À compter de la session 2028 du baccalauréat, les élèves préparant une spécialité en langue régionale pourront passer l’épreuve correspondante dans cette langue. Cette mesure, annoncée par le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, s’inscrit dans une volonté de valoriser les parcours bilingues au lycée, selon Le Figaro.

Cette disposition permettra aux lycéens ayant suivi une spécialité en langue régionale pendant les deux années de première et de terminale de présenter cette épreuve dans la langue concernée. Le sujet restera identique, « simplement traduit », a précisé Édouard Geffray dans une interview accordée à Ouest France et publiée dimanche.

Ce qu'il faut retenir

  • À partir du bac 2028, une épreuve de spécialité en langue régionale pourra être passée dans cette langue.
  • Cette mesure s’appliquera aux élèves ayant suivi l’intégralité du cycle en première et terminale dans une langue vivante régionale.
  • Une seule spécialité pourra être présentée dans cette langue, l’autre devant obligatoirement être en français.
  • Le grand oral, lié aux spécialités, pourra également inclure une partie dans la langue régionale pour la spécialité concernée.
  • Les textes réglementaires seront publiés « au cours de l’été 2026 » pour une mise en œuvre dès la rentrée scolaire 2026.

Une reconnaissance officielle des parcours bilingues

Jusqu’à présent, même si un élève suivait une spécialité entière en langue régionale, il ne pouvait passer l’épreuve qu’en français, à l’exception des langues régionales elles-mêmes enseignées comme spécialités. Cette nouvelle règle s’inspire du fonctionnement de l’enseignement supérieur, où un étudiant passant un cours en anglais peut présenter ses partiels dans cette langue pour le module correspondant.

« Le baccalauréat étant le premier diplôme de l’enseignement supérieur, la même logique doit lui être appliquée », a souligné Édouard Geffray. Cette mesure vise ainsi à aligner le lycée sur les pratiques universitaires, tout en renforçant la visibilité des parcours bilingues.

Le ministre a également rappelé que cette évolution « ne menace ni ne fragilise en rien le français ». Les élèves concernés continueront en effet à passer l’essentiel de leurs épreuves en français, au sein d’un parcours scolaire bilingue désormais pleinement reconnu par l’institution.

Des modalités précises pour encadrer l’épreuve

Concrètement, un élève pourra par exemple présenter l’épreuve de mathématiques en breton, tout en gardant la physique-chimie en français. Pour le grand oral, qui s’appuie sur les deux spécialités, la partie liée à la discipline suivie en langue régionale pourra également se dérouler dans cette langue. En revanche, cette possibilité ne concernera qu’une seule spécialité, l’autre devant obligatoirement être préparée et présentée en français.

Cette mesure ne s’appliquera donc pas aux langues régionales elles-mêmes lorsqu’elles sont choisies comme spécialités. Dans ce cas, les épreuves restent déjà possibles dans la langue concernée. Pour les autres langues régionales, cette innovation marque une avancée significative.

Édouard Geffray a également évoqué la possibilité d’étendre ces modalités à certaines langues vivantes étrangères à l’avenir, sans préciser de calendrier pour cette extension.

Et maintenant ?

Les textes réglementaires précisant les modalités de cette mesure devraient être publiés « au cours de l’été 2026 ». Cela permettra aux élèves entrant en première à la rentrée 2026 de préparer leur cycle terminal dans ce nouveau cadre, avec une première épreuve en langue régionale prévue lors de la session 2028 du baccalauréat. Reste à voir comment cette disposition sera accueillie par les établissements et les familles, ainsi que son impact sur les inscriptions dans les sections bilingues.

Cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large de promotion des langues régionales en France. Selon les données de l’Insee, près de 13 % des Français déclarent parler régulièrement une langue régionale, bien que leur usage soit inégal selon les territoires. Leur enseignement à l’école, encadré par la loi Deixonne de 1951, reste un enjeu à la fois culturel, identitaire et pédagogique.

En valorisant ces parcours, le ministère souhaite non seulement reconnaître leur légitimité, mais aussi encourager leur développement, dans une logique de diversité linguistique et de transmission patrimoniale. Autant dire que cette mesure pourrait, à terme, influencer les choix de spécialités des lycéens et les politiques éducatives locales.

« Le baccalauréat étant le premier diplôme de l’enseignement supérieur, la même logique doit lui être appliquée. »
— Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale

Cette mesure s’applique aux langues vivantes régionales enseignées en France, telles que le breton, l’occitan, le basque, l’alsacien, le catalan, le corse ou encore le flamand occidental. Aucune liste exhaustive n’a été publiée à ce stade, mais le ministère pourrait préciser les langues éligibles lors de la publication des textes réglementaires.

Non, cette mesure reste facultative. Les élèves pourront choisir de présenter leur spécialité en langue régionale s’ils l’ont suivie pendant les deux années du cycle terminal. Ceux qui préfèrent passer l’épreuve en français pourront le faire sans contrainte.