À l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires de LVMH, tenue ce jeudi 23 avril 2026, Bernard Arnault a dressé un bilan contrasté de l’année 2025 pour le géant du luxe. Selon Capital, le PDG du groupe a qualifié l’exercice de « correct » dans un contexte économique mondial marqué par des tensions persistantes. Lors de cette présentation, il a mis en avant la contribution majeure de LVMH à l’économie française tout en pointant du doigt les freins fiscaux et administratifs pesant sur les entreprises hexagonales.
Ce qu'il faut retenir
- Chiffre d’affaires 2025 : 80 milliards d’euros, avec un résultat opérationnel courant de 18 milliards et un cash-flow opérationnel de 11 milliards.
- Effectifs et production : 200 000 collaborateurs dans le monde, dont 40 000 en France, et 117 ateliers de production et d’artisanat implantés en France.
- Contribution fiscale : 5,5 milliards d’euros d’impôts sur les sociétés payés en 2025, dont environ la moitié en France.
- Critique de l’administration française : Bernard Arnault a souligné les différences d’accueil entre la Chine et la France pour l’ouverture de la Maison Louis à Shanghai, attirant jusqu’à 100 000 visiteurs par semaine.
- Stratégie internationale : Le groupe mise sur l’expansion en Chine et ailleurs, malgré les critiques sur le poids des taxes en France.
Un exercice 2025 jugé « correct » dans un contexte économique incertain
Lors de cette assemblée générale annuelle, Bernard Arnault a présenté un exercice 2025 marqué par des résultats solides mais tempérés par un contexte économique mondial toujours aussi incertain. D’après les chiffres communiqués par le groupe, le chiffre d’affaires s’élève à 80 milliards d’euros, tandis que le résultat opérationnel courant atteint 18 milliards d’euros. Le cash-flow opérationnel, lui, s’établit à 11 milliards d’euros. « La résistance du groupe dans un environnement international difficile » a été saluée par la direction, qui a également rendu hommage au travail des équipes « dirigées de façon exemplaire ».
Ces performances, bien que jugées satisfaisantes, n’ont pas empêché Bernard Arnault de critiquer ouvertement les contraintes imposées par les politiques françaises. Pour le patron de LVMH, ces freins administratifs et fiscaux pèsent sur la compétitivité des entreprises tricolores, un point qu’il a tenu à souligner devant les actionnaires.
LVMH, un acteur économique majeur pour la France
Le groupe LVMH ne se contente pas d’être un fleuron du luxe à l’échelle mondiale : il représente aussi un poids économique considérable en France. Selon les données communiquées lors de l’assemblée générale, LVMH emploie 200 000 collaborateurs dans le monde, dont 40 000 en France. Ces effectifs s’appuient sur un réseau de 117 ateliers de production et d’artisanat répartis sur le territoire national, témoignant de l’ancrage industriel du groupe dans l’Hexagone.
Côté fiscalité, la contribution de LVMH est également significative. En 2025, le groupe a versé un total de 5,5 milliards d’euros d’impôts sur les sociétés, dont environ la moitié a été payée en France. Ces chiffres illustrent l’importance du groupe non seulement en termes d’emplois, mais aussi en matière de recettes fiscales pour l’État français.
Bernard Arnault pointe du doigt les lourdeurs administratives françaises
Si Bernard Arnault a salué l’expansion internationale de LVMH, notamment en Chine avec l’ouverture de la Maison Louis à Shanghai, il n’a pas caché sa frustration face aux différences de traitement entre les deux pays. D’après ses déclarations rapportées par BFM Business, le bâtiment attire jusqu’à 100 000 visiteurs par semaine et a même valu des félicitations de la part du secrétaire général du Parti communiste chinois. « Une chose pareille ne serait jamais arrivée en France », a-t-il déclaré, sous-entendant que l’accueil réservé aux entreprises françaises, tant par les autorités que par l’administration, est bien moins favorable.
Cette critique, loin d’être anodine, s’inscrit dans une série de prises de position récurrentes de Bernard Arnault sur la fiscalité et l’administration en France. Pour lui, ces freins seraient même un facteur de délocalisation pour certaines entreprises, une assertion qui a déjà été reprise par d’autres dirigeants, comme le patron du Medef.
« J’ai même été félicité par le secrétaire général du Parti communiste chinois. Une chose pareille ne serait jamais arrivée en France. »
Bernard Arnault, lors de l’assemblée générale de LVMH, le 23 avril 2026.
Une stratégie d’expansion internationale qui se poursuit malgré les critiques
Malgré les obstacles évoqués en France, LVMH continue de miser sur son expansion à l’international. La Chine reste un marché prioritaire, comme en témoigne l’ouverture de la Maison Louis à Shanghai, un projet qui a suscité un engouement immédiat auprès du public local. Bernard Arnault a d’ailleurs souligné que cette réussite illustre le potentiel du groupe à l’étranger, là où les contraintes administratives semblent moins pesantes qu’en France.
Parallèlement, le groupe poursuit ses investissements dans d’autres régions stratégiques, comme l’Amérique du Nord ou le Moyen-Orient, où la demande pour le luxe reste dynamique. Cette stratégie de diversification géographique vise à réduire la dépendance de LVMH vis-à-vis du marché européen, tout en capitalisant sur la croissance des classes moyennes dans les pays émergents.
En conclusion, l’assemblée générale 2026 de LVMH a une nouvelle fois mis en lumière le rôle clé du groupe dans l’économie française, tout en rappelant les tensions persistantes entre ambition économique et cadre réglementaire national. Si le géant du luxe continue de briller à l’international, les questions sur l’attractivité de la France pour les grandes entreprises, elles, restent entières.
Bernard Arnault a plusieurs fois dénoncé le poids des impôts et des contraintes administratives en France, qu’il juge comme un frein à la compétitivité des entreprises. Lors de l’assemblée générale de LVMH, il a notamment comparé l’accueil réservé à son groupe en Chine — où il a été félicité par les autorités locales — à l’absence de tels égards en France. Pour lui, ces différences illustrent un manque de soutien de l’État aux entreprises, ce qui pourrait, selon lui, encourager la délocalisation.