Le groupe Bayard, éditeur historique de la presse jeunesse, a annoncé le 27 mai 2026 l’arrêt de son magazine « Je bouquine », selon Franceinfo - Culture. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un plan de compétitivité visant à redresser les comptes du groupe, déjà touché par un marché de l’édition et de la presse en forte difficulté.

Ce qu'il faut retenir

  • Le magazine « Je bouquine », lancé en 1984, cesse sa publication après plus de 40 ans de présence sur le marché.
  • Cette disparition entraînera la suppression de trois postes, la modification de deux autres et la fin des collaborations avec deux pigistes.
  • Le titre, qui s’écoule à environ 10 000 exemplaires par mois, souffrait d’un déficit structurel aggravé par le recul global de la lecture chez les jeunes.
  • Bayard, détenu par la congrégation des Augustins de l’Assomption, prévoit jusqu’à 59 suppressions de postes d’ici à la fin de l’année, soit 5 % de ses effectifs.

Un titre historique de la presse jeunesse en voie de disparition

Créé en 1984 par le groupe Bayard, « Je bouquine » s’était imposé comme un rendez-vous mensuel incontournable pour les 12-15 ans. Chaque numéro proposait un court roman ou une nouvelle signée par un auteur reconnu, accompagné d’une bande dessinée et d’un dossier sur l’actualité culturelle. Le magazine se présentait comme un « livre-magazine », mêlant divertissement et découverte littéraire, avec pour ambition d’éveiller le goût de la lecture chez les adolescents.

Il complétait la gamme des titres jeunesse lancés par Bayard depuis les années 1970, comme « Les Belles Histoires » (1972) ou « J’aime lire » (1977). Pourtant, malgré son succès auprès de plusieurs générations, le mensuel n’a pas résisté à l’érosion du lectorat et aux mutations profondes du secteur de la presse.

Un contexte économique défavorable pour la presse jeunesse

La décision de Bayard intervient dans un paysage médiatique particulièrement difficile. Le groupe, propriétaire de nombreux titres comme « La Croix », « Pomme d’Api », « Astrapi » ou « Okapi », subit de plein fouet la baisse des ventes et des abonnements. Selon les sources syndicales, « Je bouquine » s’écoulait à quelque 10 000 exemplaires par mois, majoritairement par abonnement, un chiffre insuffisant pour assurer sa pérennité.

Début avril 2026, Bayard avait déjà alerté sur la nécessité de réduire ses effectifs de 5 %, soit jusqu’à 59 postes, pour faire face à un « marché de la presse et de l’édition chahuté ». Cette restructuration s’ajoute aux difficultés structurelles du secteur, marqué par le recul de la lecture chez les Français et la concurrence des supports numériques.

Une restructuration qui impacte directement les salariés

La fermeture de « Je bouquine » aura des conséquences concrètes sur l’emploi. Trois postes devraient être supprimés, deux autres modifiés, et deux pigistes ne verront plus leurs collaborations renouvelées, précisent les syndicats. Une procédure d’information-consultation des instances du personnel est d’ailleurs en cours pour finaliser ces mesures.

Côté direction, aucun commentaire n’a été formulé. Interrogée par l’AFP, la direction de Bayard n’a pas souhaité s’exprimer sur cette décision, confirmant simplement que « les instances représentatives du personnel sont en cours de consultation ».

Une tradition littéraire qui disparaît avec le magazine

Au-delà de son rôle économique, « Je bouquine » incarnait une certaine tradition littéraire pour les adolescents. Chaque numéro offrait une plongée dans des univers variés, avec des textes signés par des auteurs confirmés, tout en abordant des thèmes de société à travers des pages d’actualité culturelle. Son format, à la fois accessible et exigeant, en avait fait un outil pédagogique apprécié des enseignants et des familles.

Sa disparition laisse un vide dans le paysage de la presse jeunesse française, où peu de titres parviennent encore à allier succès commercial et ambition littéraire. Pour les anciens lecteurs, qui ont grandi avec « Je bouquine », cette nouvelle marque une page importante de leur adolescence.

Et maintenant ?

La fermeture de « Je bouquine » devrait être effective d’ici la fin de l’année 2026, une fois la procédure de consultation des salariés achevée. Bayard devra ensuite gérer les conséquences de cette restructuration, tant sur le plan social que sur sa stratégie éditoriale future. Reste à savoir si le groupe parviendra à préserver ses autres titres jeunesse, tout en s’adaptant à un marché en pleine mutation.

L’arrêt de « Je bouquine » illustre, une fois de plus, les défis auxquels sont confrontés les acteurs traditionnels de la presse. Entre baisse des ventes et transformations numériques, le secteur peine à trouver un nouveau modèle économique viable.

À ce stade, la direction de Bayard n’a pas communiqué sur d’autres titres en difficulté. Cependant, le groupe a indiqué prévoir jusqu’à 59 suppressions de postes au total, soit 5 % de ses effectifs, dans le cadre de son plan de compétitivité.

Plusieurs magazines jeunesse subsistent sur le marché, comme « Okapi » ou « Astrapi », également édités par Bayard. D’autres titres, comme « I love English » ou « Science & Vie Junior », pourraient aussi séduire les adolescents intéressés par la lecture.