Depuis le début de l’année 2026, les Small et Mid caps européennes enregistrent une performance supérieure à celle des Large caps, selon une analyse publiée par Capital. Cette inversion de tendance marque un tournant après plusieurs années de sous-performance des petites valeurs, notamment en raison de l’inflation et de la domination des grandes entreprises dans les secteurs bancaire et de la défense.
Comme le rapporte Capital, les Small caps – entreprises à petite capitalisation boursière – affichent désormais des bénéfices par action (BPA) en progression, contrairement aux Large caps, dont la croissance a surtout reposé sur l’augmentation de leur ratio cours/bénéfices (PE) plutôt que sur une hausse réelle de leurs résultats. « Les Small et Mid caps n’ont pas à rougir de leur performance par rapport aux Large caps », confirme Louis de Fels, directeur général chez Gay-Lussac Gestion, cité par Capital.
Ce qu'il faut retenir
- Performance supérieure : depuis janvier 2026, l’indice MSCI Europe Small Cap progresse de +11%, contre seulement +5% pour l’Euro Stoxx 50 (indice des Large caps), selon les données rapportées par Capital.
- Secteurs porteurs : les thématiques de souveraineté européenne, défense, semi-conducteurs et électrification tirent la performance des Small et Mid caps, avec des valeurs comme Aixtron, Besi (Pays-Bas) ou Semco (France) en tête.
- Rebond des pays du Sud : la Grèce et l’Italie, notamment, bénéficient d’un regain d’intérêt avec des sociétés comme GEK Terna ou AVAX (Grèce) et Edil San Felice (Italie), dans les infrastructures et le tourisme.
- Moindre volatilité : Louis de Fels souligne que les Small caps sont aujourd’hui « bien moins volatiles qu’auparavant », grâce à une meilleure trésorerie et à des marges accrues pendant la crise.
Une dynamique qui s’inverse depuis 2025
Les Small et Mid caps européennes avaient subi de plein fouet les conséquences de la guerre en Ukraine, avec une inflation élevée et une préférence marquée des investisseurs pour les Large caps des secteurs bancaire et de la défense. Selon Capital, ces petites valeurs avaient « sous-performé massivement » jusqu’alors, mais la situation s’améliore depuis début 2025. « Les bénéfices par action des petites et moyennes valeurs commencent à repartir de l’avant », explique Louis de Fels à Capital.
Cette tendance se confirme en 2026, où les indices des Small caps surperforment ceux des grandes valeurs. « Les Small et Mid caps n’ont pas à rougir de leur performance par rapport aux Large caps », ajoute Louis de Fels, citant l’exemple du MSCI Europe Small Cap (+11%) contre l’Euro Stoxx 50 (+5%). À Paris, les petites valeurs affichent également une meilleure performance que le CAC 40 depuis le début de l’année.
Des secteurs et des pays en tête de la reprise
Parmi les secteurs qui tirent la performance des Small et Mid caps, Louis de Fels met en avant la souveraineté européenne, la défense, les semi-conducteurs et l’électrification. « L’intérêt ruisselle de géants comme ASML et Nvidia vers des valeurs plus petites comme Besi (Pays-Bas) ou Semco (France) », explique-t-il à Capital.
Côté géographique, l’Europe du Sud est en pleine renaissance. La Grèce et l’Italie concentrent deux tiers des investissements du fonds microcaps de Gay-Lussac Gestion en Europe, avec des sociétés comme Kri Kri (Grèce, yaourts et glaces) ou Nexans (France, câbles électriques) qui profitent des plans de relance européens. « Les coûts de production faibles permettent à ces pays d’exporter en marque distributeur en France, en Italie, au Royaume-Uni et bientôt aux États-Unis », précise Louis de Fels. La Norvège, quant à elle, séduit par ses plans dans les infrastructures routières et la pisciculture (élevage de saumons), un secteur décorrélé des tensions géopolitiques.
