La plupart des places boursières asiatiques ont enregistré des pertes marquées jeudi, portées par des ventes massives sur les valeurs technologiques, en particulier celles des semi-conducteurs. Selon Euronews FR, cette tendance s’inscrit dans un contexte de prise de distance des investisseurs envers les géants du numérique, dont les dépenses colossales dans l’intelligence artificielle alimentent des craintes de surcapacité et de surévaluation des actifs. Pendant ce temps, les marchés européens évoluaient sans grande conviction, tandis que les contrats à terme américains laissaient présager une ouverture en baisse à Wall Street, dans l’attente des chiffres clés de l’emploi pour juin, publiés exceptionnellement un jour plus tôt.
Ce qu'il faut retenir
- Le Kospi sud-coréen a plongé de 5 %, avec des chutes de 8 % pour SK Hynix et 6 % pour Samsung Electronics.
- Le Nikkei 225 a reculé de 1,5 %, tandis que Tokyo Electron a perdu 5,6 %.
- Les valeurs technologiques américaines avaient déjà subi de lourdes pertes la veille, avec Micron Technology en baisse de 10 % et Intel de 9 %.
- Le Hang Seng de Hong Kong a résisté grâce à la hausse de 8,7 % de BYD, porté par des ventes record de véhicules électriques.
- Les prix du pétrole ont de nouveau fléchi, le Brent tombant sous 71 dollars le baril et le WTI sous 69 dollars.
- Les économistes anticipent la création de 115 000 emplois aux États-Unis en juin, un chiffre scruté par la Réserve fédérale.
L’Asie à l’heure des corrections : le secteur technologique en première ligne
Le recul des marchés asiatiques s’est concentré sur les valeurs technologiques, un secteur qui avait pourtant porté la croissance des places boursières cette année. Selon Euronews FR, les investisseurs semblent désormais douter de la durabilité des dépenses massives des géants du numérique en faveur de l’intelligence artificielle. Cette méfiance a entraîné une vague de ventes sur les actions de semi-conducteurs, jugées surévaluées compte tenu des risques de surcapacité. Le mouvement a été particulièrement violent en Corée du Sud, où le Kospi, indice phare, a perdu 5 %, avec des reculs de 8 % pour SK Hynix et 6 % pour Samsung Electronics, deux piliers du marché.
Au Japon, le Nikkei 225 a cédé 1,5 %, avec une chute de 5,6 % pour Tokyo Electron, spécialiste des équipements pour semi-conducteurs. Taïwan n’a pas été épargné non plus : le Taiex a perdu 1,1 %, tandis que TSMC, premier fondeur mondial de puces, a reculé de 1,8 %. Ces baisses font suite à une séance déjà difficile à Wall Street la veille, où Micron Technology avait plongé de 10 % et Intel de 9 %, sous l’effet des mêmes craintes.
Pourtant, 2026 avait jusqu’ici été une année exceptionnelle pour les valeurs technologiques asiatiques. Le Kospi affiche encore une progression annuelle de 85 %, tandis que le Nikkei 225 a gagné 34 % depuis le début de l’année. Un contraste saisissant avec la correction actuelle, qui illustre la volatilité des marchés et la rapidité avec laquelle les tendances peuvent s’inverser.
L’Europe et Wall Street en demi-teinte avant les chiffres de l’emploi américain
Côté européen, les places boursières ont démarré la séance de jeudi sans grand dynamisme. L’Euro Stoxx 50 et le Stoxx 600, indices représentatifs de la zone euro, évoluaient dans une fourchette étroite, avec des variations inférieures à 1 %. Le FTSE 100 britannique, le DAX 30 allemand, le CAC 40 français et l’IBEX 35 espagnol enregistraient des hausses modestes, comprises entre 0,1 % et 0,3 %. Seul le FTSE MIB italien se distinguait avec un gain de 0,4 %.
Aux États-Unis, les marchés préparaient l’ouverture de Wall Street dans un climat prudent. Les contrats à terme sur actions laissaient entrevoir une baisse, dans l’attente du rapport sur l’emploi américain pour juin. Publié exceptionnellement un jour plus tôt en raison du 4 juillet, ce chiffre revêt une importance particulière sous la présidence de Kevin Warsh, nouveau président de la Réserve fédérale. Les investisseurs craignent qu’un résultat solide ne justifie le maintien de taux d’intérêt élevés plus longtemps, ce qui pèserait sur la croissance économique.
Les économistes interrogés par Dow Jones anticipent la création de 115 000 emplois en juin, un chiffre jugé insuffisant pour inverser la tendance baissière des marchés, mais suffisant pour influencer la politique monétaire de la Fed. Kevin Warsh a d’ailleurs rappelé à plusieurs reprises que la stabilité des prix restait sa priorité absolue, malgré les pressions des marchés.
Le pétrole en baisse, signe d’un apaisement géopolitique ?
Les prix du pétrole ont continué leur repli jeudi, repassant sous leurs niveaux d’avant le début du conflit en Iran, fin février. Le Brent, référence internationale, a perdu près de 1 % pour s’établir à 70,89 dollars le baril, tandis que le WTI, référence américaine, a reculé de 3 % à 69 dollars. Cette baisse s’explique en partie par l’espoir d’un rétablissement progressif des approvisionnements via le détroit d’Ormuz, stratégique pour le transport du brut.
Les analystes y voient un signe d’apaisement géopolitique, même si les tensions régionales restent élevées. Cette détente relative a contribué à calmer les craintes d’une crise énergétique majeure, ce qui a permis aux marchés de se concentrer sur les indicateurs économiques, notamment l’emploi américain.
Une demande en IA moins forte que prévu : l’avertissement des économistes
Le ralentissement des marchés technologiques s’inscrit dans un contexte de révision à la baisse des prévisions de croissance pour le secteur de l’intelligence artificielle. Selon les économistes de Capital Economics, la demande pour les solutions d’IA pourrait progresser, mais à un rythme bien inférieur aux anticipations des investisseurs. Cette mise en garde a pesé sur le sentiment des marchés, déjà fragilisé par les craintes de surcapacité dans la production de semi-conducteurs.
Cette correction intervient alors que les grandes entreprises technologiques, comme Nvidia ou Microsoft, continuent d’investir massivement dans l’IA, au point de représenter une part croissante de leurs dépenses. Pourtant, les analystes estiment que la rentabilité de ces investissements pourrait prendre plus de temps que prévu, ce qui explique en partie le retournement de tendance observé ces derniers jours.
Les prochaines semaines seront donc décisives pour les marchés, entre la publication de nouveaux indicateurs économiques, les décisions de la Fed et l’évolution des tensions géopolitiques. Une chose est sûre : la volatilité devrait rester élevée, tant que les incertitudes sur la croissance de l’IA et la politique monétaire américaine ne seront pas levées.
Les investisseurs craignent une surcapacité de production et une surévaluation des actifs liés à l’intelligence artificielle. Les dépenses colossales des géants du numérique dans ce secteur alimentent des doutes sur leur rentabilité à court terme, ce qui a déclenché une vague de ventes sur les actions des fabricants de puces comme SK Hynix, Samsung Electronics ou TSMC.
La baisse des prix du pétrole, repassés sous leurs niveaux d’avant la guerre en Iran, reflète un apaisement des craintes sur les approvisionnements via le détroit d’Ormuz. Cette détente contribue à calmer les craintes d’une crise énergétique, ce qui permet aux marchés de se concentrer sur les indicateurs économiques, comme l’emploi américain. Une baisse prolongée du pétrole pourrait soutenir la croissance mondiale, mais reste dépendante de la stabilité géopolitique.