Le gouvernement français vient de réduire de 65% la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) pour 26 liaisons intérieures soumises à une obligation de service public. Cette mesure, effective depuis ce lundi 1er juin 2026, s’inscrit dans un contexte de hausse des prix du transport aérien et de flambée du kérosène. Selon BFM Business, la taxe passe ainsi de 7,40 euros à 2,63 euros par billet.
Ce qu'il faut retenir
- 26 liaisons aériennes concernées en France métropolitaine et vers la Corse, dont des villes comme Aurillac, Brive, Le Puy ou Rodez
- Réduction de la TSBA de 65%, passant de 7,40 € à 2,63 € par billet
- Les liaisons vers l’Outre-mer ne bénéficient pas de cette baisse, malgré leur dépendance au transport aérien
- Cette décision intervient après le triplement de la taxe en 2024, critiqué par le secteur aérien
- L’Union des aéroports français estime que la hausse initiale de la taxe avait entraîné la suppression de milliers de vols en 2025
Une mesure ciblée pour soutenir l’aménagement du territoire
La baisse de la TSBA s’applique aux liaisons dites d’obligation de service public, qui jouent un rôle clé dans l’aménagement du territoire et le désenclavement de zones mal desservies. Ces lignes, souvent les seules offrant un transport rapide et efficace, relient notamment des villes comme Aurillac, Brive, Le Puy, Rodez ou encore la Corse à la France métropolitaine. Selon un communiqué du ministère des Transports, ces liaisons sont « essentielles pour maintenir une offre de transport adaptée aux besoins des populations et des acteurs économiques locaux ».
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a souligné que cette réduction partielle de la taxe visait à « soutenir la connectivité des territoires les moins bien desservis et à alléger le coût du transport aérien » depuis et vers ces destinations. « Cette avancée partielle constitue une reconnaissance du rôle joué par les compagnies aériennes dans la desserte des territoires les moins bien connectés », a-t-il ajouté, cité par BFM Business.
Le secteur aérien salue une mesure attendue, mais insuffisante
Le Scara, syndicat représentant 50% des compagnies aériennes françaises, s’est félicité de cette décision. « En rendant ces liaisons plus accessibles financièrement, cette mesure traduit la volonté du gouvernement de soutenir la connectivité des territoires les moins bien desservis », a commenté son représentant. Cependant, le syndicat a rappelé que cette baisse ne concernait pas l’Outre-mer, où le transport aérien reste indispensable.
Le gouvernement a précisé qu’il travaillait activement à une solution pour les territoires ultramarins. « Nous restons pleinement mobilisés pour que les territoires d’Outre-Mer puissent eux aussi bénéficier d’un taux réduit de TSBA, compte tenu du caractère indispensable du transport aérien pour ces territoires. Nous poursuivons donc activement le travail engagé afin de trouver une solution juridique solide et adaptée », a indiqué Philippe Tabarot.
Contexte : une fiscalité aérienne sous tension
Cette décision intervient dans un contexte où le secteur aérien subit de plein fouet la hausse des coûts, notamment celle du kérosène, mais aussi les conséquences du triplement de la TSBA en 2024. Selon l’Union des aéroports français, cette augmentation avait poussé plusieurs compagnies à supprimer des milliers de vols de leurs programmes en 2025. Résultat : plus de 1,3 million de passagers auraient été affectés par ces annulations, selon les estimations de l’organisation.
Bref, cette mesure de réduction partielle de la taxe s’inscrit comme une réponse aux critiques du secteur, tout en tentant de concilier équilibre budgétaire et soutien à l’aménagement du territoire. Elle illustre aussi les tensions persistantes autour de la fiscalité du transport aérien, un sujet régulièrement débattu en Europe.
Reste à voir si cette mesure suffira à compenser les effets négatifs du triplement de la taxe en 2024, ou si d’autres ajustements seront nécessaires pour préserver l’équilibre du secteur.
Selon BFM Business, la baisse de la TSBA s’applique aux liaisons intérieures en France métropolitaine, comme celles d’Aurillac, Brive, Le Puy, Rodez, ainsi qu’aux liaisons entre la France métropolitaine et la Corse. Sont également concernées les liaisons entre Strasbourg et plusieurs métropoles européennes, ainsi que la liaison Brest-Ouessant.
Le gouvernement a indiqué qu’il travaillait à une solution pour l’Outre-mer, mais que celle-ci nécessitait une validation juridique au regard des règles européennes. Philippe Tabarot a précisé que le ministère des Transports restait « pleinement mobilisé » pour trouver une issue adaptée, sans préciser de calendrier.