.
- Il est le protégé de son cousin, Kendrick Lamar, avec qui il a collaboré sur le morceau « Family Ties », primé d'un Grammy en 2019.
- L'album « Casino » explore son enfance difficile, marquée par la toxicomanie de sa mère, la pauvreté et la perte de son oncle, figure majeure pour lui.
- Baby Keem a grandi à Las Vegas, avant d'être pris sous l'aile de Kendrick Lamar à Los Angeles.
- Son style, mêlant vulnérabilité et flow mélodique, est souvent comparé à celui de son célèbre cousin.
Un parcours marqué par l'ombre et la lumière de Kendrick Lamar
Dès ses débuts, Baby Keem a bénéficié d'un avantage certain : être le cousin de Kendrick Lamar, l'une des figures les plus respectées du rap américain. Pourtant, le jeune artiste a toujours cherché à se démarquer, comme il l'a confié au New York Times en mars 2026 lors d'un entretien à New York : « Mon but n'a jamais été que de l'impressionner. » Une ambition qu'il semble avoir accomplie, tant ses compositions, souvent introspectives, rappellent l'exigence artistique de son aîné.
Leur collaboration sur le morceau « Family Ties », récompensé par un Grammy en 2019, a été un tournant. Kendrick Lamar y a joué un rôle clé en l'introduisant dans l'industrie, en l'emmenant à Los Angeles et en le mettant en contact avec ses équipes. « Savoir que celui que je considère comme le meilleur artiste de tous les temps est fan de mon travail, c'est ce qui me donne le plus confiance en moi », a-t-il déclaré au New York Times.
« Casino » : un récit brut et intime de l'enfance à Las Vegas
Cinq ans après son premier album, « The Melodic Blue », Baby Keem livre avec « Casino » un travail plus mature, où il explore les fractures de son passé. L'album s'ouvre sur des thèmes personnels et douloureux : la toxicomanie de sa mère, l'emprisonnement de sa grand-mère, la pauvreté et les conflits familiaux qui ont jalonné son enfance à Las Vegas. « Il lui a fallu du temps pour se sentir assez ouvert et compétent pour offrir son propre récit des bas-fonds, de la persévérance et des opportunités extraordinaires sous la forme d'une œuvre percutante », analyse le New York Times.
Parmi les morceaux les plus marquants, « I Am Not a Lyricist » se distingue par son piano mélancolique et des paroles crues : « Trop d'alcooliques dans les parages quand mamie est allée en prison / J'étais sûr qu'on ne me retrouverait pas, j'aurais dû rester avec Gerell ». Ces mots font référence à son oncle, Gerell, rappeur admiré et décédé dans un accident, qui a joué un rôle central dans sa vie. « J'étais perdu. Je savais qu'il fallait que je devienne un homme, d'une certaine manière », confie-t-il.
La rencontre décisive avec Kendrick Lamar aux funérailles de Gerell
La perte de son oncle Gerell, survenue lors de son adolescence, a été un déclic pour Baby Keem. C'est d'ailleurs lors des funérailles que Kendrick Lamar, présent à ses côtés, a décidé de le prendre sous son aile. « J'observais Keem soutenant le poids de notre tristesse, le tout en maintenant la dignité et l'honneur de son oncle. Nous ne sommes que le reflet de nos guides, et Keem a mené la famille vers l'amour, la compassion et la possibilité de faire son deuil », a expliqué Kendrick Lamar au New York Times.
Cette relation, à la fois familiale et professionnelle, a permis à Baby Keem de se forger une identité artistique distincte. Bien que Kendrick Lamar ait contribué au morceau « Good Flirts » sur l'album « Casino », le jeune rappeur a su imposer sa voix, entre mélancolie et vulnérabilité, dans un registre proche de celle de son mentor. Son flow, souvent fluide et chanté, contraste avec la rigueur technique de Kendrick Lamar, mais n'enlève rien à la force de son propos.
Une ascension qui dépasse les débats sur le « nepotism »
Si certains critiques américains n'hésitent pas à moquer les « nepobabies » — ces artistes bénéficiant de relations familiales dans l'industrie — Baby Keem a su transformer cette critique en opportunité. « C'est sûr, on peut trouver ça facile. Mais est-ce que c'est facile quand tu te bats contre l'ombre d'un géant comme Kendrick Lamar ? », interroge le New York Times. Son parcours, marqué par des épreuves personnelles et une quête d'authenticité, a fini par séduire un public bien au-delà des cercles habituels du rap.
Avec une voix qui oscille entre les aigus et les graves, et une écriture qui mêle brutalité et poésie, Baby Keem incarne une nouvelle génération d'artistes capables de concilier héritage familial et ambition personnelle. Son succès, à la fois critique et commercial, prouve que le talent, même émergent dans l'ombre d'un géant, finit par s'imposer par sa singularité.
Reste à voir si Baby Keem parviendra à confirmer cette trajectoire ascendante, ou s'il choisira de s'éloigner progressivement de l'influence de Kendrick Lamar pour affirmer une identité musicale totalement autonome. Une chose est sûre : à 25 ans, il a déjà marqué l'histoire du rap américain par son audace et sa sincérité.
Baby Keem, de son vrai nom Hykeem Jamaal Carter Jr., est un rappeur américain de 25 ans. Il est le cousin de Kendrick Lamar, l'une des figures majeures du rap contemporain. Leur collaboration sur le morceau « Family Ties » a marqué le début de sa carrière, avant de remporter un Grammy en 2019.
L'album « Casino », sorti en février 2026, explore des thèmes personnels comme l'enfance difficile de Baby Keem à Las Vegas, la toxicomanie de sa mère, la pauvreté et la perte de son oncle, Gerell. L'opus a été salué pour sa maturité artistique et s'est classé 4e des ventes d'albums aux États-Unis dès sa sortie.