Selon France 24, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Naples, la cité antique de Baia fascine encore les archéologues et les historiens. Autrefois station balnéaire la plus prestigieuse de l’Empire romain, cette perle de l’Antiquité a progressivement été engloutie par les eaux. Aujourd’hui, ses vestiges continuent de livrer leurs secrets grâce aux avancées technologiques et à un programme de recherche inédit mené par les universités de Naples et de Salerne, en collaboration avec plusieurs entreprises privées.

Ce qu'il faut retenir

  • Baia était l’une des stations balnéaires les plus en vue de l’Empire romain, attirant l’élite de l’époque.
  • La cité a été progressivement recouverte par la mer, mais ses vestiges restent bien conservés sous l’eau.
  • Un programme de recherche associe les universités de Naples et de Salerne ainsi que des entreprises privées pour étudier et préserver ce site exceptionnel.
  • Les nouvelles technologies permettent de mieux comprendre et documenter ce patrimoine unique.
  • Les résultats pourraient offrir de nouvelles perspectives sur la vie quotidienne et l’architecture de la Rome antique.

Une perle de l’Antiquité aujourd’hui sous les eaux

Baia, située dans la baie de Naples, était au temps des Romains un lieu de villégiature prisé par les empereurs et les patriciens. Son climat doux et ses paysages idylliques en faisaient une destination de choix, comme en témoignent les vestiges de villas luxueuses et de thermes somptueux aujourd’hui immergés. Autant dire que cette cité représentait le summum du raffinement dans l’Antiquité romaine, à l’image des stations balnéaires contemporaines.

Progressivement, entre le IIe et le IVe siècle de notre ère, une combinaison de phénomènes naturels — affaissement du sol et montée du niveau de la mer — a entraîné son engloutissement. Pourtant, malgré des siècles passés sous les flots, une partie de la cité reste en bon état de conservation, protégée par les eaux. C’est cette particularité qui en fait un objet d’étude privilégié pour les archéologues.

Un projet scientifique pour percer les mystères de Baia

Pour exploiter pleinement le potentiel de ce site exceptionnel, les universités de Naples et de Salerne, en partenariat avec des entreprises spécialisées, ont lancé un programme de recherche ambitieux. Celui-ci repose notamment sur le déploiement de technologies de pointe, comme la photogrammétrie sous-marine, les drones équipés de capteurs haute résolution et les systèmes de cartographie 3D. Ces outils permettent de documenter avec une précision inédite les vestiges encore en place.

« Les nouvelles technologies nous offrent une opportunité unique de reconstituer virtuellement Baia et d’étudier ses structures sans perturber son environnement fragile », a expliqué le professeur Marco Romano, archéologue à l’université de Naples et coordinateur du projet. L’objectif est double : préserver ce patrimoine et enrichir les connaissances sur la société romaine de l’époque impériale.

Des découvertes qui éclairent la vie quotidienne à Rome

Parmi les premières avancées du projet, les chercheurs ont mis au jour des éléments architecturaux inédits, comme des mosaïques intactes et des fresques murales représentant des scènes mythologiques. Ces découvertes apportent un éclairage nouveau sur l’art et les techniques de construction romaines. Autre révélation majeure : la découverte d’un complexe thermal encore partiellement enfoui, dont la structure semble confirmer les descriptions des auteurs antiques.

Les analyses préliminaires suggèrent que Baia était bien plus qu’un simple lieu de villégiature. Le site abritait en effet des activités économiques et religieuses importantes, comme en témoignent les objets retrouvés lors des premières explorations. « On savait que Baia était un centre culturel majeur, mais ces nouvelles données précisent son rôle exact dans la société romaine », a précisé la docteure Elena Vitiello, historienne à l’université de Salerne.

Et maintenant ?

Les travaux sur le terrain doivent se poursuivre jusqu’à la fin de l’année 2026, avec une phase d’analyse des données recueillies prévue pour le premier trimestre 2027. Les résultats seront ensuite publiés dans des revues scientifiques spécialisées et devraient alimenter les débats sur la conservation des sites archéologiques sous-marins. Une exposition itinérante pourrait également être organisée en 2028 pour présenter ces découvertes au grand public, comme l’envisagent déjà les responsables du projet.

Parallèlement, les autorités locales réfléchissent à la mise en place d’un musée dédié à Baia, qui permettrait de valoriser ce patrimoine tout en le protégeant des pillages. Reste à voir si les financements nécessaires seront mobilisés à temps pour concrétiser ce projet.

Baia, dont les eaux ont englouti les fastes romains, livre aujourd’hui ses secrets au rythme des avancées technologiques. Si ce site continue de fasciner, il rappelle aussi l’urgence de préserver les vestiges du passé avant que le temps et la mer ne les emportent définitivement.