Une marche à la lueur des flambeaux

Imaginez la scène : des centaines de femmes défilant dans les rues obscures de Dacca, flambeaux à la main, voix unies dans la nuit. Dimanche soir, c'était bien plus qu'une manifestation. Une déclaration.

Pourquoi maintenant ? À deux jours des législatives du 12 février 2026, ces femmes ont choisi de briser le silence. Le Bangladesh vote pour la première fois depuis la chute de Sheikh Hasina en août 2024. Autant dire que l'enjeu est énorme.

Leur message ? Simple et puissant : « Assez des violences, assez de l'invisibilité politique. » (On pourrait se demander si ce cri du cœur ne résonne pas bien au-delà des frontières bangladaises...)

Des slogans qui résonnent comme des coups de poing

« Quel que soit le régime, la répression contre les femmes continue », lance Ahsan Chowdhury, 31 ans, avocate et manifestante. Le constat est brutal. Et les chiffres le confirment : seulement 2% des candidats aux législatives sont des femmes. Résultat des courses ? Une représentation politique quasi inexistante.

Les manifestantes ont marché pendant des heures, scandant des slogans devant le Parlement. Certaines chantaient. D'autres brandissaient des pancartes. Toutes exigeaient la même chose : être entendues.

« À certains endroits, il n'y a aucune femme, que des hommes », ajoute Ahsan. Difficile de dire avec certitude si cette nuit marquera un tournant. Mais une chose est sûre : ces femmes ont osé briser le silence.

Des promesses non tenues

Porte-parole de l'ONG Shekol Vangar Podojatra, Prapti Taposhi n'y va pas par quatre chemins : « On n'a vu aucune action concrète de la part du gouvernement provisoire. » Depuis le départ de Sheikh Hasina, c'est Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, qui dirige le pays.

Le problème ? Les discours misogynes persistent. « Des réunions organisées par des religieux ou des partis promeuvent des idées qui perpétuent la misogynie », dénonce Prapti. Et le gouvernement ? Il semble impuissant.

Sabhanaz Rashid Diya, 38 ans, directrice du centre de réflexion Tech Global Institute, est encore plus directe : « Les femmes sont lentement effacées de la sphère publique. » Un constat qui fait froid dans le dos.

Et maintenant ?

Les législatives approchent. Les promesses aussi. Mais les femmes bangladaises ont décidé de ne plus attendre. Cette nuit à Dacca, elles ont montré qu'elles étaient prêtes à se battre. Pour leurs droits. Pour leur place dans la société.

Reste à savoir si les partis politiques entendront leur message. Si le gouvernement provisoire agira. Si, enfin, quelque chose changera.

Une chose est sûre : cette nuit, les femmes de Dacca ont fait trembler les murs du pouvoir. Et ça, personne ne pourra l'oublier.

Les femmes bangladaises manifestent maintenant car les élections législatives approchent. Elles veulent exiger une juste représentation politique et la fin des violences dont elles sont victimes. C'est un moment clé pour faire entendre leur voix.

Les manifestantes exigent la fin des violences contre les femmes et une juste représentation dans le futur gouvernement. Elles dénoncent également les discours misogynes et l'absence d'action concrète de la part du gouvernement provisoire.