Selon RFI, le deuxième baromètre international Starfish, présenté à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, révèle un tableau contrasté de l’état des mers et des océans. D’un côté, les indicateurs de dégradation s’accumulent : montée des eaux, réchauffement des masses d’eau, blanchissement des récifs coralliens ou encore l’augmentation des coûts économiques liés aux dérèglements océaniques. De l’autre, plusieurs avancées diplomatiques et réglementaires récentes témoignent d’une prise de conscience et d’une mobilisation accrue de la communauté internationale.

Ce qu'il faut retenir

  • Le baromètre Starfish 2026 met en lumière plusieurs signaux d’alerte majeurs pour les océans : hausse des températures marines, acidification, et coûts économiques en hausse pour les États côtiers.
  • Le blanchissement des coraux s’étend, menaçant des écosystèmes entiers et les services qu’ils rendent aux populations locales.
  • La montée du niveau des mers s’accélère, avec des projections alarmantes pour les zones côtières densément peuplées.
  • Malgré ce constat préoccupant, des avancées réglementaires ont été enregistrées, notamment en matière de protection des aires marines.
  • La Journée mondiale de l’océan, qui a servi de cadre à la présentation du rapport, rappelle l’urgence d’agir à l’échelle globale.

Des indicateurs toujours plus alarmants

Le baromètre Starfish 2026, dévoilé à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan le 8 juin, dresse un diagnostic inquiétant. La température moyenne des océans a augmenté de 0,7°C depuis 1980, selon les données compilées par les experts. Ce réchauffement favorise le blanchissement des coraux, un phénomène qui touche désormais plus de 75 % des récifs mondiaux, comme l’a rappelé l’ONG Ocean Watch, partenaire du rapport. Les conséquences sont multiples : perte de biodiversité, menace sur les pêcheries, et dégradation des barrières naturelles contre les tempêtes pour les populations côtières.

Autre phénomène préoccupant : la montée du niveau de la mer s’accélère. Les scientifiques estiment qu’elle atteint désormais 3,7 millimètres par an, soit le double du rythme enregistré au XXe siècle. Les petites îles du Pacifique et les deltas d’Asie du Sud-Est sont particulièrement vulnérables, avec des projections de submersion partielle d’ici 2050 pour certaines zones.

Des coûts économiques et sociaux en hausse

Les dérèglements océaniques pèsent lourdement sur les économies. Selon les estimations du baromètre Starfish, les pertes annuelles liées à la dégradation des océans pourraient atteindre 2 000 milliards de dollars d’ici 2030. Ces coûts incluent les dégâts causés par les tempêtes plus intenses, la perte de revenus pour les secteurs de la pêche et du tourisme, ainsi que les dépenses accrues pour les infrastructures côtières. Les pays en développement sont les plus exposés, avec des dépenses publiques représentant jusqu’à 10 % de leur PIB dans certains cas.

Un exemple frappant est celui des Maldives, où 80 % du territoire se situe à moins d’un mètre au-dessus du niveau de la mer. Les autorités locales investissent massivement dans des projets de relocalisation et de protection, mais ces mesures restent insuffisantes face à l’ampleur des défis.

Quelques avancées encourageantes

Malgré ce tableau sombre, le rapport souligne des progrès notables. En 2025, plus de 30 % des eaux marines mondiales ont été placées sous un statut de protection, un chiffre en progression constante depuis 2020. Cette avancée est notamment due à l’adoption de l’Accord de Kunming-Montreal, signé en 2022, qui vise à protéger 30 % des terres et des mers d’ici 2030. Plusieurs pays, dont la France et le Chili, ont pris des engagements ambitieux en ce sens.

Un autre succès est à mettre au crédit de l’Union européenne, qui a finalisé en 2025 le règlement sur la restauration de la nature. Ce texte impose aux États membres de restaurer au moins 20 % des écosystèmes marins dégradés d’ici 2030. « Ces mesures montrent que, lorsque la volonté politique est au rendez-vous, des résultats concrets peuvent être obtenus », a déclaré la commissaire européenne à l’Environnement, Sofia Papadopoulou.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie de la capacité des États à traduire leurs engagements en actions concrètes. La Conférence des Nations unies sur les océans, prévue en 2027 à Nice, devrait jouer un rôle clé dans l’accélération des mesures de protection. Pour les experts, l’enjeu est double : réduire les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique, et renforcer les mécanismes de financement pour les pays les plus vulnérables. Reste à voir si ces objectifs seront atteints d’ici les échéances fixées.

La santé des océans ne se résume pas à une question environnementale, mais bien à un défi global qui touche à la sécurité alimentaire, à la stabilité économique et à l’équité sociale. Les prochaines années seront déterminantes pour savoir si la communauté internationale saura inverser la tendance.

Le baromètre Starfish est un outil d’évaluation indépendant qui mesure l’état de santé des océans à l’échelle mondiale. Il compile des données sur la température, l’acidification, la biodiversité, les pollutions et les politiques de protection mises en place par les États. Ce rapport est publié chaque année à l’occasion de la Journée mondiale de l’océan, le 8 juin.