À Bentonville, une ville de 60 000 habitants nichée dans le nord-ouest de l’Arkansas, près de la frontière avec le Missouri, le vélo n’est pas une simple activité de loisir. Il est devenu un véritable mode de vie, rythmé par le cliquetis des dérailleurs, le bruissement des pneus sur les pistes cendrées et le claquement cadencé des cales automatiques. Plusieurs dizaines de kilomètres de pistes cyclables, entretenues avec une rigueur proche de celle des grands parcs urbains, sillonnent la région. Autant dire que cette bande sonore fait désormais partie du quotidien des habitants, comme le rapporte Courrier International, qui s’appuie sur un reportage du New York Times.

Ce modèle urbain, unique en son genre aux États-Unis, est le fruit d’une stratégie délibérée de la famille Walton, fondatrice de l’empire Walmart. Leur engagement financier, via la Walton Family Foundation, a permis de concrétiser cette transformation. Plus de 74 millions de dollars ont été investis depuis une décennie pour développer ces infrastructures, faisant de Bentonville une destination prisée des cyclistes amateurs comme des professionnels. La ville est désormais surnommée le « Disneyland du vélo » par ses habitants, tant son offre est complète et adaptée à tous les niveaux.

Ce qu'il faut retenir

  • Une ville de 60 000 habitants située dans l’Arkansas, près de la frontière avec le Missouri, est devenue un modèle cyclable aux États-Unis.
  • Le développement des infrastructures cyclables a bénéficié de plus de 74 millions de dollars investis par la Walton Family Foundation, la branche philanthropique de la famille Walton, propriétaire de Walmart.
  • Bentonville dispose de plusieurs dizaines de kilomètres de pistes cyclables, entretenues et adaptées à tous les profils, des débutants aux cyclistes confirmés.
  • La ville est désormais surnommée le « Disneyland du vélo » par ses habitants, en raison de l’engouement et de la qualité de ses aménagements.
  • L’initiative s’inscrit dans une stratégie familiale de long terme, portée par les petits-fils du fondateur de Walmart, Sam Walton.

Un sanctuaire pour les cyclistes, façonné par la philanthropie familiale

Si Bentonville attire aujourd’hui des amateurs et amatrices de vélo du monde entier, c’est avant tout grâce à la vision de la famille Walton. Depuis plus de dix ans, Tom et Steuart Walton, petits-fils de Sam Walton, ont orienté une partie des fonds de leur fondation vers la création d’infrastructures cyclables. Ces investissements visaient à la fois à embellir la ville et à en faire un laboratoire du tourisme sportif. Le résultat ? Une offre pléthorique de pistes, de parcs et d’événements dédiés, qui a valu à la ville une reconnaissance nationale.

Parmi les cyclistes séduits par cette transformation, Dani Shamburger, 33 ans, est un exemple représentatif. Cette habitante de Bentonville explique, enthousiaste, pourquoi elle se lève aux aurores pour profiter des sentiers : « Que du bonheur ! Voilà pourquoi je me suis levée à six heures ce matin », déclare-t-elle lors d’une sortie dominicale en forêt, à quelques kilomètres du centre-ville. « Ici, c’est mon sanctuaire. » Son témoignage illustre l’impact de ces aménagements sur le quotidien des résidents, qui voient dans le vélo bien plus qu’un sport : une véritable passion partagée.

Une réussite urbaine et économique qui dépasse le cadre sportif

L’essor de Bentonville comme capitale du vélo ne se limite pas à une simple amélioration des conditions de pratique. La ville a su capitaliser sur cet atout pour attirer de nouveaux habitants, des entreprises et des touristes. Les pistes cyclables, souvent tracées en plein cœur de forêts ou de parcs naturels, offrent une qualité de vie rare dans une région où l’activité économique était historiquement centrée sur l’agriculture et le commerce de détail. Walmart, dont le siège mondial est basé à Bentonville, a joué un rôle clé dans ce virage, en alignant ses investissements philanthropiques sur ses propres valeurs de durabilité et de bien-être communautaire.

Cette stratégie s’inscrit dans une tendance plus large observée aux États-Unis, où les grandes fortunes locales réinvestissent une partie de leurs profits dans des projets urbains innovants. Bentonville fait figure d’exemple, avec un modèle où le vélo devient un levier de cohésion sociale et de développement économique. Les retombées sont multiples : création d’emplois dans les commerces locaux, hausse de la fréquentation des restaurants et hôtels, et même attraction d’une main-d’œuvre qualifiée venue d’autres États.

Un modèle reproductible ? Le défi de la pérennisation

Si Bentonville fait aujourd’hui figure de référence, la question de la reproductibilité de ce modèle se pose. La ville bénéficie d’atouts uniques : une famille fortunée prête à investir massivement, un climat favorable à la pratique du vélo une grande partie de l’année, et une topographie variée qui permet de diversifier les parcours. Pourtant, d’autres villes américaines tentent de s’inspirer de cet exemple, avec des résultats inégaux. Certaines misent sur des partenariats public-privé, tandis que d’autres manquent de moyens ou de volonté politique.

Les défis ne manquent pas : entretenir des centaines de kilomètres de pistes, financer la sécurité des usagers ou encore convaincre les sceptiques que le vélo peut être un mode de transport sérieux en dehors des grandes métropoles. À Bentonville, où la pratique est déjà ancrée dans les habitudes, l’enjeu est désormais de maintenir cette dynamique. Les prochains investissements annoncés par la Walton Family Foundation pourraient donner des indices sur la suite : étendre le réseau, ajouter des équipements ou encore organiser des événements d’envergure internationale.

Et maintenant ?

La famille Walton n’a pas révélé de nouveaux projets précis pour les années à venir, mais les observateurs s’attendent à ce que les investissements se poursuivent, ne serait-ce que pour préserver l’image de la ville. Une chose est sûre : Bentonville compte bien rester la capitale américaine du vélo, en misant sur une recette qui a déjà fait ses preuves. Reste à voir si d’autres régions des États-Unis parviendront à reproduire ce succès, ou si cette expérience restera une exception locale.

Pour l’heure, les cyclistes continuent d’affluer vers cette ville de l’Arkansas, où le vélo est devenu bien plus qu’un loisir : une fierté collective, façonnée par une famille et une entreprise.

Selon Courrier International, Bentonville dispose de plusieurs dizaines de kilomètres de pistes cyclables, toutes entretenues avec rigueur et adaptées à tous les niveaux. Le réseau s’étend en plein cœur de forêts, de parcs naturels et en périphérie urbaine, offrant une grande diversité de parcours.

D’après le reportage du New York Times repris par Courrier International, la Walton Family Foundation a investi au moins 74 millions de dollars depuis plus de dix ans dans la création et l’entretien des pistes cyclables et des aménagements dédiés à Bentonville.