Selon Franceinfo – Faits divers, en Angleterre, les scandales se succèdent dans les maternités. Des bébés mort-nés, des mères grièvement blessées, des familles qui racontent ne pas avoir été écoutées… Un problème qui dépasse quelques établissements : sur les dernières maternités inspectées, deux sur trois présentent de sérieuses insuffisances.

Beaucoup dénoncent désormais un scandale national. Ce devait être un moment de joie, mais pour de nombreuses familles anglaises, le passage à la maternité s'est transformé en drame. Des bébés morts, des mères gravement blessées, faute de soins adaptés. « Vous entrez à l'hôpital en pensant repartir avec votre bébé et vous ressortez avec un coffret de deuil à la place », raconte une femme.

Ce qu'il faut retenir

  • Des bébés mort-nés et des mères grièvement blessées sont à l'origine d'un scandale national en Angleterre.
  • Deux maternités sur trois présentent de sérieuses insuffisances.
  • Les familles dénoncent un manque de moyens et un manque d'écoute de la part des professionnels de santé.

Les témoignages des familles

Jack et Sarah Hawkins n'ont rien oublié de ce jour de 2016. « Ça, c'est nous et notre bébé tout à fait normal de 3 kilos qui était mort et dont le petit corps se refroidissait », explique Jack en regardant des photos. Lui est médecin, elle kinésithérapeute. Dans les six jours qui ont précédé l'accouchement, le couple a tenté à 13 reprises d'être admis à l'hôpital, en vain.

« À chaque fois, on me disait : 'Le travail n'a pas commencé, ne venez pas.' Ils ne m'écoutaient pas, ne me croyaient pas. Même en tant que professionnelle de santé, je n'arrivais pas à me faire admettre à l'hôpital », se souvient Sarah. Quand elle est finalement reçue en urgence, il est trop tard. Le cœur d'Ariette, leur fille, a cessé de battre.

Les conséquences du scandale

Une enquête indépendante conclura que le décès du bébé était presque certainement évitable. Mais l'hôpital aurait cherché à minimiser l'affaire. « Ils nous ont dit que c'était un incident tragique isolé. Ils cherchaient clairement à nous faire croire que nous étions les seuls, que personne d'autre n'était concerné », témoigne encore Jack.

Sous la pression des familles, le gouvernement a lancé une enquête nationale, car la facture liée à ces scandales pèse lourd. Ces dernières années, le Royaume-Uni a consacré 30 milliards d'euros à indemniser les victimes d'erreurs médicales à la naissance. Bien plus que les 20 milliards de budget dédiés au fonctionnement de toutes les maternités sur la même période.

Et maintenant ?

Le Royaume-Uni a promis de faire toute la lumière sur les défaillances de ses maternités. Les familles attendent désormais les résultats de l'enquête nationale et des mesures pour éviter que de tels drames ne se reproduisent. Le système de santé britannique est sous pression pour améliorer les conditions de travail et les soins aux futures mères.

Alors, y a-t-il un manque de moyens dans les services d'accouchement ? C'est ce qu'affirme Piroska Cavell, une ancienne sage-femme reconvertie dans la médecine esthétique depuis qu'elle s'est décidée à quitter la profession. « Vous êtes seule, parfois avec une dizaine de femmes à surveiller. Vous voyez qu'un bébé est en danger, vous devez appeler de l'aide, emmener la mère au bloc en urgence, mais vous êtes seule. Comment voulez-vous faire ? J'ai des collègues qui se sont suicidés. D'autres ont eu des crises cardiaques à cause de la pression », souligne-t-elle.