Avec la parution de « Bènnbènn », le poète nantais Axel Sourisseau propose un recueil où la fiction et l’expérimentation linguistique se mêlent. Selon Libération, cette œuvre s’appuie sur une langue entièrement conçue par l’auteur, offrant une plongée dans un univers poétique inédit. Publié en ce printemps 2026, ce livre marque une nouvelle étape dans le parcours d’un écrivain qui fait de la création lexicale son territoire d’expression.

Ce qu'il faut retenir

  • Le recueil « Bènnbènn » d’Axel Sourisseau repose sur une langue inventée par l’auteur.
  • Cette poésie fictionnelle explore un univers linguistique unique, où chaque mot devient un territoire à part entière.
  • Le livre est publié au printemps 2026, marquant une nouvelle étape dans la carrière du poète nantais.
  • Axel Sourisseau est connu pour son approche innovante de la langue, qu’il considère comme un champ d’expérimentation permanent.
  • « Bènnbènn » s’inscrit dans une démarche où la fiction et la linguistique s’entremêlent pour créer une œuvre originale.

Une langue conçue comme un territoire

Axel Sourisseau, installé à Nantes, a fait de la langue son terrain de jeu privilégié. Avec « Bènnbènn », il pousse l’exercice encore plus loin en inventant un système linguistique propre, où les mots et les sons deviennent les fondations d’un monde imaginaire. Comme le rapporte Libération, cette approche n’est pas anodine : elle reflète une volonté de repenser la poésie à travers un prisme inédit, où la forme prime sur le fond traditionnel. L’auteur explique que cette langue, qu’il a façonnée au fil des années, est bien plus qu’un simple outil : « C’est un territoire que j’explore et que je propose au lecteur », a-t-il déclaré.

Le titre même de l’ouvrage, « Bènnbènn », illustre cette démarche. Ces sonorités, à la fois musicales et mystérieuses, invitent à une immersion immédiate dans cet univers où les mots n’ont pas toujours de traduction littérale. Axel Sourisseau précise que chaque terme a été pensé pour évoquer des sensations, des images ou des émotions, plutôt que pour désigner des objets concrets. Autant dire que le lecteur est invité à une lecture active, où l’interprétation joue un rôle central.

Une poésie fictionnelle ancrée dans l’expérimentation

Dans « Bènnbènn », la fiction ne se contente pas d’accompagner la langue : elle en devient le cœur battant. Selon Libération, l’auteur mêle récits, poèmes et fragments narratifs pour créer une œuvre hybride, à mi-chemin entre la poésie pure et le roman expérimental. Axel Sourisseau souligne que cette approche permet de « brouiller les frontières entre les genres », offrant ainsi une expérience de lecture renouvelée. Les textes, souvent courts et percutants, jouent sur les répétitions et les variations sonores, renforçant l’aspect hypnotique de la langue inventée.

Cette exploration linguistique s’inscrit dans une tradition plus large, celle des écrivains qui ont cherché à dépasser les limites du français standard. Axel Sourisseau cite notamment des figures comme Raymond Queneau ou les membres de l’Oulipo, tout en insistant sur le caractère personnel de sa démarche. « Je ne cherche pas à imiter qui que ce soit, précise-t-il. Mon but est de créer quelque chose qui n’existe nulle part ailleurs, et qui puisse parler à chacun, à sa manière. »

Un projet longuement mûri

La genèse de « Bènnbènn » remonte à plusieurs années. Axel Sourisseau a commencé à travailler sur cette langue inventée dès le début de sa carrière, mais c’est seulement aujourd’hui qu’il se sent prêt à partager le résultat avec un public plus large. Selon Libération, l’auteur a testé certains éléments de cette langue lors de lectures publiques ou dans des publications en ligne, avant de la déployer pleinement dans ce recueil. Cette phase de maturation explique en partie l’originalité de l’œuvre, où chaque détail a été pensé pour servir une vision d’ensemble cohérente.

L’édition de « Bènnbènn » est assurée par les éditions Le Dilettante, une maison connue pour son engagement en faveur de la littérature expérimentale. Axel Sourisseau a d’ailleurs souligné la liberté que lui a offerte cette collaboration, lui permettant de pousser son projet à son paroxysme sans craindre les contraintes commerciales. « Avec eux, j’ai pu explorer sans limites, ce qui est rare dans le paysage éditorial actuel », a-t-il confié.

Et maintenant ?

Le lancement de « Bènnbènn » ouvre désormais une période d’échange avec les lecteurs et les critiques. Axel Sourisseau devrait présenter son ouvrage lors de plusieurs événements en France, notamment à Nantes et à Paris, où des ateliers autour de la langue inventée pourraient être organisés. Reste à voir comment le public réagira à cette proposition audacieuse, et si cette expérience poétique saura trouver son public au-delà des cercles habituels de la poésie contemporaine.

La question d’une éventuelle traduction de « Bènnbènn » se posera inévitablement à moyen terme. Axel Sourisseau a d’ores et déjà indiqué qu’il n’excluait pas cette piste, même si la tâche s’annonce ardue compte tenu du caractère unique de sa langue. Pour l’instant, l’auteur se concentre sur la diffusion de son œuvre en français, tout en envisageant des collaborations avec d’autres artistes pour explorer de nouvelles formes d’expression.

L’auteur a conçu cette langue sur plusieurs années, en partant de sons et de combinaisons de lettres qu’il a ensuite organisés en un système cohérent. Il s’est inspiré de langues existantes, mais aussi de ses propres intuitions, pour créer un vocabulaire et une grammaire qui lui sont propres. « Ce n’est pas une langue universelle, mais une langue personnelle, adaptée à mes besoins d’expression », a-t-il expliqué à Libération.