Dès cette année, les élèves de première scolarisés dans les établissements immersifs en langue basque pourraient passer l’épreuve de mathématiques dans cette langue régionale. Pourtant, selon Le Monde - Éducation, cette possibilité est contestée par le ministre de l’Éducation nationale, qui affirme le contraire dans un entretien accordé au journal Sud Ouest.
La situation crée une confusion autour de l’organisation des épreuves anticipées du baccalauréat pour les filières bilingues. La Fédération des écoles immersives en langue basque a en effet annoncé avoir obtenu l’autorisation d’organiser cette épreuve en basque pour les élèves de première, comme l’indique un communiqué publié ce 29 mai 2026. Pourtant, cette décision ne semble pas faire l’unanimité au plus haut niveau de l’État. Le ministre de l’Éducation nationale, interrogé par Sud Ouest, a clairement affirmé que l’épreuve de mathématiques devait obligatoirement être passée en français, conformément aux règles nationales en vigueur.
Ce qu'il faut retenir
- La Fédération des écoles immersives en langue basque affirme avoir obtenu l’autorisation pour ses élèves de première de passer l’épreuve de mathématiques en basque dès cette année.
- Le ministre de l’Éducation nationale conteste cette information et maintient que l’épreuve doit se dérouler en français.
- Cette divergence crée une incertitude pour les quelque 5 000 élèves scolarisés en filière immersive en basque en France, principalement dans le Pays basque.
- Les épreuves anticipées du baccalauréat pour les élèves de première sont concernées par cette polémique.
Une autorisation contestée par l’État
Dans un entretien publié le 29 mai 2026, Le Monde - Éducation rapporte que la Fédération des écoles immersives en langue basque s’appuie sur une décision administrative locale pour justifier sa position. « Nous avons reçu une validation de l’inspection académique pour organiser cette épreuve en basque », a déclaré le président de la Fédération, Xabier Larralde, soulignant que cette pratique s’inscrit dans le cadre des dispositifs d’immersion linguistique reconnus par l’État depuis plusieurs années.
Cependant, cette interprétation des textes n’est pas partagée par le gouvernement. Le ministre de l’Éducation nationale a rappelé, dans les colonnes de Sud Ouest, que les épreuves du baccalauréat doivent respecter un cadre national unique. « Les mathématiques sont une matière fondamentale dont l’évaluation doit être standardisée pour garantir l’égalité entre tous les candidats », a-t-il précisé, sans évoquer de dérogation possible pour les langues régionales.
Un enjeu pédagogique et identitaire pour le Pays basque
Pour les familles et les enseignants des établissements immersifs, cette épreuve en basque représente bien plus qu’une simple question administrative. Elle incarne la reconnaissance de la langue basque dans le système éducatif, comme l’explique Le Monde - Éducation. Dans le Pays basque, où le bilinguisme est profondément ancré, les filières immersives attirent chaque année davantage d’élèves. Selon les dernières statistiques disponibles, près de 12 % des élèves du secondaire y sont scolarisés en filière bilingue, un chiffre en constante augmentation depuis une décennie.
« Passer une épreuve de mathématiques en basque, c’est aussi valider l’ensemble du parcours linguistique de l’élève », argue Lurdes Otaegi, directrice d’un établissement à Bayonne. Pour elle, l’obligation de repasser l’épreuve en français reviendrait à nier les efforts consentis par les élèves et les enseignants pour maîtriser la langue régionale à un niveau académique.
Reste à savoir si cette question trouvera une résolution avant les examens, ou si elle alimentera un nouveau débat sur la place des langues régionales dans l’Éducation nationale.