Depuis plus d’une décennie, les astronomes s’interrogent sur l’existence d’un éventuel compagnon stellaire orbitant autour de Bételgeuse, l’une des étoiles les plus brillantes et les plus étudiées du ciel nocturne. Une nouvelle étude publiée par Numerama apporte des éléments inédits en faveur de cette hypothèse, balayant une partie des incertitudes tout en laissant subsister quelques zones d’ombre.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude récente, rapportée par Numerama, apporte de nouveaux indices sur l’existence d’un compagnon stellaire autour de Bételgeuse.
- Les observations suggèrent que ce compagnon pourrait être une étoile de faible masse, selon les modèles avancés.
- Cette hypothèse expliquerait certaines anomalies observées dans le comportement de Bételgeuse.
- Les chercheurs soulignent que des travaux supplémentaires sont nécessaires pour confirmer définitivement cette présence.
Une étoile géante sous surveillance
Bételgeuse, située dans la constellation d’Orion à environ 725 années-lumière de la Terre, est une supergéante rouge dont la variabilité lumineuse intrigue les scientifiques depuis des siècles. Sa taille colossale — environ mille fois celle du Soleil — et ses phases d’expansion et de contraction en font un objet d’étude privilégié pour comprendre les dernières étapes de l’évolution stellaire. Selon Numerama, les observations récentes ont permis de détecter des anomalies dans son spectre et sa vitesse radiale, suggérant la présence d’un objet compagnon.
Des indices convergents mais pas encore concluants
Les auteurs de l’étude, dont les travaux ont été publiés dans la revue Astrophysical Journal Letters, ont analysé des données recueillies par le télescope spatial Hubble et plusieurs observatoires terrestres. Leurs résultats indiquent que les variations de luminosité de Bételgeuse pourraient être influencées par un compagnon stellaire de faible masse, probablement une naine rouge ou une étoile de type M. « Les données spectroscopiques montrent des perturbations périodiques compatibles avec la présence d’un objet en orbite », a déclaré Manos Chatzopoulos, astrophysicien à l’Université d’État de Louisiane et coauteur de l’étude, cité par Numerama.
Un compagnon qui expliquerait les anomalies
Bételgeuse présente des comportements difficiles à expliquer sans l’hypothèse d’un compagnon. Parmi ceux-ci, on compte des variations de luminosité irrégulières et des éjections de matière stellaire asphériques. Les chercheurs estiment que la présence d’un compagnon pourrait perturber les couches externes de l’étoile géante, accélérant ainsi sa perte de masse. « Ce scénario offre une explication plausible aux phénomènes observés », a précisé Chatzopoulos. Cependant, il a tenu à rappeler que d’autres hypothèses, comme des pulsations stellaires extrêmes, ne peuvent être totalement écartées.
Les modèles théoriques suggèrent que ce compagnon, s’il existe, orbiterait à une distance de plusieurs unités astronomiques — soit environ la distance entre le Soleil et Jupiter dans notre système solaire. Sa masse serait comprise entre 0,1 et 0,5 fois celle du Soleil, ce qui en ferait un objet difficile à observer directement en raison de l’éclat intense de Bételgeuse.
Un enjeu scientifique majeur
Si l’existence d’un compagnon était confirmée, cela révolutionnerait la compréhension de Bételgeuse et des mécanismes de perte de masse des supergéantes rouges. Ces étoiles, en fin de vie, jouent un rôle clé dans l’enrichissement du milieu interstellaire en éléments lourds. Leur étude permet aussi de mieux appréhender les conditions de formation des supernovae de type II, ces explosions cataclysmiques qui marquent la fin de vie de ces astres. « Bételgeuse est une candidate sérieuse pour devenir une supernova dans les 100 000 prochaines années », rappellent les chercheurs, citant des modèles prédictifs.
En attendant, les astronomes du monde entier scrutent cette étoile avec une attention redoublée. Les données accumulées depuis des décennies offrent une base solide pour tester de nouvelles hypothèses, mais aussi pour affiner les modèles théoriques existants. Une chose est sûre : Bételgeuse n’a pas fini de nous surprendre.
Un compagnon stellaire pourrait expliquer les anomalies observées dans le comportement de Bételgeuse, comme ses variations de luminosité et ses éjections de matière asphériques. Il permettrait aussi de mieux comprendre les mécanismes de perte de masse des supergéantes rouges, des étoiles en fin de vie qui jouent un rôle clé dans l’évolution chimique des galaxies.