Entre 2017 et 2026, l’économie française a connu des transformations majeures, marquées par des performances en demi-teinte et une dégradation sensible des comptes publics. Selon le Journal du Coin, le bilan des années Macron en matière de croissance et d’endettement se révèle médiocre, avec des indicateurs économiques en dessous des attentes initiales.
Ce qu'il faut retenir
- Croissance annuelle moyenne inférieure à 1,5 % entre 2017 et 2025, soit l’une des plus faibles des grandes économies européennes.
- Dette publique passée de 97 % à 115 % du PIB entre 2017 et 2026, selon les dernières projections de l’INSEE.
- Dépenses publiques en hausse constante, avec un déficit structurel persistant malgré les plans de rigueur intermittents.
- Chômage toujours au-dessus de 7 % en 2026, avec des disparités régionales marquées.
Une croissance en dessous des objectifs affichés
Depuis le début du quinquennat, la France a enregistré une croissance moyenne de 1,2 % par an, un chiffre bien en deçà des 2 % promis lors de l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. D’après le Journal du Coin, cette performance place la France en queue de peloton des économies avancées, derrière l’Allemagne, l’Espagne et même l’Italie sur certains exercices. Les réformes structurelles, comme celle du marché du travail ou la transformation des branches professionnelles, n’ont pas suffi à relancer l’activité, malgré des allègements fiscaux ciblés pour les entreprises.
Les secteurs traditionnels, comme l’industrie, continuent de perdre des parts de marché, tandis que les services, portés par le numérique, peinent à compenser. «
On a mis en place des dispositifs, mais leur impact global reste limité face aux défis structurels de notre économie», a indiqué un économiste interrogé par le média, soulignant que les gains de productivité restent insuffisants.
Une dette publique qui s’envole
La dette des administrations publiques a bondi de 97 % à 115 % du PIB en neuf ans, selon les dernières estimations de l’INSEE et de la Cour des comptes. Cette trajectoire, bien supérieure aux prévisions initiales, s’explique par plusieurs facteurs : des dépenses accrues en période de crise (COVID-19, pouvoir d’achat), des recettes fiscales moins dynamiques que prévu, et un coût de la dette alourdi par la remontée des taux d’intérêt depuis 2022.
Journal du Coin rappelle que le ratio dette/PIB français dépasse désormais celui de l’Espagne ou de l’Italie, alors qu’il était inférieur en 2017. Les plans de réduction des déficits, comme celui annoncé en 2023, n’ont eu qu’un effet marginal, avec un déficit public toujours proche de 5 % du PIB en 2025. «
La dynamique de la dette est devenue insoutenable à moyen terme, sans mesures structurelles fortes», a précisé un haut fonctionnaire du ministère de l’Économie.
Des indicateurs sociaux toujours fragiles
Le marché du travail reste marqué par un chômage élevé, avec un taux de 7,3 % en 2026, selon les dernières projections de l’INSEE. Si le chômage des jeunes a légèrement reculé (passant de 20 % à 16 %), il reste deux fois supérieur à la moyenne européenne. Les inégalités territoriales persistent, avec des disparités criantes entre les métropoles dynamiques (Île-de-France, Lyon, Bordeaux) et les zones rurales ou industrielles en déclin (Nord, Grand Est).
Côté pouvoir d’achat, les ménages ont bénéficié de mesures ciblées (prime d’activité, bouclier tarifaire), mais l’inflation des dernières années a effrité une partie des gains. «
Les Français ressentent une dégradation de leur situation, même si les chiffres macroéconomiques ne le montrent pas toujours», a analysé une économiste du CEPREMAP.
Les prochaines échéances électorales et la présentation du budget 2027 seront des moments clés pour évaluer la capacité de l’exécutif à inverser la tendance. Reste à voir si les réformes en cours, comme celle de l’assurance-chômage ou la simplification administrative, parviendront à relancer l’activité sans alourdir davantage la dette.
Non, mais sa situation est parmi les plus dégradées. L’Allemagne, par exemple, a aussi vu sa croissance ralentir, mais sa dette reste sous contrôle (environ 66 % du PIB en 2026). En revanche, l’Italie et l’Espagne affichent des ratios dette/PIB comparables, mais avec des dynamiques économiques différentes. La France se distingue par un combo croissance faible + dette élevée.