Alors que le Bangladesh fait face à une crise énergétique majeure, la pénurie de gaz naturel liquéfié (GNL) s'aggrave, aggravée par la guerre en Iran et la concurrence internationale pour les ressources disponibles. Selon nos confrères de Libération, cette situation bouleverse non seulement la vie quotidienne des Bangladais, mais menace également un secteur clé de l'économie : l'industrie textile, qui représente plus de 80 % des exportations du pays.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Bangladesh subit une pénurie aiguë de gaz naturel liquéfié (GNL), aggravée par la guerre en Iran et la concurrence internationale pour les ressources énergétiques.
  • Cette crise perturbe profondément la vie quotidienne des citoyens et menace l'activité d'un secteur industriel majeur : le textile.
  • L'industrie textile, qui représente plus de 80 % des exportations du pays, est particulièrement vulnérable aux ruptures d'approvisionnement en énergie.
  • La guerre en Iran a réduit l'accès du Bangladesh aux ressources en GNL, exacerbant une situation déjà tendue.

Une crise énergétique aux racines multiples

Le Bangladesh, traditionnellement dépendant de ses propres ressources gazières, voit ses réserves s'épuiser rapidement. D'après Libération, la situation s'est encore dégradée depuis le début de l'année 2026, en raison de l'arrêt des importations de GNL en provenance d'Iran, rendu impossible par le conflit en cours. L'approvisionnement en gaz, essentiel pour la production d'électricité et les industries locales, est désormais menacé par une concurrence accrue sur le marché international. Les pays asiatiques, notamment l'Inde et le Pakistan, se tournent également vers le GNL, limitant les quantités disponibles pour le Bangladesh.

Les autorités bangladaises tentent de compenser cette pénurie en augmentant les importations depuis le Qatar et d'autres fournisseurs, mais les coûts s'envolent, alourdissant la facture énergétique du pays. « Nous devons faire face à une hausse de 40 % du prix du GNL sur les six derniers mois », a indiqué un responsable du ministère de l'Énergie, cité par Libération. Cette inflation des coûts pèse sur l'économie tout en limitant l'accès des ménages à l'électricité, provoquant des coupures fréquentes dans plusieurs régions.

L'industrie textile, première victime de l'asphyxie économique

Avec plus de 4 500 usines et 4 millions d'employés, le secteur textile est le poumon économique du Bangladesh. Pourtant, il est aujourd'hui en première ligne face à la crise gazière. Les usines, qui fonctionnent souvent 24 heures sur 24, dépendent massivement de l'électricité et du gaz pour leurs machines et leurs systèmes de climatisation. Les restrictions d'approvisionnement obligent déjà certaines entreprises à réduire leur production ou à suspendre temporairement leurs activités.

« Si la situation ne s'améliore pas d'ici trois mois, nous risquons de perdre des contrats avec des marques internationales », a averti un dirigeant du Bangladesh Garment Manufacturers and Exporters Association (BGMEA), l'association professionnelle du secteur. Selon ses estimations, plus de 200 000 emplois pourraient être menacés d'ici la fin de l'année si les pénuries persistent. Les exportateurs bangladais, déjà sous pression en raison de la concurrence vietnamienne et chinoise, voient leur compétitivité s'effriter rapidement.

Des répercussions sociales et politiques

Au-delà de l'économie, la crise gazière alimente les tensions sociales. Les coupures d'électricité, qui touchent désormais 15 % des ménages selon les chiffres officiels, provoquent des mécontentements croissants. Des manifestations sporadiques ont été signalées dans plusieurs villes, notamment à Dhaka et Chittagong, où des habitants dénoncent l'incapacité des autorités à garantir un approvisionnement stable. Le gouvernement, dirigé par la Première ministre Sheikh Hasina, est sous pression pour trouver des solutions rapides.

Face à l'urgence, les autorités ont annoncé un plan d'urgence visant à diversifier les sources d'approvisionnement en gaz, incluant des négociations avec la Russie et l'Azerbaïdjan. Cependant, ces initiatives prendront du temps à porter leurs fruits. « Nous explorons toutes les options, y compris l'importation de gaz naturel depuis de nouveaux partenaires », a déclaré un conseiller du Premier ministre à Libération.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour le Bangladesh. Le gouvernement a prévu de présenter un nouveau plan énergétique d'ici la fin du mois de septembre 2026, incluant des mesures pour réduire la dépendance au GNL et accélérer le développement des énergies renouvelables. Dans l'immédiat, les industriels du textile appellent à des subventions pour limiter l'impact de la crise sur leurs coûts de production. Reste à voir si ces mesures suffiront à éviter un ralentissement économique plus profond.

La situation au Bangladesh illustre une fois de plus les vulnérabilités des pays en développement face aux chocs énergétiques internationaux. Tant que le conflit en Iran persistera et que la demande mondiale en GNL restera élevée, les défis pour ce pays d'Asie du Sud ne feront que s'amplifier.

Le Bangladesh envisage de développer ses ressources en gaz naturel offshore, d'accélérer les projets d'énergies renouvelables (solaire, éolien) et d'explorer de nouveaux partenariats avec des fournisseurs comme la Russie ou l'Azerbaïdjan. Cependant, ces solutions nécessitent des investissements massifs et plusieurs années de développement.