Un an après avoir établi un record mondial en réalisant 21 134 mètres de dénivelé positif en 24 heures, le Français Benjamin Mougel vient de s’illustrer à nouveau dans l’univers exigeant du trail vertical. Selon RMC Sport, il a réussi l’exploit de gravir 100 000 mètres de dénivelé positif en seulement 13 jours, un défi que peu de spécialistes osaient imaginer.

Ce qu'il faut retenir

  • Benjamin Mougel, 29 ans, a réalisé 100 000 mètres de dénivelé positif en 13 jours à Chamonix, entre le 18 et le 30 mai 2026
  • Ce parcours équivaut à gravir plus de 11 fois le mont Everest depuis le niveau de la mer
  • Le Vosgien a enchaîné 100 aller-retours sur le « kilomètre vertical » de Chamonix, un tracé de 3,5 km à 27 % de moyenne
  • Il a couvert en moyenne 8 kilomètres par jour, soit environ huit montées d’1h30 chacune
  • Benjamin Mougel a justifié ce défi par une quête personnelle : « Ça n’a aucun sens, c’est complètement absurde, mais il fallait le faire »

Un défi technique et physique hors norme

Parti le 18 mai 2026 depuis Chamonix, Benjamin Mougel a dû relever un challenge d’une rare intensité. Chaque jour, il a parcouru en moyenne 8 kilomètres, répartis en huit montées sur le « kilomètre vertical », un parcours emblématique des Alpes. Avec une boucle d’un peu plus de 8 kilomètres effectuée en environ 1h30, il a cumulé un dénivelé quotidien de près de 7 700 mètres.

Pour donner l’ampleur de la performance, il faut rappeler que 100 000 mètres de dénivelé positif représentent l’équivalent de 11 ascensions de l’Everest depuis le niveau de la mer. Une telle performance dépasse largement les standards habituels du trail, même pour les athlètes les plus aguerris. D’ailleurs, comme l’a souligné Benjamin Mougel, aucune référence officielle n’avait été établie avant ce défi. « Ça n’a aucun sens, c’est complètement absurde, mais il fallait le faire pour voir comment c’est possible de le faire », a-t-il expliqué dans une vidéo relayée par le média spécialisé Distances+ au cours de son aventure.

Quatre saisons en treize jours

L’exploit de Benjamin Mougel ne se limite pas à l’aspect purement physique. Entre le 18 et le 30 mai, il a vécu une expérience météorologique extrême. En quelques jours seulement, il a traversé pluie, neige et fortes chaleurs, un cocktail rare même pour les montagnards expérimentés. Chamonix, réputée pour ses conditions climatiques changeantes, a offert un terrain de jeu à la fois magnifique et impitoyable. Le Français, habitué aux défis, a su s’adapter à ces variations brutales pour maintenir son rythme.

Son parcours quotidien sur le « kilomètre vertical » l’a également confronté à une usure mentale importante. En gravissant 100 fois le même segment en quelques jours, Benjamin Mougel a testé sa résistance psychologique. Pourtant, malgré la monotonie relative du tracé, il a su garder sa détermination intacte jusqu’à l’ultime boucle, franchie en milieu d’après-midi ce samedi 30 mai.

Une quête personnelle avant tout

Interrogé sur les motivations derrière ce défi, Benjamin Mougel a évoqué une réflexion profonde sur ses propres limites. « C’est une histoire de voir de quoi je suis capable, et c’est aussi un devoir de faire ce dont on est capable », a-t-il déclaré. Pour ce Vosgien de 29 ans, spécialiste du trail vertical, ce record s’inscrit dans une logique de dépassement constant. Après avoir pulvérisé le record du monde de dénivelé en 24 heures en 2025, il a choisi de repousser encore les frontières du possible.

Son exploit soulève cependant une question : pourquoi un tel défi, alors qu’aucun palmarès officiel n’était en jeu ? Selon ses propres mots, l’objectif était avant tout de repousser les limites de l’endurance humaine et de montrer que des performances extraordinaires peuvent émerger d’une volonté sans faille. Une approche qui rappelle celle d’autres athlètes, comme Kilian Jornet ou Courtney Dauwalter, pour qui la quête de l’excellence prime sur les récompenses matérielles.

Et maintenant ?

Benjamin Mougel n’a pas évoqué de nouveau défi dans l’immédiat, mais son exploit pourrait inspirer d’autres traileurs à explorer des formats inédits. Les organisateurs de courses d’ultra-trail pourraient également s’interroger sur l’opportunité de créer des épreuves axées sur le dénivelé cumulé sur plusieurs jours. Reste à voir si cette performance donnera lieu à une reconnaissance officielle ou à des vocations chez d’autres athlètes.

Ce record, bien que non homologué par une fédération, marque une étape significative dans l’histoire du trail. Il rappelle que l’esprit d’aventure et la soif de dépassement restent au cœur de ce sport exigeant. Pour Benjamin Mougel, cette expérience restera sans doute comme l’une des plus intenses de sa carrière, confirmant une fois de plus son statut de figure majeure du trail mondial.

Avant la performance de Benjamin Mougel en 2025, le record officiel de dénivelé positif en 24 heures était détenu par le Français Kilian Jornet avec 11 700 mètres, selon l’International Trail Running Association (ITRA).