Selon Journal du Coin, plus de 7,5 milliards de dollars ont été levés pour des projets de blockchains qualifiées de « fantômes », générant en moyenne à peine 1 306 dollars de revenus par jour. Une situation qui interroge sur la viabilité économique de ces initiatives souvent portées par des promesses technologiques ambitieuses mais des modèles économiques défaillants.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 7,5 milliards de dollars ont été levés pour des blockchains dites « fantômes ».
- Ces projets génèrent en moyenne 1 306 dollars de revenus quotidiens, selon les données compilées.
- Une grande partie de ces fonds provient d'investisseurs attirés par l'innovation blockchain sans analyse approfondie des fondamentaux économiques.
- Certains projets ont déjà disparu, tandis que d'autres subsistent avec des ressources limitées.
Des levées de fonds massives mais des revenus anémiques
D'après Journal du Coin, les levées de fonds pour ces blockchains fantômes ont atteint des sommets, avec des montants souvent justifiés par des whitepapers promettant des révolutions technologiques. Pourtant, les revenus générés par ces réseaux restent dérisoires. En moyenne, ces projets ne parviennent à générer que 1 306 dollars par jour, un chiffre qui illustre un écart abyssal entre les promesses initiales et la réalité opérationnelle. Certains investisseurs, interrogés par Journal du Coin, reconnaissent avoir été séduits par des concepts innovants sans toujours en évaluer la viabilité économique à long terme.
Cette situation rappelle celle des ICO (Initial Coin Offerings) de 2017-2018, où des centaines de projets avaient levé des milliards avant de s'effondrer faute d'utilisateurs ou de cas d'usage concrets. Les blockchains fantômes d'aujourd'hui semblent suivre une trajectoire similaire, avec des équipes réduites à leur minimum et des communautés d'utilisateurs quasi inexistantes.
Des projets souvent abandonnés ou en phase de survie
Parmi les blockchains fantômes identifiées, un grand nombre a déjà disparu ou survit grâce à des subventions externes. Journal du Coin souligne que sur les dizaines de projets analysés, seuls quelques-uns continuent de fonctionner, et encore, avec des équipes réduites et des budgets serrés. Certains développeurs ont même reconnu, sous couvert d'anonymat, que leurs projets étaient en réalité des « zombies » maintenus artificiellement en vie en attendant une hypothétique adoption.
Les blockchains fantômes se caractérisent souvent par un manque de transparence sur leur gouvernance ou leur modèle économique. Plusieurs de ces projets ont été accusés de gonfler artificiellement leurs métriques (nombre de nœuds, transactions simulées) pour attirer des investisseurs, une pratique déjà observée lors du boom des cryptomonnaies.
Les investisseurs face à un dilemme
Les investisseurs dans ces blockchains fantômes se retrouvent aujourd'hui dans une position délicate. Certains ont perdu l'intégralité de leur mise, tandis que d'autres tentent de revendre leurs tokens à perte pour limiter leurs pertes. Journal du Coin a contacté plusieurs fonds spécialisés dans la blockchain, qui confirment avoir réduit leurs expositions sur ces projets jugés trop risqués. « Nous avons appris à nos dépens que les promesses technologiques ne suffisent pas à garantir la viabilité d'un projet », a déclaré un gestionnaire de fonds sous anonymat.
Pour les investisseurs particuliers, la situation est encore plus complexe. Beaucoup ont été attirés par des campagnes marketing agressives sur les réseaux sociaux, promettant des rendements mirobolants. Or, la réalité est bien différente : sans utilisateurs réels ni activité économique tangible, ces blockchains sont condamnées à dépérir.
Cette situation pose également la question de la responsabilité des plateformes d'échange et des influenceurs, souvent accusés d'avoir contribué à la promotion de projets sans lendemain. Plusieurs associations de défense des investisseurs ont déjà annoncé leur intention de déposer des plaintes pour pratiques trompeuses.
Les signes révélateurs incluent des levées de fonds massives sans transparence sur l'utilisation des fonds, des métriques de réseau (nombre de transactions, utilisateurs actifs) difficilement vérifiables, une équipe anonyme ou peu active, et l'absence de cas d'usage concrets. Les blockchains fantômes évitent souvent de publier des audits indépendants ou des rapports financiers détaillés.
Les experts conseillent de conserver les preuves de vos investissements (transactions, contrats, communications) et de consulter un avocat spécialisé en droit des cryptomonnaies. Il est également possible de signaler le projet aux autorités compétentes (AMF en France, SEC aux États-Unis) pour tenter de récupérer une partie des fonds. Les associations de consommateurs peuvent aussi apporter un soutien juridique.