Romuald Wadagni a été officiellement investi dans ses fonctions de président de la République du Bénin lors d’une cérémonie solennelle organisée ce dimanche 24 mai 2026 à Cotonou, comme l’a rapporté RFI. La prestation de serment, moment clé de l’intronisation, marque le début d’un nouveau mandat pour le successeur de Patrice Talon, dont le second quinquennat s’est achevé en avril dernier. L’événement s’inscrit dans le cadre d’un processus électoral validé par la Commission électorale nationale autonome (CENA).

Ce qu'il faut retenir

  • Romuald Wadagni investi président du Bénin ce 24 mai 2026 à Cotonou.
  • Prestation de serment lors d’une cérémonie officielle en présence d’une quinzaine de délégations étrangères.
  • Parmi les invités : des représentants du Mali, du Niger et du Burkina Faso, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
  • L’élection présidentielle du 12 avril 2026 a été remportée par Wadagni, succédant à Patrice Talon.

Un scrutin validé et une transition organisée

L’investiture de Romuald Wadagni intervient après sa victoire à l’élection présidentielle du 12 avril 2026, scrutin dont les résultats ont été entérinés par les autorités électorales béninoises. Le taux de participation à ce scrutin, marqué par une faible mobilisation citoyenne, avait atteint environ 53 %, selon les chiffres officiels communiqués par la CENA. Ce résultat avait été contesté par une partie de l’opposition, qui dénonçait des irrégularités dans le processus électoral, sans que ses griefs ne soient finalement retenus par les instances judiciaires compétentes.

Romuald Wadagni, ancien ministre de l’Économie et des Finances sous l’administration Talon, avait axé sa campagne sur la poursuite des réformes économiques engagées ces dernières années, ainsi que sur la consolidation de la stabilité politique du pays. Son élection avait été perçue comme un symbole de continuité par une partie de l’électorat, tandis que ses détracteurs y voyaient le maintien d’un système jugé trop proche du pouvoir sortant.

Une cérémonie sous haute sécurité et avec une forte présence internationale

La cérémonie d’investiture se déroule ce dimanche 24 mai à Cotonou, capitale économique du Bénin, en présence d’une délégation d’une quinzaine de pays étrangers. Parmi les invités de marque figurent des représentants des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Mali, le Niger et le Burkina Faso — un choix symbolique alors que les relations diplomatiques entre le Bénin et certains de ses voisins sahéliens restent tendues depuis quelques années. Cette présence pourrait également être interprétée comme un signe de renforcement des liens régionaux, dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires persistantes au Sahel.

La sécurité autour de l’événement a été renforcée, avec un dispositif policier et militaire déployé dans et autour du palais présidentiel, où se tient la cérémonie. Les autorités béninoises ont également mis en avant la nécessité de garantir le bon déroulement de l’événement, dans un contexte où les tensions politiques internes n’ont pas totalement disparu depuis le scrutin d’avril.

Un mandat sous le signe de la continuité ou du changement ?

Avec l’investiture de Romuald Wadagni, le Bénin entre dans une nouvelle phase politique, dont les contours restent encore à préciser. Ancien haut fonctionnaire et technocrate, Wadagni a promis de poursuivre les grandes lignes du programme économique de son prédécesseur, tout en promettant des réformes sociales ciblées. Parmi ses priorités annoncées, figurent notamment la lutte contre le chômage des jeunes, l’amélioration du système éducatif et la diversification de l’économie, encore très dépendante du secteur agricole et des ports.

Pour autant, son élection n’a pas dissipé toutes les interrogations. Plusieurs organisations de la société civile et partis d’opposition appellent déjà à une plus grande transparence dans la gestion des affaires publiques, tandis que certains observateurs s’interrogent sur la capacité du nouveau président à répondre aux attentes d’une jeunesse en quête d’emplois et de perspectives. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’orientation réelle de son mandat, alors que les premières nominations ministérielles sont attendues dans les jours à venir.

Et maintenant ?

Dans les prochains jours, Romuald Wadagni devrait annoncer la composition de son gouvernement, une étape clé pour matérialiser ses promesses de campagne. La publication du décret de nomination des ministres est attendue d’ici la fin de la semaine, selon des sources proches du palais présidentiel. Par ailleurs, la tenue d’un conseil des ministres extraordinaire dans les deux semaines à venir pourrait permettre de lancer officiellement les grandes réformes économiques et sociales prévues pour ce quinquennat.

Sur le plan diplomatique, l’accent sera probablement mis sur les relations avec les pays de l’AES, alors que le Bénin cherche à renforcer sa position régionale malgré des divergences politiques persistantes. La prochaine conférence des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), prévue en juillet 2026, pourrait offrir à Wadagni une première tribune pour affirmer sa vision de la stabilité en Afrique de l’Ouest.

Reste à voir si le nouveau président parviendra à concilier les attentes de la population avec les contraintes économiques et politiques d’un pays en pleine mutation. Une chose est sûre : son mandat s’annonce sous le signe de l’incertitude, dans un contexte où les défis sociaux et sécuritaires continuent de peser sur le quotidien des Béninois.

Le taux de participation à l’élection présidentielle du 12 avril 2026 s’est élevé à environ 53 %, selon les chiffres officiels communiqués par la Commission électorale nationale autonome (CENA).

Les représentants du Mali, du Niger et du Burkina Faso figuraient parmi les invités étrangers à la cérémonie d’investiture de Romuald Wadagni.