Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a rencontré, dimanche 3 août 2026 à Bamako, le chef de la junte malienne Assimi Goïta, marquant ainsi son premier déplacement à l’international depuis sa prise de fonction à la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Selon France 24, les deux dirigeants ont échangé sur la lutte contre le terrorisme, un dossier brûlant pour les deux pays, alors que la situation sécuritaire et économique au Mali reste particulièrement préoccupante.

Ce qu'il faut retenir

  • Première visite officielle de Bassirou Diomaye Faye en tant que président de la Cedeao depuis sa nomination en juillet 2026
  • Rencontre avec le colonel Assimi Goïta, chef de l’État malien, à Bamako
  • Discussions centrées sur la lutte antiterroriste et la coopération régionale en Afrique de l’Ouest
  • La situation au Mali est marquée par une crise sécuritaire et économique persistante

Un déplacement symbolique à forte portée régionale

Accueilli par Assimi Goïta à Bamako, Bassirou Diomaye Faye a effectué son premier voyage diplomatique depuis qu’il a été élu président de la Cedeao, une fonction qu’il occupe depuis le 21 juillet 2026. Cette visite s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la cohésion et la coopération entre les États membres de l’organisation. Selon France 24, l’accent a été mis sur les défis communs, notamment la menace terroriste qui pèse sur plusieurs pays de la sous-région.

Le Mali, en proie à une instabilité chronique depuis 2020, représente un cas emblématique de cette crise. Entre groupes armés affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique, et une junte militaire au pouvoir depuis le renversement d’Ibrahim Boubacar Keïta, le pays peine à stabiliser son territoire. Autant dire que la rencontre entre Faye et Goïta avait une dimension stratégique pour les deux nations.

La lutte antiterroriste au cœur des échanges

Les discussions entre les deux dirigeants ont porté principalement sur les moyens à mettre en œuvre pour contrer la progression des groupes jihadistes en Afrique de l’Ouest. Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé le soutien du Sénégal à ses partenaires de la région, tout en soulignant l’importance d’une approche coordonnée. « La sécurité de l’Afrique de l’Ouest est indivisible », aurait-il déclaré lors de l’entretien, selon des sources diplomatiques citées par France 24.

Côté malien, Assimi Goïta a évoqué les difficultés rencontrées par les forces armées maliennes, soutenues par des groupes de miliciens et des partenaires internationaux comme la Russie. Pourtant, malgré l’aide extérieure, la situation sur le terrain reste volatile, avec des attaques régulières dans le centre et le nord du pays. Le président sénégalais a également abordé la question des déplacés internes et des conséquences humanitaires de la crise.

Une économie malienne en souffrance

Au-delà de la question sécuritaire, Bassirou Diomaye Faye et Assimi Goïta ont évoqué la dégradation de la situation économique du Mali. Selon les dernières estimations de la Banque mondiale, le PIB malien a reculé de 2,1 % en 2025, en partie à cause des perturbations liées aux conflits et à l’instabilité politique. Les sanctions régionales imposées après les deux coups d’État de 2020 et 2021 ont également pesé sur l’économie, aggravant les pénuries et l’inflation.

Le président sénégalais a indiqué, lors de sa conférence de presse conjointe avec Goïta, que la Cedeao pourrait jouer un rôle dans la levée progressive des mesures restrictives, à condition que des avancées démocratiques soient constatées. « Nous travaillons à une feuille de route pour une transition inclusive et apaisée », a-t-il précisé, sans donner de calendrier précis.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie des engagements pris lors de cette rencontre. Une réunion des chefs d’État de la Cedeao est prévue d’ici la fin du mois d’août 2026 à Abuja, au Nigeria, pour faire un point sur la situation au Sahel. Si des annonces concrètes sur un soutien financier ou militaire au Mali devaient être faites, elles interviendraient probablement à cette occasion. Reste à savoir si les partenaires internationaux, notamment l’Union européenne et les États-Unis, suivront cette dynamique.

Cette visite de Bassirou Diomaye Faye à Bamako s’inscrit dans un contexte où l’Afrique de l’Ouest cherche à redéfinir ses alliances et ses stratégies face à l’insécurité croissante. Entre soutien aux juntes militaires et exigences démocratiques, la région doit désormais trouver un équilibre pour stabiliser une zone sous haute tension.

La Cedeao a suspendu le Mali de ses instances après les deux coups d’État de 2020 et 2021, imposant des sanctions économiques et politiques. Cependant, l’organisation reste engagée dans la recherche de solutions régionales, notamment en matière de sécurité et de transition démocratique.