Alors que le Parti socialiste subit une nouvelle série de revers électoraux, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, membre de La France Insoumise (LFI), a livré une analyse sans concession sur la situation de la gauche. Selon Franceinfo - Politique, il estime que « les socialistes se sont maltraités eux-mêmes » en pointant du doigt leurs divisions internes et leur incapacité à proposer une alternative crédible face à la majorité présidentielle.
Ce qu'il faut retenir
- Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, critique vivement la stratégie du Parti socialiste après ses échecs électoraux récents.
- Il affirme que « les socialistes se sont maltraités eux-mêmes » en raison de leurs divisions internes.
- Ses déclarations interviennent dans un contexte de perte d’influence du PS face à Renaissance et à la NUPES.
Un diagnostic sévère sur la gauche française
Bally Bagayoko, élu depuis 2020 sous l’étiquette LFI, a choisi de s’exprimer sans détour sur la situation du Parti socialiste. D’après ses propos rapportés par Franceinfo - Politique, le maire de Saint-Denis considère que les socialistes portent une part de responsabilité dans leur déclin. « Ils ont préféré se déchirer plutôt que de construire une alliance solide », a-t-il souligné, en référence aux tensions persistantes entre l’aile gauche du PS et sa direction plus modérée.
Ce diagnostic intervient alors que le PS, autrefois premier parti d’opposition, peine à se positionner face aux réformes du gouvernement. Les dernières consultations électorales, comme les européennes de 2024 ou les départementales de 2025, ont confirmé une érosion de son électorat traditionnel. Bagayoko, dont la commune est un bastion historique de la gauche, y voit la preuve d’une « stratégie erratique ».
LFI et PS : des divergences qui affaiblissent la NUPES
Les tensions entre LFI et le Parti socialiste ne sont pas nouvelles. Depuis la création de la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) en 2022, les désaccords sur le programme et les alliances locales ont souvent miné la cohésion du front commun contre la majorité présidentielle. Bally Bagayoko n’hésite pas à pointer du doigt ces divisions : « On a passé plus de temps à se combattre qu’à construire une alternative », a-t-il déclaré, suggérant que cette rivalité a contribué à l’affaiblissement global de la gauche.
Pourtant, des figures socialistes, comme Olivier Faure, ont tenté de recentrer le parti sur des thèmes comme le pouvoir d’achat ou la justice sociale. Mais ces efforts n’ont pas suffi à inverser la tendance. Certains observateurs, comme le politologue Jean-Luc Richard, estiment que le PS a du mal à incarner une opposition unie, faute d’un leader capable de fédérer au-delà des clivages internes.
Quelles perspectives pour la gauche après ces déclarations ?
Les propos de Bally Bagayoko surviennent à un moment charnière pour la gauche. Avec les élections législatives anticipées prévues en 2027, le PS et ses alliés devront clarifier leur positionnement. Le maire de Saint-Denis, bien que critique envers le PS, ne propose pas pour autant de rapprochement avec Renaissance. « Il faut une gauche radicale, mais unie », a-t-il insisté, sans préciser comment y parvenir.
Pour l’instant, aucune réponse officielle du Parti socialiste n’a été apportée à ces critiques. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a simplement rappelé que son parti restait « le seul à porter une alternative crédible » face à l’exécutif. Reste à voir si cette stratégie suffira à convaincre un électorat de plus en plus désabusé.
Reste une question ouverte : dans un paysage politique aussi fragmenté, la gauche peut-elle encore espérer peser sur les décisions nationales, ou doit-elle se résoudre à une opposition symbolique ?
Lors des élections européennes de 2024, le PS a obtenu 13,5 % des voix, loin derrière Renaissance (31,5 %). Aux départementales de 2025, il a perdu plusieurs fiefs historiques, comme en Île-de-France ou dans le Nord. Ces résultats confirment un recul constant depuis 2017, où le parti avait encore frôlé les 23 %.