Alors que les vagues de chaleur à répétition poussent toujours plus d’urbains à chercher un peu de fraîcheur dans les plans d’eau naturels, une étude britannique vient semer le doute sur les bienfaits supposés de ces baignades. Menée par l’université d’East Anglia et publiée le 27 août 2026, cette recherche met en lumière une augmentation mesurable des troubles de santé après une immersion dans des lacs ou rivières contaminés. Selon nos confrères du Courrier International, qui se fait l’écho de ces travaux relayés par The Guardian, les risques de troubles gastro-intestinaux et dermatologiques seraient significativement plus élevés chez les nageurs que chez ceux qui restent sur la berge.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude de l’université d’East Anglia révèle que 2,1 % des nageurs en eau douce développent des troubles gastro-intestinaux (diarrhée, vomissements, fièvre) contre 1,9 % des non-nageurs.
  • Les problèmes dermatologiques touchent 2,7 % des baigneurs contre 1,3 % des personnes restées sur la rive, sans que la cause exacte ne soit clairement identifiée.
  • Les chercheurs ont établi un lien direct entre la concentration de bactéries comme E. coli et l’augmentation des risques de troubles digestifs.
  • À Paris, la qualité bactériologique des eaux de baignade fait déjà partie des critères d’ouverture ou de fermeture des sites.
  • Les algues et les larves de parasites aviaires pourraient expliquer une partie des irritations cutanées observées.

Des chiffres qui interrogent

Pour parvenir à ces conclusions, l’équipe de chercheurs s’est rendue en Hongrie où elle a suivi 2 368 participants, répartis en deux groupes. Le premier, composé de nageurs, a passé dix minutes dans deux rivières et deux lacs en s’immergeant au moins trois fois. Le second groupe est resté sur la rive. Les résultats sont sans appel : 2,1 % des baigneurs ont rapporté des troubles digestifs — diarrhées, vomissements, nausées parfois accompagnées de fièvre — contre 1,9 % des sédentaires. Côté dermatologie, 2,7 % des nageurs ont signalé des problèmes (rougeurs, ulcères, démangeaisons) contre 1,3 % des autres.

La contamination fécale, principal suspect

Les échantillons d’eau prélevés sur les sites de baignade ont révélé des concentrations variables de bactéries et virus indicateurs de pollution fécale, comme E. coli ou des entérocoques intestinaux. « Le risque de développer des troubles gastro-intestinaux augmente sensiblement dans les eaux présentant des concentrations plus élevées de E. coli ou autres bactéries liées à des contaminations fécales », a souligné un des auteurs de l’étude, cité par The Guardian. À Paris, où les berges de la Seine et du canal Saint-Martin sont de plus en plus fréquentées en été, la présence de ces indicateurs microbiologiques est déjà prise en compte pour autoriser ou interdire les zones de baignade.

« Le risque de développer des troubles gastro-intestinaux augmente sensiblement dans les eaux présentant des concentrations plus élevées de E. coli ou autres bactéries liées à des contaminations fécales. »

Paul Hunter, chercheur à l’université d’East Anglia, d’après The Guardian

Des dermatoses aux causes encore floues

Si les troubles digestifs trouvent une explication microbiologique claire, les problèmes de peau restent plus mystérieux. Paul Hunter a reconnu devant la presse britannique : « On ne sait pas ce qui les cause ». Deux pistes sont évoquées : la dermatite cercarienne, une réaction inflammatoire due à des larves de parasites aviaires pénétrant la peau, et les algues présentes dans certains lacs ou rivières, capables d’irriter l’épiderme. Ces phénomènes, bien que moins documentés, pourraient expliquer pourquoi certains baigneurs développent des réactions cutanées sans lien apparent avec la pollution fécale.

Cette incertitude renforce l’idée que les eaux douces, même agréables en apparence, ne sont pas toujours des milieux sains pour la baignade. En Hongrie comme ailleurs en Europe, où les canicules poussent à l’ouverture de nouveaux spots, cette étude rappelle que l’eau douce n’est pas un milieu stérile.

Paris et d’autres villes européennes ouvrent leurs eaux, sous surveillance

La capitale française illustre cette tendance. Depuis plusieurs années, la mairie de Paris multiplie les zones de baignade autorisées dans la Seine et le canal Saint-Martin, malgré des épisodes de pollution ponctuels. Les critères de qualité de l’eau, notamment la concentration en E. coli, y jouent un rôle central. Comme le rapportent nos confrères de Courrier International en juin 2026, la gestion des baignades sauvages — un phénomène impensable en Suisse voisine — reste un défi pour les autorités parisiennes. Pendant ce temps, d’autres villes européennes emboîtent le pas : Rome prévoit par exemple d’ouvrir la baignade dans le Tibre d’ici cinq ans, suivant l’exemple parisien.

Cette ouverture progressive des plans d’eau urbains répond à une demande sociale forte, notamment lors des épisodes caniculaires. Pourtant, l’étude britannique rappelle que le plaisir de la baignade peut parfois se payer cash : « Les risques sont réels, même si leur probabilité reste faible », a tempéré un chercheur lors d’une conférence de presse.

Et maintenant ?

Cette publication devrait relancer le débat sur la qualité des eaux douces en Europe. Les autorités locales pourraient être amenées à renforcer les contrôles microbiologiques avant d’autoriser de nouvelles zones de baignade. À Paris, la prochaine saison estivale — si les températures le permettent — sera l’occasion de mesurer l’impact de ces recommandations. D’ici 2027, de nouvelles données pourraient émerger, notamment si d’autres études confirment ces résultats ou, au contraire, les nuancent. En attendant, les baigneurs soucieux de leur santé devront peut-être revoir leurs habitudes.

L’étude de l’université d’East Anglia ne remet pas en cause le bienfait du contact avec l’eau pour se rafraîchir, mais elle invite à la prudence. Comme le souligne Paul Hunter : « Même si le risque absolu reste faible, il est préférable de se baigner dans des eaux régulièrement contrôlées ». Une recommandation qui pourrait inspirer les gestionnaires de sites naturels comme les municipalités.

L’étude met en avant deux types de risques principaux : d’abord, des troubles gastro-intestinaux (diarrhée, vomissements, nausées) touchant 2,1 % des nageurs, contre 1,9 % des non-nageurs. Ensuite, des problèmes dermatologiques (rougeurs, ulcères, démangeaisons) observés chez 2,7 % des baigneurs, contre 1,3 % des personnes restées sur la berge.

Les chercheurs ont identifié une corrélation entre la concentration de bactéries comme E. coli et l’augmentation des risques de troubles digestifs. Les eaux contaminées par des rejets fécaux humains ou animaux sont donc particulièrement concernées, même si des irritations cutanées peuvent aussi survenir en l’absence de pollution fécale avérée.