« Les deux moteurs de la locomotive européenne (France et Allemagne) sont en quelque sorte au point mort. La France est dans une passe compliquée avec ses problèmes politiques et sa dette, confirmée par le recul de 0,1 % de son PIB au premier trimestre 2026. L’Allemagne, elle, voit ses entreprises adopter un comportement plus prudent et ne pas recruter. »
— Louis de Fels, directeur général chez Gay-Lussac Gestion
Moins de volatilité, plus de liquidité : les Small caps séduisent à nouveau
L’un des freins traditionnels à l’investissement dans les Small caps reste leur réputation de forte volatilité. Pourtant, Louis de Fels rassure : « On a tort de confondre Small caps et volatilité. Aujourd’hui, le marché est devenu bien plus efficient. De nombreuses sociétés familiales ont accumulé du cash et réalisé de belles marges pendant la crise, ce qui les rend bien moins volatiles qu’avant. » Selon lui, une sélection rigoureuse permet d’éviter des variations brutales.
Autre point souvent cité : la faible liquidité de ces valeurs. Là encore, une amélioration est observable, notamment grâce à l’utilisation des dark pools – des marchés financiers alternatifs où les transactions ne sont pas communiquées publiquement. « Les gens y réalisent désormais de grosses transactions », relève Louis de Fels, ce qui facilite l’accès des particuliers à ces actifs.
Comment investir dans les Small et Mid caps ?
Plusieurs options s’offrent aux investisseurs souhaitant profiter de cette dynamique. La première consiste à sélectionner directement des actions, une approche appelée stock picking. Cette méthode exige une analyse approfondie, incluant l’analyse financière et technique. Pour accompagner les épargnants, des outils comme la newsletter Momentum de Capital proposent des recommandations quotidiennes, y compris sur des petites valeurs comme Exosens, Nanobiotix ou Exail Technologies, avec des gains significatifs enregistrés ces dernières années.
Une alternative consiste à investir via des OPCVM dédiés ou des ETF spécialisés, comme le NextGen Global Small Cap Equity Ucits ETF de Robeco. Il est également possible de cibler des zones géographiques précises, y compris les pays émergents. « Le choix d’investissement est bien plus vaste que pour les Large caps, souvent concentrées dans quelques secteurs », souligne Louis de Fels.
Cette dynamique pourrait également encourager davantage d’entreprises familiales à entrer en Bourse, renforçant ainsi l’offre de valeurs accessibles. Enfin, l’amélioration de la liquidité via les dark pools pourrait élargir l’audience des investisseurs particuliers, un signal positif pour le marché.
Investir dans les Small caps : risques et opportunités
Malgré ces éléments encourageants, les Small caps conservent des risques spécifiques. Leur taille réduite les expose davantage aux fluctuations du marché et à des difficultés d’accès au financement en cas de crise. Cependant, leur alignement d’intérêts entre actionnaires majoritaires et minoritaires – plus fréquent que dans les Large caps – constitue un atout. « Les intérêts des actionnaires majoritaires sont alignés sur ceux des minoritaires, ce qui n’est généralement pas le cas pour les grandes valeurs », explique Louis de Fels.
Pour les particuliers, la diversification reste la clé. Investir dans un fonds spécialisé ou via un ETF permet de réduire les risques individuels tout en bénéficiant du potentiel de croissance des petites valeurs. Les prochaines publications de résultats trimestriels, notamment dans les secteurs des semi-conducteurs et de l’électrification, seront des indicateurs clés pour confirmer cette tendance.
Oui, si l’investisseur privilégie des sociétés de qualité avec des fondamentaux solides. Louis de Fels souligne que « les Small caps peuvent être moins volatiles que par le passé » grâce à une meilleure gestion financière. Une approche diversifiée, via des fonds ou des ETF, réduit également les risques.
Les secteurs porteurs incluent la souveraineté européenne, la défense, les semi-conducteurs et l’électrification. Louis de Fels cite notamment les valeurs liées à la photonique (Aixtron) ou aux câbles électriques (Nexans).